Article mis à jour le 7 juillet 2026 à 07:43
En déplacement ce lundi dans les Pyrénées-Orientales, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé l’arrivée de huit avions bombardiers d’eau supplémentaires. Au sol, les pompiers font face à des conditions défavorables et un incendie « hors norme ».
La préfecture a activé une cellule d’information du public (y compris pour proposer votre aide), joignable au 09 70 80 90 40. Retrouver notre direct ici.
Le feu n’est toujours pas fixé. Après trois jours de combat contre les flammes, les pompiers continuent de lutter contre un incendie qui a déjà parcouru 4900 hectares et touché une cinquantaine de bâtiments. Face à l’ampleur de la situation, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, est venu constater les dégâts et apporter son soutien aux soldats du feu. Après un briefing dans le centre de crise mobile installé à Ille-sur-Têt, le ministre a fait un état des lieux de la situation. Il a évoque un incendie qui n’est toujours pas « stabilisé ». « Le feu continue à progresser sur deux flancs principaux. L’un de ces flancs menace des habitations et des villages ».
Éviter une avancée du feu dans les Aspres
Face à l’inquiétude générée par une situation toujours hors de contrôle, Laurent Nuñez a annoncé l’appui, à partir de mardi, de « huit avions bombardiers d’eau supplémentaires, qui viendront de Chypre, d’Espagne et de Suède ». Ces avions auront une capacité de largage équivalente à celle de quatre canadairs supplémentaires. Une aide permise par le mécanisme européen de solidarité. Ils viendront prêter main forte aux sept canadairs, deux Dash et quatre hélicoptères bombardiers d’eau déjà engagés.

L’objectif prioritaire reste de contenir l’extension du feu dans le massif des Aspres. « Il y a à la fois des habitations à protéger et, dans le même temps, le souhait d’éviter que le feu ne s’étende encore et ne débouche finalement sur ce que nous avons connu ici en 1976, où 7 000 hectares étaient partis en fumée. »
Laurent Nuñez a également salué à plusieurs reprises « l’extraordinaire chaîne d’union et de solidarité » mise en place entre les élus, les collectivités, les associations agréées de sécurité civile, les sapeurs-pompiers et la gendarmerie. Des plans communaux de sauvegarde ont été déclenchés, des gymnases ouverts, ou encore des bus mis à disposition. « Il y a eu de très fortes émotions, évidemment, a dit le ministre de l’Intérieur. Mais il y a une très grande solidarité entre tous les élus locaux qui a permis de prendre en charge l’ensemble des personnes évacuées. »
Une situation nationale inquiétante
« Nous sommes confrontés à une situation extrêmement complexe, a regretté Laurent Nuñez. Au moment où je vous parle, nous avons une vingtaine de feux qui sont en cours et qui sont en train d’être traités actuellement. J’ai donné un chiffre ce matin de 11 000 hectares brûlés depuis le début de cette année. L’an passé, à la même époque, c’était 5 700 hectares ».

Le ministre de l’Intérieur a dit que ses services s’attendaient à « une saison de feu extrêmement compliquée ». Et ce notamment en raison de circonstances climatiques particulières : « Les pluies de la fin de l’année ont fait que la végétation est abondante, et la canicule a fait que nous sommes dans un état de sécheresse importante. Les feux démarrent très rapidement, on le voit ici dans le département des Pyrénées-Orientales. »
Le commandant des opérations évoque « un feu hors norme », 28 villages désormais évacués
Après le cadrage ministériel, le colonel Stéphane Clerc, commandant des opérations de secours, a détaillé la réalité du terrain. Il a évoqué une situation « fortement sous surveillance », avec « 30 kilomètres de lisière ». Soit 30 km de flammes. Le colonel a également évoqué des conditions « défavorables » marquées par « des bascules de vent, qui sont un coup en sud-ouest, un coup en est » et qui entraînent mécaniquement des bascules stratégiques pour ajuster les dispositifs au gré de ces vents changeants.

Sur le terrain, ces difficultés rendent la mission des pompiers encore plus compliquée. Alors que les troupes font déjà face à un « feu hors norme » et des conditions climatiques très dures marquées par des chaleurs caniculaires, une végétation qui s’enflamme très vite et une « hygrométrie (humidité de l’air, ndlr) trois fois » plus basse qu’à la normale. « Ce sont des conditions qui ne sont pas favorables du tout. Ça va forcément nous poser des soucis de réalimentation des foyers. »
La nuit et la journée de mardi promettent d’être cruciales. Ce mardi soir, la commune de Vinça a reçu pour consigne d’évacuer, s’ajoutant à une longue liste de 27 villages déjà confrontés au même sort.
Envisagez-vous 2027 sans Made In Perpignan ? C’est la question que nous devons vous poser. Après dix ans, notre média libre est aujourd’hui menacé. Cet article, comme près de 5000 autres, est en accès libre grâce au soutien de nos lecteurs. ➡️ Si vous le pouvez, faites un don pour que cette aventure continue.
- Incendie : Laurent Nuñez annonce des renforts européens, huit avions supplémentaires attendus - 6 juillet 2026
- Solidarité pendant l’incendie : l’ancien Ehpad de Céret « réarmé » pour accueillir en pleine nuit 90 résidents d’Ille-sur-Têt - 6 juillet 2026
- Incendie : « On prend tout ce qu’on trouve, des matelas de sol aux lits des écoles maternelles », à Thuir l’hébergement de 300 personnes s’organise dans l’urgence - 5 juillet 2026
