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Incendie de Trévillach : « le bout du tunnel » se dessine, retour possible dans 12 communes et la RD66 rétablie

Article mis à jour le 8 juillet 2026 à 15:31

Quatre jours après son déclenchement, l’incendie de Trévillach donne enfin des signes d’apaisement, ce mercredi 8 juillet, dans les Pyrénées-Orientales. Le préfet Pierre Regnault de la Mothe a évoqué une « évolution très favorable » et un « bout du tunnel » désormais en vue, permettant la réouverture de douze communes évacuées et le rétablissement de la route départementale 66, artère vitale de la vallée de la Têt.

Le feu, qui a parcouru près de 4 940 hectares et contraint 12 000 personnes à quitter leur domicile depuis samedi, n’est toutefois pas encore fixé, et le retour annoncé de la tramontane fait craindre de nouvelles reprises.

Mise à jour du mercredi 8 juillet à 15h : Fermeture provisoire de la RD 66 entre Millas et Vinça

En raison des reprises de feu causées notamment par la tramontane sur le secteur d’Ille-sur-Têt/Bouleternère, la RD66 est de nouveau fermée de Millas à Vinça.

Une évolution favorable, mais un feu non fixé

Au quatrième jour de lutte, le ton du préfet des Pyrénées-Orientales a nettement changé. Lors de son point presse quotidien, ce mercredi matin, Pierre Regnault de la Mothe a fait état d’une amélioration sur les deux flancs de l’incendie au lever du jour, estimant que l’on « commence à voir le bout du tunnel ». La surface parcourue s’est stabilisée autour de 4 936 hectares, sans progression durant la nuit.

Il a toutefois appelé à ne pas céder au relâchement : l’incendie n’est pas éteint et plusieurs points chauds subsistent, un au nord de la Têt, à Ille-sur-Têt, et deux au sud. « On ne peut pas exclure que le feu reparte », a-t-il prévenu. Parti le samedi 4 juillet au soir d’un massif de Trévillach, le sinistre avait franchi la Têt, gagné le nord du massif des Aspres et entraîné l’évacuation de 27 communes.

Douze communes rouvertes et la RD66 rétablie

L’accalmie permet d’accélérer le retour à la normale. Après Taulis et Taillet, rouvertes la veille, dix nouvelles communes sont désormais considérées comme sécurisées et voient leur évacuation levée : Corbère, Corbère-les-Cabanes, Llauro, Montalba-le-Château, Montauriol, Oms, Sainte-Colombe-de-la-Commanderie, Tarerach, Tordères et Arboussols, dans le secteur de Marcevol. Leurs habitants peuvent regagner leur domicile, avec prudence et en restant joignables.

Une nouvelle liste de communes réintégrables devait être annoncée à 14 heures. Autre signe concret, la route départementale 66, fermée depuis le début de l’incendie, a rouvert à la circulation dès 9 heures, afin de rétablir l’approvisionnement de Prades et du Conflent, un temps isolés. Dans les communes encore évacuées, des dérogations sont prévues pour les médecins et professionnels de santé souhaitant accéder à leur cabinet, ainsi que pour nourrir les animaux de compagnie restés seuls, via une personne de confiance désignée par les maires.

La tramontane et la menace sur le massif des Aspres

Sur le terrain, le contrôleur général Éric Belgioïno, directeur du SDIS 66, a confirmé une amélioration « de jour en jour », avec un flanc droit désormais dégagé, de Tarerach au barrage de Vinça. L’officier est toutefois resté prudent, dans la perspective d’un retour de la tramontane susceptible de raviver les foyers encore incandescents.

Plusieurs secteurs restent à traiter : la zone des Orgues d’Ille-sur-Têt, le sud de Rigarda et surtout le piémont des Aspres, au sud de Bouleternère, ceinturé de produit retardant pour empêcher tout basculement du feu dans le massif. Pour localiser les points chauds nichés dans des zones difficiles d’accès, les sapeurs-pompiers ont utilisé des drones durant la nuit et déployé plusieurs kilomètres de tuyaux. Quelque 800 sapeurs-pompiers restaient mobilisés, une colonne ayant été détachée en renfort dans l’Hérault, à son tour touché par un incendie.

Le préfet appelle à renoncer aux feux d’artifice dans tout le département

À l’approche du 14 Juillet, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a lancé ce mercredi 8 juillet un appel à la retenue. Estimant que, par la sécheresse, le département est devenu « un paillasson à bien des endroits » où « la moindre étincelle » peut provoquer des dégâts importants, il a invité « fortement » les maires et les organisateurs à renoncer aux feux d’artifice pour au moins dix jours.

Le magistrat a salué la décision de communes comme Argelès-sur-Mer et Toulouges, qui ont spontanément annulé le leur, et encouragé les autres à suivre cet exemple, « par prudence, par civisme et par respect pour le travail des sapeurs-pompiers ». Il a rappelé le cadre en vigueur : un arrêté préfectoral encadre déjà ces tirs dans le département, avec une interdiction totale lorsqu’un massif est classé en risque rouge et des dérogations possibles, sur demande, en niveau orange selon la force du vent.

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