La jeunesse perpignanaise face aux Fake News sous l’oeil du 20h de TF1

Alors que pullulent sur le net fakenews, rumeurs, informations détournées et autres théories du complot, le club régional de la presse a mis en place l’atelier “Esprit Critik”. Un atelier qui s’est imposé après les attentats de 2015 et qui s’appuie sur un tandem communicant-journaliste. Un format de deux heures visant à donner aux jeunes les outils nécessaires au décryptage de l’information et à la détection des “infox”.

Dans les Pyrénées-Orientales, les séances sont animées par le duo Perrine Safont (community manager) et Maïté Torres (journaliste). Une initiative rendue possible grâce à la collaboration du Centre International de Photojournalisme et mise en lumière ce jour par la caméra de TF1 pour une diffusion dans le 20h de Gilles Bouleau début mars (durant la semaine de la presse). Le premier établissement à s’être prêté au jeu est le Lycée Maillol, avec une réelle volonté d’apporter aux élèves les clés pour comprendre le monde qu’ils voient à travers le filtre des réseaux sociaux.

“Les journalistes ne servent plus à rien”

Ou “Peut-on tout publier sur les réseaux sociaux” … Des affirmations volontairement clivantes qui permettent à ces jeunes entre 15 et 19 ans de se positionner autour de la “rivière du doute”. Ce trait tracé au sol “permet aux jeunes de donner leur avis et surtout d’argumenter, d’exprimer leur accord ou désaccord avec ces allégations“, nous confiait Perrine Safont. “Ce moment est particulièrement riche en échange. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, la plupart des jeunes disent que nous servons à quelque chose”, déclare rassurée Maïté Torres.

Selon Dominique Antoni, vice-président du club de la presse Occitanie et à l’origine de la création de cet atelier, le débat mouvant est un excellent exercice qui permet de débuter l’échange. Ce débat dure une trentaine de minutes et permet de percevoir le fond de leur pensée. Et parfois le débat s’ouvre entre eux.

♦ Le Vrai/Faux et les FakeNews (ou Infox)

Nous leur présentons des photos et débute le questionnement. Peut-on se fier à cette image ? L’objectif est de les faire réfléchir à la manipulation d’images. Un procédé utilisé déjà sur les négatifs, bien avant l’apparition de logiciels tels que Photoshop.

C’est aussi le moment d’aborder, le fonctionnement des réseaux sociaux et les algorithmes qui favorisent le buzz et les publications clivantes. Un moment, où le message à transmettre est celui de la réflexion. Ne pas se laisser emporter par l’émotion suscitée par une image aussi impressionnante soit-elle. Prendre le temps de vérifier la source de l’information et se questionner sur le message que l’on veut me faire passer.

Malgré les idées reçues, la plupart des jeunes ne se laissent pas prendre. Même s’ils manquent de mots pour l’exprimer, ils ne sont pas dupes. Ils savent qu’ils sont parfois manipulés dans une optique mercantile.

Le moment idéal pour leur expliquer la différence entre un communicant et un journaliste. Une frontière parfois complexe à déceler tant les outils utilisés sont les mêmes. Cependant, la finalité est loin d’être identique. Le premier a pour objectif de faire passer un message, le second d’exposer des faits objectifs.

À la fin de l’intervention, les adolescents repartent avec un livret. Une synthèse qui récapitule les éléments à retenir, le travail de fact-checking et les méthodes de travail des journalistes. Le guide «Déconne pas décode» finalise la sensibilisation et offre aux jeunes un outil concret et ludique, contenant les informations-clés. Il peut aussi servir aux parents pour comprendre les nouvelles pratiques numériques et mieux les appréhender.

À ce jour, ce dispositif innovant a déjà été proposé à plus de 2000 jeunes depuis son lancement. Dans le département, de nouvelles interventions sont prévues notamment en partenariat avec le Centre International de Photojournalisme. Une des missions du CIP est justement l’éducation à l’image. Un atelier pour les 8-12 ans est ouvert à la réservation. Renseignements et réservations auprès du CIP +33 (0)4 68 62 38 00.

♦ Une défiance vis-vis des médias

Alors que moins de la moitié des Français (46%) croient encore à ce qu’ils lisent dans les journaux, l’importance est de retisser le lien avec le lectorat. Faire preuve de pédagogie sur notre façon de travailler, être transparent et surtout nous garder de tout parti-pris. C’est aussi notre rôle de reconnaître nos erreurs et d’expliquer la diversité entre nos différents métiers. Un éditorialiste qui donne son avis, sa vision, n’a pas le même métier qu’un journaliste qui se rend sur le terrain et qui rapporte une information vue et vérifiée grâce à diverses sources.

Malgré cette défiance, les jeunes que nous avons rencontrés pensent que les journalistes servent encore à quelque chose. Même si parfois, ils nous prêtent des intentions de censure ou de partisans du pouvoir.

Pour notre rédaction, il semblait important de répondre à ces questionnements, de renouer le dialogue avec une jeunesse qui s’initie à la citoyenneté via le prisme des réseaux sociaux, d’où notre investissement dans cette action.

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