Article mis à jour le 10 juillet 2026 à 12:21
Six jours après son départ, l’incendie de Trévillach entre dans sa phase de sortie de crise. Ce vendredi 10 juillet, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a levé l’ordre d’évacuation des six dernières communes concernées, dont les habitants pourront regagner leur domicile à partir de 14 heures.
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Après avoir parcouru 4 900 hectares dans la vallée de la Têt et le nord du massif des Aspres, et contraint jusqu’à 12 000 personnes à quitter leur foyer, le feu n’était pas encore déclaré fixé, mais le préfet se disait « optimiste » sur la possibilité d’en devenir « totalement maître » d’ici la fin de la journée, à la faveur d’une météo enfin plus clémente.
Les six dernières communes autorisées à rentrer à 14 heures
L’amélioration des conditions (températures en baisse, humidité en légère hausse, vent modéré) et le travail mené durant la nuit sur les points chauds ont permis au préfet de lever les derniers ordres d’évacuation. Les habitants de Rigarda, Saint-Michel-de-Llotes, Casefabre, Glorianes, Boule-d’Amont et Prunet-et-Belpuig peuvent réintégrer leur domicile à partir de 14 heures ce vendredi.
L’eau et l’électricité devaient être rétablies au moment de leur retour. Comme pour les vagues précédentes, la décision a été prise en concertation avec les maires, réunis dans la matinée aux côtés des deux présidents de communautés de communes concernés. Ces derniers souhaitent désormais engager l’élaboration de plans intercommunaux de sauvegarde, tirant les leçons de la crise. Une cellule médico-psychologique reste à disposition des habitants marqués par ces journées, certains découvrant à leur retour des dégâts sur leurs biens.
Un bilan matériel lourd, mais des centaines de maisons préservées
Le préfet a dressé un premier bilan matériel : 46 bâtiments ont été impactés, à des degrés divers. Si un nombre « plutôt limité » d’entre eux ont été totalement détruits, beaucoup n’ont été que léchés par les flammes ou ont vu leur jardin brûler. À l’inverse, quelque 800 habitations situées au contact direct de la ligne de feu ont été sauvées grâce à l’action des sapeurs-pompiers.
Le magistrat a insisté sur ce qui a été préservé : de vastes espaces naturels, de nombreux mas isolés disséminés dans des zones escarpées, mais aussi des sites patrimoniaux comme les Orgues d’Ille-sur-Têt, des chapelles et des prieurés isolés, restés intacts. Surtout, l’objectif stratégique a été tenu : empêcher la reproduction du grand feu historique des Aspres. En 1976, ce dernier avait parcouru près de 6 600 hectares ; l’incendie a cette fois été contenu à 4 900 hectares, sans se propager dans le massif.
Un feu bientôt fixé, mais une surveillance qui se poursuit
La lutte n’est pas terminée pour autant. Si l’arrière du feu, sur ses parties droite et gauche, est déjà fixé, deux points d’attention subsistent sur l’avant : une zone à l’arrière-droite de la Têt, encerclée par des pistes DFCI et des barrières de retardant terrestre et aérien, et le secteur de Rigarda, retraité par des engins de travaux publics.
Trois cents sapeurs-pompiers restaient à pied d’œuvre ce vendredi, contre 800 au plus fort de la crise, pour traiter, souvent de façon « chirurgicale », les souches encore chaudes repérées par drones dans des zones difficiles d’accès. Cent soixante-dix gendarmes demeuraient mobilisés ; aucun cambriolage n’a été recensé dans les communes vidées de leurs habitants durant l’évacuation. Enfin, une enquête judiciaire, confiée à la gendarmerie, se poursuit pour déterminer l’origine du sinistre.
Des messages de reconnaissance pour les sapeurs-pompiers
À l’heure des premiers retours, la gratitude envers les soldats du feu s’exprime déjà. À Ille-sur-Têt, des messages de remerciements ont commencé à fleurir à l’attention des sapeurs-pompiers, salués pour un engagement que le préfet a qualifié de hors norme.
Toute « la famille » des pompiers (ceux du département, les renforts venus d’autres régions et de Roumanie, ainsi que les militaires de la sécurité civile) s’est investie « avec beaucoup de pugnacité » sur cet incendie, bravant parfois des dangers inédits, en particulier lors de la journée de dimanche décrite comme « épouvantable » pour la population comme pour les secours. Un élan de reconnaissance qui prolonge la mobilisation citoyenne observée tout au long de la crise, des dons aux centres d’accueil aux initiatives spontanées pour mettre à l’abri les habitants et leurs animaux.
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