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Courts Circuits 2026 : À travers la Catalogne, le festival du court métrage veut franchir les frontières de la mémoire

Article mis à jour le 19 juin 2026 à 10:13

La 7ᵉ édition de Courts Circuit 66 se tiendra du 11 août au 20 septembre « en pays catalans ». Une cinquantaine de courts métrages seront diffusés gratuitement dans plus de 30 communes des Pyrénées-Orientales et de la Catalogne sud. Le festival veut transformer chaque étape en célébration du cinéma, avec une attention toute particulière accordée cette année à la « mémoire ». Projection du festival Courts Circuit 66 sur la place du village de Vernet les Bains © Lou Baron

Faire du cinéma une fête populaire en comptant sur un public exigeant. Courts Circuit 66 veut relever le défi pour la septième fois. Le programme a été révélé en conférence de presse, ce jeudi 18 juin. Du 11 août au 20 septembre, 57 films, courts et longs métrages, seront diffusés à travers le département et en Catalogne sud. À chaque étape, des projections en extérieur, parfois accompagnées d’un concert ou de théâtre et en partenariat avec les commerces locaux.

Se remémorer ou échapper à l’oubli

Un fil rouge cette année: la mémoire. Le thème est de parcourir les 40 jours de festival. D’abord au sein des films sélectionnés par le directeur artistique Pierre-Alfred Eberhard. Une séance y est consacrée avec, par exemple, le court métrage Les Années, adaptation du livre d’Annie Ernaux du même nom, mais aussi Intersecting Memory réalisé en Palestine ou encore Els buits, sur les femmes enfermées pendant le franquisme. Le film français Mémorable se penchera enfin sur le sujet de la maladie d’Alzheimer. En une séance, la mémoire est décortiquée.

D’autres séances permettront aussi de visionner les 22 films en compétition cette année. Concourront notamment Du pain et des jeux, primé au festival international du court métrage de Clermont-Ferrand cette année, ou encore L’œuf de Pâques, film ukrainien qui « filme la guerre sans la montrer », précise Pierre-Alfred Eberhard.

Le cinéma floute la frontière franco-espagnole

Hors compétition, la sélection catalane « Curts cat » sera également présentée. « Les courts métrages sont sous-titrés à la fois en français et en catalan », fait remarquer l’équipe. Pour Hugues Domenech, traducteur en charge du transfrontalier, la sélection permet d’explorer « la diversité de la langue catalane et sa richesse. »

« Ce sous-titrage bilingue permet aux publics de se déplacer de chaque côté de la frontière. Pour faire en sorte qu’ils se rencontrent. »

Une porosité de la frontière qui sera aussi encouragée par la déambulation du festival dans 35 communes. Parmi elles dans les Pyrénées-Orientales : Saint-Hippolyte, Mosset, Cases de Pène. Mais aussi Amélie-les-Bains, Céret, Argelès-sur-Mer, Port-Vendres et bien d’autres. Quelques nouvelles escales s’ajoutent à la liste avec Calce, Oms, Villelongue-dels-Monts et Pollestres. Mais surtout, l’équipe se réjouit d’augmenter le nombre de communes espagnoles qui rejoignent l’aventure. Cantallops, Sant Climent Sescebes, Celrà, Peralada et Figueres seront de la partie.

Par conséquent, les cinq jurys seront transfrontaliers. Les prix du public, de la fédération des ciné-clubs de Catalogne, des jeunes, des professionnels et celui des communes seront délivrée par des jurys franco-espagnoles.

Un court métrage réalisé à Argelès-sur-Mer sélectionné

Au programme également, une séance de courts métrages dédiée à la création régionale, avec notamment La fin du monde, tourné à Argelès-sur-Mer il y a moins d’un an et réalisé par Marine Mabila. Dernière sélection, le « court en vertige », pour un public « averti » et âgé de plus de 16 ans. Une sélection qui laisse davantage de place à l’expérimental et à la recherche, particulièrement explorée dans le format court. Elle sera diffusée à l’institut Jean Vigo à Perpignan. Courts circuits ouvrira par ailleurs la porte à l’innovation avec la présentation d’un film en réalité virtuelle.

Mais au-delà des courts métrages, le festival promet aussi d’explorer la question de la mémoire à travers le long format. Tony Gatlif présente en personne son film Liberté au Mémorial du camp de Rivesaltes. Une œuvre qui retrace le destin des nomades pendant la Seconde Guerre mondiale. À Céret, c’est le combat d’un réfugié espagnol qui sera déployé dans Fugir de l’oblit, d’Abel Moreno. Enfin, des documentaires réalisés par Mariana Lhubac et Marc Cousin dans des villages du Conflent, pour l’instant gardés secrets, seront diffusés.

À l’affiche, Philippe Rebbot, Bastien Bouillon et Judith Chemla

Une richesse cinématographique qui ne manquera pas d’être incarnée. Des acteurs phares, particulièrement adeptes de courts métrages, sont attendus. Parmi eux, Judith Chemla, qui sera à Port-Vendres le 22 août. Mais aussi Philippe Rebbot, acteur principal du court métrage Mort d’un acteur, César du meilleur court métrage de fiction en 2026, ou encore Bastien Bouillon, César du meilleur espoir en 2023.

Courts circuits poursuit sa route à travers la Catalogne pour montrer du cinéma en zones rurales. Un pari qui n’empêche pas le succès. Courts Circuit attend 10 000 spectateurs et spectatrices. Un public qui sera accueilli par une centaine de bénévoles à travers les communes catalanes. La présidente Céline Siné a tenu à le rappeler : la mémoire, c’est aussi garder en tête la fragilité de tels festivals. À propos des difficultés financières du monde culturel, elle conclut : « Ce contexte nous oblige d’autant plus à nous engager dans le collectif. »

Le programme complet du festival est à retrouver bientôt en ligne.

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