Manifestation grève Retraites 5 décembre syndicats gilets jaunes

Colère bleue autour de la réforme des retraites – Les syndicats du Pays Catalan voient rouge

LECTURE

Ce mardi 17 décembre s’annonce une nouvelle mobilisation. Le responsable des Pyrénées-Orientales de Force Ouvrière nous confie les raisons de la colère. Selon Jérôme Capdevielle et le syndicat, une renégociation complète du projet de réforme des retraites est nécessaire. Depuis le 5 décembre, nombre de salariés du service public et du privé se mobilisent contre une mutation annoncée. Celle voulue par le gouvernement du système actuel de retraite vers un système par points.

Désormais, les syndicats sont unanimes contre ce projet. Car les récentes annonces d’Édouard Philippe sur la création d’un âge pivot à 64 ans ont contraint les syndicats les plus réformistes à réclamer, eux aussi, l’abandon total du projet actuel. Manifestation prévue le mardi 17 décembre au départ de la place de Catalogne à 10h30.

♦ Depuis le 5 décembre, 3 jours de manifestation se sont succédés dans les rues de Perpignan. Ne craignez-vous pas que les grévistes se lassent de battre le pavé ? 

“Il faut être conscient que la fenêtre de tir est très limitée avant les fêtes de fin d’année. Soit le gouvernement entend raison avant cette période. Soit les fêtes se placeront sous l’égide de la résistance et de la contestation dans le pays. Les forces syndicales portent une vision pacifique mais déterminée de la société. Notre détermination a déjà conduit le gouvernement à sortir du bois. Il y a déjà eu des reculs annoncés. Mais si cette réforme était vraiment placée sous le signe de la justice sociale, pourquoi vouloir reculer ?”

♦ Les annonces faites par Édouard Philippe ont durci la position des syndicats

La feuille de route du Premier ministre est claire : fin des régimes spéciaux et retraite par points pour tous. Comme son mentor en 1995, il est resté droit dans ses bottes. Précisant tout de même une règle d’or : la valeur du point ne pourrait en aucun cas baisser. Une valeur d’ailleurs déterminée par les partenaires sociaux. Le Premier ministre est rentré sur le détail du calendrier, en indiquant notamment que seules les générations nées à compter de 1975 seraient concernées par ce nouveau système.

Pour répondre à la forte mobilisation des enseignants, Édouard Philippe a promis que leurs pensions ne baisseraient pas. Car depuis la mise en ligne du calculateur par les syndicats, l’inquiétude règne sur les bancs des enseignants. Certains y ont vu leur pension fondre de 30%. Édouard Philippe a mentionné que les revalorisations salariales permettraient de compenser la modification du mode de calcul actuel.

D’autres secteurs ou catégories professionnelles pourraient bénéficier de dérogations ou de périodes transitoires différentes. Les aides-soignants, artisans, forces de l’ordre sembleraient concernés. Donc un régime universel pour tous, mais une myriade de régimes dérogatoires pour refonder la multitude de régimes actuels.

L’âge pivot à 64 ans, c’est LA mesure qui a mis le feu aux poudres. Jusque-là favorable au régime par points, la CFDT s’était abstenue d’appeler à la mobilisation. Mais le recul de l’âge de pension à taux plein a été la goutte d’eau qui a fait basculer la CFDT dans le vase de la contestation. Laurent Berger, responsable national déclarant à ce propos, “la ligne rouge a été franchie”.

♦ “Un abandon pur et simple du projet de réforme des retraites”

Jérôme Capdevielle,  fort des 4.500 adhérents des PO se déclare “contre le principe d’une réforme par points”. Pour le syndicat qui fait jeu égal avec la CGT dans le département, il suffirait d’aménager le système actuel. Selon le syndicaliste, cette structuration permettrait de passer le pic démographique de 2025. Mais aussi, de donner plus de lisibilité et de visibilité. Pour Jérôme Capdevielle, la pérennisation de la retraite par répartition n’est pas remise en question. Et de citer le Conseil d’Orientation des Retraites selon lequel le système serait même excédentaire à horizon 2050.

Selon le syndicaliste, bon nombre de sujets sont à revoir et notamment la pénibilité. Mais, aujourd’hui, le climat social ne permet pas d’appliquer cette réforme dans la précipitation ni dans l’affrontement. “Nous disons stop aux concertations. On pose, on retire, on détend et on se met autour d’une table pour regarder notre système actuel et l’améliorer. Car oui, si on veut une réforme de justice sociale, il est possible d’aller vers une réforme aussi ambitieuse que celle de 1945. Car la France a bien plus de richesses qu’à l’époque”.

♦ Mardi 17 décembre – Les prévisions de mobilisation dans les Pyrénées-Orientales

Au niveau de la SNCF, depuis le 5 décembre, guère d’amélioration. Entre 2 et 3 TER circulant par jour, 1 seul intercité et entre 1 TGV sur 5 prévus ce lundi 16 décembre. Vraisemblablement pour le mardi 17 décembre, la détermination des cheminots ne devrait pas faiblir après 12 jours de grève.

Les écoles sont également fortement impactées. Car les annonces d’Édouard Philippe et du ministre de l’éducation nationale n’ont guère convaincu les enseignants. Les mairies dont 25% des professeurs des écoles se sont déclarés grévistes se doivent d’organiser un accueil minimum des enfants. Information à venir pour le 17 décembre à Perpignan.

Certains grévistes de la CGT pourraient à nouveau couper l’électricité ce 17 décembre. Comme ce fut le cas le 12 décembre dernier pour plus de 4.000 clients Enedis de Perpignan.

Les policiers n’appellent plus à la mobilisation. Ces derniers ont en effet obtenu des garanties concernant le maintien de leur régime dérogatoire de prise en compte de la dangerosité de leur métier. A contrario, les pompiers et les gardiens de prisons restent mobilisés. Idem pour les blouses blanches.

Les avocats restent également mobilisés pour “faire échec au projet de réforme du gouvernement“. Le conseil national du barreau appelle les 70.000 avocats, les magistrats, et les greffiers à “se joindre au mouvement et à l’amplifier”.

Les blouses blanches et notamment les personnels des urgences appellent également à la mobilisation.

Des actions coup de poing ne sont à exclure, à l’image du blocage du Centre technique municipal de Perpignan ce lundi aux environs de 4h30.

https://twitter.com/ForceOuvriere66/status/1206460141811511296

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