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6EME-Luis-Adam-Lila. Image tirée de l'exposition "Ma Planète" au Centre International du Photojournalisme de Perpignan. "Ma Planète" est une exposition réalisée dans le cadre de la résidence de six mois de Samuel Bollendorff au CIP. Un travail sur la représentation de la planète et de sa fragilité a été mené avec les élèves de CE1 de l'école Pasteur de Perpignan, de 6ème du collège de Cabestany, de 4ème du collège Ambrussum de Lunel, de 1ère du lycée Picasso de Perpignan et du Service Jeunesse de Perpignan. Un travail de Samuel Bollendorff sur la contamination aux micro-plastiques des estuaires de Méditerranée dialogue dans l'exposition avec les travaux des élèves.
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Du 5 novembre au 26 mars de l’année prochaine, les photographies de Samuel Bollendorff seront présentées au Centre International du Photojournalisme de Perpignan. Cette exposition fait suite à la résidence de six mois du photographe ; un travail collaboratif sur les enjeux environnementaux entre le photojournaliste et des jeunes du CE1 à la Terminale. Alors, comment suggérer l’invisible et la fragilité de la planète ?

♦ Un photographe de renom à la rencontre des jeunes

Pour cette exposition, Samuel Bollendorff a travaillé avec plusieurs élèves et jeunes de la Région. Ont participé à ce projet les élèves de CE1 de l’école Pasteur Lamartine de Perpignan, des 6e du collège Pablo Casals de Cabestany, des 4e du collège Ambrussum de Lunel, des 1ère du lycée Pablo Picasso de Perpignan ainsi que des jeunes du Service Jeunesse de la ville de la cité catalane. Ensemble, ils ont échangé leur regard sur la représentation de la planète et de sa fragilité. Au sein de l’exposition, le travail du photographe sur la contamination aux micro-plastiques des estuaires de Méditerranée dialogue avec celui des élèves.

Samuel Bollendorff avait à cœur de travailler et partager avec des jeunes. Il voulait les inciter à « ne pas montrer, mais plutôt suggérer ». Il désirait entendre – ou plutôt voir à travers les images et le son – leur point de vue sur la planète et les enjeux environnementaux. Alors, ils sont allés dans la nature pour prendre conscience du désastre écologique et photographier leurs tristes trouvailles ; mégots, bouchons plastiques, emballages. Au final, ils ont, ensemble, retranscrit la réalité de l’environnement qui les entoure.

Lors de notre seconde rencontre avec Samuel Bollendorff, le photojournaliste nous avait confié ses sentiments. « Nous avions envie de les faire travailler sur la planète. Car, par définition, ils ne peuvent pas la photographier. La question est, comment vont et que vont-ils montrer comme image, comme détail, comme symbole ? Ils vont ensuite associer ces images avec du son. Cela peut être avec leurs mots, des ambiances sonores, des statistiques, ou le fruit d’une enquête. Ils font ce qu’ils veulent, mais il faut qu’ils nous racontent comment ils appréhendent la planète. »

Selon les termes de Samuel Bollendorff, « l’exposition Ma Planète crie l’urgence de changer notre regard et nos comportements, dès aujourd’hui, car demain est à eux. »


En complément  : CIP de Perpignan – Le photographe Samuel Bollendorff accompagnera nos enfants dans leur vision de la planète


♦ Comment rendre lisible l’invisible autrement que part une photo de poubelle ?

Lors de leur travail photographique, les élèves de CE1 sont allés ramasser des déchets au bord de la rivière La Têt et dans le village des Pêcheurs de Canet. Malgré leur jeune âge, ils ont pris conscience de l’urgence climatique et aimeraient sensibiliser plus de monde, notamment des adultes, au recyclage en organisant des journées de « nettoyage » dans leur quartier.

“Nous avons ressenti de la joie et de la tristesse : de la joie d’être dans de beaux paysages, de la joie parce qu’on était fiers de nous après avoir ramassé des déchets ; mais de la tristesse en voyant tout ce plastique qui salit la nature et qui peut tuer des animaux. C’est triste de voir la planète se dégrader.

Les collégiens de Cabestany attendent de leurs photographies qu’elles fassent réfléchir. “Nous espérons que ce reportage avec nos yeux d’enfants permettra à ceux qui ne l’ont pas encore fait, d’ouvrir les yeux sur la catastrophe en cours et d’ouvrir leurs cœurs aux générations à venir en agissant pour stopper la pollution. “

Quant aux collégiens de Lunel, ils choisi de montrer leur planète à travers des plaidoyers mêlant image et mots. Chaque illustration est accompagnée d’un texte, relativement court. Ils remettent tous en cause les actions de l’homme, souvent toxiques pour la nature et les animaux. Le travail des lycéens de Pablo Picasso s’est effectué sur plusieurs mois. Plusieurs groupes ont sillonné la ville à la recherche de l’image qui illustrera parfaitement leur texte.

Dans ce projet, tous les élèves se battaient contre un seul ennemi, parfois invisible : le plastique.

L’enjeu climatique au cœur des réalisations du photographe

Cette exposition s’intitule donc « Ma Planète » ; rien d’étonnant lorsque l’on sait que Samuel Bollendorff a fait le tour de la terre en 2018. Lorsque nous l’avions rencontré la même année dans le cadre de sa participation à Visa pour l’Image, il nous avait déjà parlé de son engagement.

« Aujourd’hui, j’ai fait le tour de la terre, et je l’ai vue si fragile. Nos déchets sont partout, contaminant les terres, les eaux et l’air. Nos océans immenses sont souillés jusqu’en Arctique ; des milliers de tonnes de déchets polluent déjà l’espace. Continuer c’est être aveugle, ces histoires sont les nôtres. »

Avant sa résidence, nous avions abordé le pourquoi du thème de l’écologie. « Parce que je pense que c’est un sujet avec une double actualité. Ce n’est pas seulement l’écologie, c’est plus comment on se figure l’invisible. Car le problème de l’écologie et de sa représentation, c’est ça ! On peut montrer des poubelles. Mais sinon, comment montrer les catastrophes environnementales, qui pour la plupart n’ont pas une expression réellement lisible ? »

Avec cette exposition, Samuel Bollendorff espère tout de même créer un électrochoc chez les visiteurs : « La mer, les fleuves et leurs paysages ont beaux être merveilleux, les filets de prélèvement des scientifiques de l’Observatoire Océanologique de Banyuls-sur-Mer embarqués à bord de Tara regorgent de micro et nanoplastiques. C’est pourquoi nous avons tenté de faire dialoguer les images de l’infini beauté de l’ordinaire de ces paysages avec la réalité microscopique de ce qu’elle renferme. »


À lire également : Perdus par nos humanités – Regard sur une planète contaminée par Samuel Bollendorff – Visa pour l’Image 2018


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