Article mis à jour le 8 juillet 2026 à 13:22
Le maire de Perpignan, tout comme Marine Le Pen et dix autres prévenus, a été reconnu coupable en appel, lors du procès de l’affaire des assistants parlementaires du Front national. Alors que Louis Aliot va se pourvoir en cassation, les réactions politiques locales dénoncent son maintien à l’Hôtel de Ville.
Condamné, mais toujours en place. Au lendemain de l’arrêt rendu par la cour d’appel de Paris, qui le condamne à un an de prison avec sursis, 5 000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité avec sursis, le maintien de Louis Aliot à la mairie de Perpignan suscite une salve de réactions dans l’opposition locale.
Louis Aliot conteste toujours les faits et affirme vouloir poursuivre le combat judiciaire pour « rétablir son innocence et son honneur ». « J’envisage un pourvoi en cassation, tant je conteste la nature des faits qui me sont reprochés tout comme l’infamie des peines infligées », écrit-il.
« Pièce maîtresse d’un système de prédation »
Mais du côté de ses opposants politiques, la décision judiciaire relance la question de son maintien en poste. Pour Agnès Langevine, vice-présidente de la Région Occitanie, « tout ce que le maire brodera autour de cette décision de justice ne sera qu’enfumage ».
L’élue d’opposition dénonce un « système de prédation des fonds européens » organisé par le Front national, devenu Rassemblement national. Et dont Louis Aliot serait, selon elle, une « pièce maîtresse ». Elle accuse le maire de préférer « la diversion » à « la morale républicaine » en annonçant un possible pourvoi en cassation.
Louis Aliot « impose son statut de délinquant » aux collectivités qu’il dirige
Mathias Blanc, opposant municipal et tête de liste de Perpignan Autrement lors des dernières élections municipales, cible lui aussi la stratégie de communication du maire. Il reproche notamment à Louis Aliot d’avoir diffusé son communiqué sur les réseaux sociaux de la Ville, y voyant une confusion entre défense personnelle et communication institutionnelle. Avant de rappeler que la justice a désormais déclaré Louis Aliot coupable « par deux fois ».
Selon Mathias Blanc, le maire « fait semblant de ne pas comprendre » et « cultive l’ambiguïté pour minimiser la gravité des faits ». Louis Aliot « n’a décidément honte de rien », tonne Mathias Blanc en expliquant que le maire de Perpignan « va donc imposer sa condamnation et son statut de délinquant » à la mairie de Perpignan, à la Communauté Urbaine dont il est président et au Conseil départemental où il est conseiller.
« Il doit démissionner »
Même demande de démission du côté des élus La France Insoumise (LFI) Naïma Mokhtari et Mickaël Idrac. Dans un communiqué commun, ils évoquent des faits « d’une extrême gravité » et dénoncent un maire « davantage soucieux de son destin personnel que de celui de la ville ». Pour eux, cette nouvelle condamnation pose « un problème de probité » et « un problème déontologique » au moment où « les citoyens perdent confiance en leur personnel politique ». Leur conclusion est sans détour : « S’il souhaite enfin faire rayonner Perpignan sans l’entacher, il doit démissionner. »
Contacté, Bruno Nougayrède (chef de file l’alliance de droite et du centre aux dernières municipales) n’a pour l’heure pas réagi.
Envisagez-vous 2027 sans Made In Perpignan ? C’est la question que nous devons vous poser. Après dix ans, notre média libre est aujourd’hui menacé. Cet article, comme près de 5000 autres, est en accès libre grâce au soutien de nos lecteurs. ➡️ Si vous le pouvez, faites un don pour que cette aventure continue.
- Féminicide à Perpignan : le drame d’une emprise que personne n’a osé signaler - 8 juillet 2026
- Condamnation de Louis Aliot : « honte de rien », « extrême gravité », « problème déontologique », le point sur les réactions politiques à Perpignan - 8 juillet 2026
- Incendie : Laurent Nuñez annonce des renforts européens, huit avions supplémentaires attendus - 6 juillet 2026
