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Incendie dans les Pyrénées-Orientales : trois jours de lutte pour tenir « le verrou » du massif des Aspres

Article mis à jour le 7 juillet 2026 à 08:35

Trois jours après son déclenchement, l’incendie de Trévillach n’était toujours pas fixé, ce mardi 7 juillet, dans les Pyrénées-Orientales. Parti le samedi 4 juillet au soir d’un massif de cette commune de la vallée de la Têt, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Perpignan, le feu a parcouru 4 900 hectares et contraint environ 12 000 personnes à évacuer.

Si sa progression a été enrayée durant la nuit, la menace reste entière sous l’effet d’une canicule persistante et d’une hygrométrie exceptionnellement basse. Quelque 800 sapeurs-pompiers s’emploient à empêcher les flammes de s’enfoncer dans le massif des Aspres.

La préfecture a activé une cellule d’information du public (y compris pour proposer votre aide), joignable au 09 70 80 90 40. Retrouver notre direct ici.

Une nuit d’accalmie, un feu toujours menaçant

Selon le point presse tenu par la préfecture des Pyrénées-Orientales ce mardi matin, la surface parcourue (4 900 hectares) n’a pas progressé durant la nuit, un répit que le préfet Pierre Regnault de la Mothe a attribué au travail des sapeurs-pompiers. Les contre-feux allumés pour casser la progression des flammes ont porté leurs fruits sur le flanc gauche, entre Trévillach et les Orgues d’Ille-sur-Têt, comme sur le flanc droit, du côté de Vinça et de Rigarda, épargnés par de nouvelles reprises.

À proximité d’Ille-sur-Têt

Cette technique du feu tactique a en revanche dû être abandonnée sur la tête du massif des Aspres, jugée trop périlleuse de nuit en raison d’un taux d’humidité de l’air proche de 10 %. « Le risque n’est vraiment pas écarté », a résumé le préfet. La lisière du feu atteint désormais 40 kilomètres, soit près du double de la veille : un périmètre considérable qui explique l’ampleur des moyens déployés. Le contrôleur général Éric Belgioïno, directeur du SDIS 66, n’espérait pas fixer l’incendie dans la journée, invoquant des conditions météo « exactement les mêmes qu’hier » et des vents appelés à tourner.

Un dispositif renforcé et une réponse européenne

Pour venir à bout de ce sinistre hors norme, le dispositif ne cesse de grossir. Ce mardi, 800 sapeurs-pompiers étaient mobilisés, dont plus de 400 venus d’autres départements, appuyés par sept colonnes de renfort, 180 véhicules et un détachement de sapeurs-pompiers roumains. La flotte aérienne, composée de Canadairs, d’avions Dash et d’hélicoptères bombardiers d’eau, devait être renforcée dans la journée par huit appareils supplémentaires, dont six en provenance d’autres pays de l’Union européenne.

Aux côtés des gendarmes, un escadron de gendarmerie mobile et une compagnie de CRS ont été déployés pour faire respecter les périmètres et les ordres d’évacuation, et prévenir les cambriolages dans les communes vidées de leurs habitants. Le département sortait déjà éprouvé des incendies de Canet-en-Roussillon et de Sainte-Marie-la-Mer, survenus les jours précédents.

12 000 évacués et une reprise économique en ligne de mire

Sur le plan humain, l’incendie a entraîné l’évacuation de 27 communes, soit environ 12 000 personnes, après l’ordre visant Vinça lundi soir. Les habitants ont été orientés vers des centres d’accueil ouverts jusqu’à Perpignan, Prades ou Thuir, et une cellule d’urgence médico-psychologique a été sollicitée auprès du centre hospitalier de Perpignan. Onze blessés légers étaient recensés mardi, un bilan présenté comme consolidé au fil des heures.

Alors que le feu mobilise toute l’attention, la préfecture a commencé à préparer un retour progressif à la vie normale, « par priorité géographique », en envisageant de rouvrir d’abord les communes évacuées du sud du massif des Aspres. Le préfet a par ailleurs annoncé un travail avec les chambres consulaires (commerce, métiers et agriculture) pour évaluer des conséquences économiques qu’il redoute « importantes » pour l’agriculture, dans un département largement tourné vers la vigne et l’arboriculture. Un bilan précis ne pourra toutefois être dressé qu’une fois l’accès aux zones sinistrées rétabli.

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