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Au Soler, les élèves de troisième planchent sur le «vivre-ensemble»

MEDIACLIC ECOLE PRIMAIRE RESIDENCE JOURNALISTES

Article mis à jour le 25 décembre 2023 à 10:32

Après avoir gagné le prix académique Mediatiks avec une émission de radio sur le thème de l’engagement, des élèves de troisième du collège Jules Verne du Soler se penchent sur le très actuel sujet du «vivre-ensemble.»

Les projets radio se suivent… et ne se ressemblent pas

Me voici de retour dans la classe de troisième du Soler, avec de nouveaux élèves, et une nouvelle ambition : réaliser une émission de radio sur le thème du «vivre-ensemble» – qui ne saurait mieux résonner avec l’actualité, entre projet de loi immigration engagée à l’assemblée, guerre israélo-palestinienne, et crispation du débat public. Le défi est différent, et si je commence à être habituée à tenter de transmettre mon goût du son et du journalisme à des adolescents plus ou moins motivés par la radio, je prends la mesure de la particularité de chaque projet, et surtout de chaque classe.

Celle-là est plutôt bavarde et blagueuse, et je dois trouver un juste milieu entre l’autorité pour qu’on puisse avancer sur l’émission – je n’ai que dix heures avec eux – et la détente mesurée. Je mets toute mon énergie pour les capter et les intéresser, bien relayée et appuyée par l’enseignante de français et la documentaliste qui suivent les avancées du travail entre les séances.

Au moment de choisir les sujets le brouillard s’épaissit

Comme beaucoup de jeunes de leur âge, ceux-là ne connaissent la radio qu’à travers la musique qu’on écoute le matin dans la voiture sur la route du collège. Quand je leur parle d’émission – avec animateurs, micro et tout ce qui va avec – je les sens perplexe. Au moment de choisir les sujets le brouillard s’épaissit.

Le «vivre-ensemble», ça les inspire moyennement au début. Cette phase de recherche des thèmes qui seront exploités ensuite sous forme d’interview, de chronique ou de micro-trottoir est souvent la plus longue et laborieuse. C’est là où le fait d’être face à un public dit « captif » – c’est-à-dire qui n’a pas choisi d’être là – peut se ressentir plus ou moins fortement. Là aussi, il faut savoir se montrer humble.

Car quand on y réfléchit, on arrive avec nos idées d’émission de radio, persuadé de leur faire découvrir un média fun avec lequel le coup de foudre sera immédiat, on projette notre passion sur leurs réactions… mais on ne peut jamais s’assurer à 100% de leur adhésion. Il y a souvent la carotte de la note, et puis la contrainte globale du cadre du collège. C’est le jeu.

Quelle accroche pour les motiver ?

Pourtant c’est important de trouver des leviers pour les « accrocher », et donc les garder motivés. Ça ne m’embête pas qu’ils ne soient pas intéressés par mes idées, au contraire, c’est même bien qu’ils s’autorisent à le faire savoir, pas toujours de façon explicite certes. L’important est qu’ils puissent travailler à une tâche qui les motive. C’est la condition pour les embarquer dans l’aventure et ne pas faire de ce projet un énième devoir stressant à leurs yeux.

Après la phase flottante – aussi appelée longues minutes de solitude quand, à une question posée, 23 paires d’yeux t’observent sans t’apporter aucune réponse – les langues se délient. Petit à petit, à force de patience et d’insistance (et de pas mal d’aide, mais n’est-ce pas là l’enjeu de la pédagogie ?) les idées, les envies, les sensibilités émergent.

Et comme toujours je suis agréablement surprise. Certes nous retrouvons l’immanquable thème du harcèlement, maintes fois décliné au cours de ma toute jeune carrière d’intervenante en éducation aux médias (et toujours autant d’actualité), mais aussi d’autres surprises : le fair-play dans le sport, savoir se côtoyer sur un terrain de football ou rugby, le «vivre-ensemble» à travers les jeux vidéo, ou encore le métissage sur l’île de la Réunion.

À la deuxième séance, malgré l’agitation pré-vacances, et la fatigue de fin d’année, ils ont bien bossé

Derrière les blagues qui fusent et les bavardages difficilement contrôlables, je capte des regards qui s’éclairent à la prise en main de l’enregistreur, un réel amusement à jouer à l’intervieweur. « Madame, c’est dur de ne pas rigoler » « c’est normal ! », je m’exclame. Le micro a ce don de provoquer en nous des rires mêlés de joie et de gêne. Ils partagent leurs préférences, ici pour la technique, là pour poser des questions.

Tiendrais-je là l’assurance qu’ils commencent à aimer la radio ? Au moment où la sonnerie retentit, alors que je conclus la séance en mentionnant l’émission à venir, j’entends « mais quelle émission ? On va passer à la télé ? ». Je fais mine de ne pas entendre. Mettons ça sur le compte des vacances de fin d’année.

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Alice Fabre