La jeunesse en grève pour le climat – Des rues de Perpignan au débat du Lycée Maillol

Ce vendredi 15 mars, la jeunesse perpignanaise a fait entendre sa voix pour crier l’urgence écologique. Sur la place Catalogne, 500 collégiens, lycéens et étudiants de tout le département se sont époumonés. Pour ces jeunes des Pyrénées-Orientales de 15 à 20 ans, “il est moins grave de sécher les cours que de mourir dans 5 ans”.

Parcourant le couloir de la tramontane, les initiatives en faveur du climat soufflent du nord de l’Europe. Comme l’iconique suédoise Greta Thunberg, tout juste 16 ans, et en grève tous les vendredis depuis le 20 août 2018. Mais aussi nos voisins belges où les éco-citoyens en herbe battent le pavé chaque semaine depuis le début d’année. Une mobilisation prend également la forme de débats organisés sur le thème de la transition écologique. Au lycée Maillol, une centaine de filles et garçons se sont exprimés librement et ont tenté de se remettre en question.

♦ Atelier pancartes et slogans – “Tous plus chauds que le climat”

Bahia et Mathis sont venus du lycée de Prades accompagnés par quelques camarades.“Nous avons pris le bus pour être écolos jusqu’au bout”. Ils ont séché les cours d’espagnol, de math ou d’histoire. Et pourtant, Mathis nous avouait : “mes profs sont contents de mon initiative”. Assis à même le sol, les ateliers pancarte s’organisent. Travail collectif, dessin, orthographe ou découpage, les messages pleins d’humour n’en demeurent pas moins sérieux et mobilisateurs.

Sur la place Catalogne, les choses s’organisent. Un grand tableau des propositions est installé. Très rapidement noirci par de nombreuses solutions telles que “moins de viande dans les cantines”, “taxe carbone pour le trafic maritime” ou encore avec de l’humour “sauvez l’eau buvez de la bière”.

Les jeunes pour le climat 66, à l’origine de la mobilisation, ont également initié un débat où chacun a apporté ses idées. Des apiculteurs sont venus évoquer leur travail, des adeptes de la permaculture ont expliqué leur démarche… Et chacun apporte un peu de sa pierre à l’édifice de la transition écologique.

♦ Prendre de la hauteur

Quand tout à coup, une partie de la foule se dirige vers la statue géante de Salvador Dali qui trône sur sa chaise haute face à l’avenue de la gare. Un jeune a décidé d’escalader la représentation du célèbre artiste catalan pour lui faire porter le message de cette jeunesse qui milite pour son propre avenir.

Antoine, 15 ans en seconde au lycée Arago se bat contre le vent pendant une bonne demi-heure pour attacher son carton avertissant : “Arrêtez de niquer ta Mer !”. Un geste qui lui vaudra des salves d’applaudissements. En quelques minutes, il est devenu le symbole de cette matinée. Il nous déclarait vouloir “impliquer les gens, pour qu’ils soient concernés et sortent de leur confort. Il faut qu’ils entendent les idées innovantes et qu’ils prennent conscience des nécessaires changements de comportement pour sauver notre planète !”.

♦ L’écologie en débat au lycée Maillol 

Un débat initié par le ministre de l’Éducation nationale. En début de semaine, Jean-Michel Blanquère sollicitait l’ensemble des rectorats afin qu’ils organisent des débats autour de la transition écologique. Une manière aussi de répondre à la grève des lycéens qui choisissent de sécher les cours pour exiger des actions concrètes de la part des politiques.

Au lycée Maillol, une centaine d’élèves de la seconde à la terminale a pris place dans l’amphithéâtre pour débattre, échanger et trouver des solutions aux problématiques de la ressource, de la transition écologique ou de l’alimentation. Les premiers à se jeter à l’eau sont deux élèves de seconde qui exposent le fruit de leur réflexion, un travail réalisé avec leur “prof” de géographie.

Durant plus d’un mois Taoufik et sa classe ont planché sur le jour du dépassement, ainsi que leur empreinte carbone. Le constat est sans appel pour la classe de Taoufik… Le jour où ils auront consommé l’ensemble des ressources que la Terre peut régénérer est le 21 avril ! Au-delà de cette date, si toute l’humanité vivait comme les lycéens de Maillol, il faudrait 3,35 planètes Terre pour couvrir leurs besoins.

Des chiffres particulièrement éloquents fournis sur le site footprintcalculator.org. Cet outil permet de calculer son propre jour de dépassement ou son empreinte carbone et écologique en prenant en compte son mode de vie. Un calculateur qui ouvre les consciences sur de notre façon de vivre, de nous déplacer ou de consommer.

♦ Faire incuber les idées

Le lycée Aristide Maillol est à lui seul un véritable éco-système où vivent en semaine près de 2500 personnes. Un laboratoire expérimental idéal pour tester toutes sortes d’idées. Après un rapide exposé des actions déjà mises en place par l’établissement, telles la cantine de l’internat 100% bio et en circuit court, la lutte contre le gaspillage ou le tri sélectif, le débat s’est ouvert entre tous.
Avec des propositions aussi simples que la réduction de la taille des morceaux de pain à la cantine pour éviter le gaspillage de nourriture ou l’organisation de CleanWalk* pour nettoyer les rues lors de sorties entre amis.

Certains ont appris durant ce débat l’appel au #CleanChallenge et la marche pour le climat organisée le lendemain. L’occasion pour certains d’entre eux de s’engager encore un peu plus dans la citoyenneté.

*CleanWalk, marche du nettoyage

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