L’écosystème de Perpignan Métropole à travers le prisme de l’Agence de Développement Economique (ADE)

Rencontre avec Laurent Gauze, président de Pyrénées Méditerranée Invest (PMI) depuis 2014. Train de la French Tech, délégation PMI au CES de Las Vegas, My Digital City, zones d’activité économique, projet de téléphérique ou accueil du tournage de la série Game of Thrones, autant de points que nous avons pu aborder avec celui qui se définit comme “un aiguillon”, un “facilitateur de business” dans les Pyrénées-Orientales (PO). Laurent Gauze ne s’en cache pas : il “veut faire les choses à son idée ou pas du tout !”

Objectif : “donner une coloration plus moderne, plus connectée au territoire”

Parmi les actions que l’élu revendique, la venue à Perpignan de personnalités économiques de renom. Oussama Ammar fut peut-être la plus décriée car très critique à l’égard de l’écosystème public de soutien aux startup, incubateurs, pépinières et autres accélérateurs. L’entrepreneur et business angel associé de The Family, également surnommé “le gourou de la French Tech”, avait marqué les esprits en juillet 2016. L’année suivante, c’est Laurence Body, experte en marketing stratégique, qui avait fait le déplacement pour débattre du tourisme expérimentiel. Et le 8 octobre prochain, Laurent Queige, délégué général du premier incubateur touristique au monde Welcome City Lab, donnera une conférence à l’Hotel d’agglomeration.

Des rencontres que l’élu “est très fier d’avoir fait venir”. Car “ils apportent de la valeur ajoutée au territoire”. Et concède-t-il : “c’est compliqué d’avoir un dynamisme et des idées tous les matins”. 

Insuffler un “esprit de conquête, tout est possible quand on est d’ici !”

Laurent Gauze nous confie que “bien sûr la mer et la montagne c’est pas l’ADE qui les a fait”. Laurent Gauze de poursuivre sur la nécessité  “de mettre la vie [dans le territoire]. Il fallait mettre le collaboratif, les échanges, créer un groupe, un esprit de conquête”.

Depuis son arrivée à la tête de l’ADE, Laurent Gauze se félicite du travail accompli “par sa petite équipe de seulement trois personnes”, pour rendre l’image de Perpignan plus digitalfriendly. “Désormais, nous avons une visibilité que nous n’avions pas auparavant  Pourquoi c’est intéressant ? Parce que je pense que essentiel pour l’avenir, car cela montre aux entreprises du monde ancien ou du monde réel que la digitalisation et le numérique s’implantent partout. Nous avons voulu créer un écosystème digital”

Sans avoir l’air de “vouloir se justifier”, il revient sur l’idée de la délégation au CES de Las Végas, déplacement qui suscite de nombreuses polémiques depuis son lancement en 2017. Avec une délégation 2019 en cours de préparation pour peut-être l’un des derniers déplacements dans la ville des casinos organisé par l’agence selon son président. En effet, Laurent Gauze dit vouloir “qu’une association professionnelle” du département reprenne le flambeau des déplacements à Vegas. Une volonté “d’initier la machine avec de l’argent public” et “une fois que ça marche” donner la main aux acteurs, rappelant que l’initiative n’appartient à personne. “Ca appartient au département, aux entreprises du département et à tout ceux qui le veulent”. Ainsi l’élu confie vouloir transférer ce budget vers d’autres initiatives innovantes. Pour rappel, l’Agence économique avait investi sur le premier CES un budget de 25 000 euros. Tandis que les entreprises participantes avaient payé un forfait individuel à hauteur de 2 500 € par personne pour participer à l’ensemble de la mission sur le CES de Las Vegas et sur la Silicon Valley de San Francisco”.

Laurent Gauze se remémore l’émergence de l’idée de Vegas : “Le Mobil World Congress, le salon de Nice [Innovative City], c’était réalisable… Mais pour Vegas, le défi n’était pas de dire : on va rattraper Toulouse, Montpellier ou Narbonne. Mais : on se met au niveau des meilleurs du monde. Cela signifie que les entreprises qui font le déplacement se frottent à un écosystème mondial. Cette idée, beaucoup ne l’ont pas compris ici !”. 

L’élu en charge de l’économie fait le lien avec “une formation accélérée. C’est ce que l’on est allé chercher là-bas. Le pouvoir de se dire : voilà les clés de la réussite. Savoir que l’on peut tomber et savoir se relever”. Alors oui murmure-t-il “c’est compliqué à formaliser, mais on reconnait ceux qui ont fait Vegas des autres. Ils ont compris l’esprit”.

Le train de la French Tech, autre fierté pour Laurent Gauze, qui insiste-t-il “ne veut pas se mettre en avant personnellement, parce que l’égo nuit à l’intelligence, quand on en a…”. Au mois de juin, 20 startups, des institutionnels, 5 investisseurs et 18 partenaires embarquent au départ du Centre del Món, terminus Madrid. Six prix seront décernés aux entreprises les plus innovantes de l’édition 2018 lors de ce voyage.

Cette initiative tout comme My Digital City sont réalisées dans le cadre de la labellisation French Tech.o Une labellisation que Perpignan escompte obtenir dès 2018.

♦ Quid de l’économie réelle, Saint Charles, le pôle nautique de Canet, les zones d’activité ? “L’ADE ne fait pas que du digital, mais c’est à la mode et ça plait aux médias”

Le vice-president en charge de l’économie de la métropole Perpignan-Méditerranée, le rappelle : “il n’y a pas que le numérique. Car le défi, c’est de travailler encore plus et notamment sur la Zone du Mas Orline”. La première tranche de cette zone d’activité économique voisine du marché international de Saint-Charles est achevée et sera commercialisée dès le début 2019, dixit Laurent Gauze. “Mais il ne faut pas s’arrêter là, c’est une course contre la montre”. La zone, qui devrait recevoir en 2025 le second centre pénitentiaire du département, est aussi primordiale pour les entreprises du Marché Saint-Charles.

Pour Laurent Gauze, ” il est important d’aller plus vite et de lancer la phase 2 très rapidement. Le sujet était compliqué au départ. Alors qu’on nous disait que ça prendrait des années, on a su accélérer pour répondre aux besoins pressants d’expansion de Saint-Charles”. Car pour l’élu “Saint-Charles, c’est le coeur du département, un atout indéniable , comme le tourisme ou l’agriculture, mais le coeur a besoin d’être nourri d’oxygène. Et Saint-Chales c’est quoi ? Ce sont des terrains, et la possibilité de s’agrandir. Et en définitive, on ne peut pas répondre à quelqu’un qui a besoin d’oxygène : on t’en donnera dans trois ans”.

Comme le confirmait Cyril Gornes, directeur général des services de Saint-Charles International, en Janvier 2018 dans le journal l’Agri : “Il y a une grosse demande foncière”, entre les entreprises déjà présentes souhaitant s’agrandir, et les candidats à l’installation, Saint-Charles aurait besoin de pousser les murs. Le marché intra-muros s’étend sur 33 ha, la superficie totale de la zone sur 70 ha, plein comme un œuf…

Par ailleurs, la récente annonce de l’implantation prochaine de l’entreprise Eco-Cata accompagnée d’une centaine de création d’emploi est une source de satisfaction. “C’est aussi le rôle d’une agence et d’un élu, peut-être la partie la plus prenante et la plus difficile, la plus valorisante mais la moins visible, la moins communicative. Pourquoi ? Parce que je ne vais pas parler au nom de Catana [revoir notre reportage] ou d’Eco Cata ou des autres dossiers qui vont s’installer. Cela concerne leur stratégie et je ne peux m’en mêler. Mais nous jouons ici un rôle de facilitateur”.

♦ Les marcheurs blancs bientôt sur Perpignan ?

Nous avons questionné Laurent Gauze sur les sujets d’amélioration. “Avec HBO, on a gardé des liens toute l’année, on a envoyé pas mal de trucs. Maintenant, il faudrait que nous ayons une démarche plus proactive”. Laurent Gauze, confie “ne pas l’avoir fait et mettre cela sur les manques de l’année, certainement par manque de temps”. Il se félicite néanmoins des retombées du buzz fait autour de l’annonce d’une éventuel tournage de la série à succès dans les Pyrénées-Orientales. “André Téchiné est venu tourner dans le département, peut-être serait-il venu sans cela, mais ça a interpellé !” Une opération de communication et de marketing territorial qui aura eu une portée nationale durant l’été 2017.

♦ Téléphérique ou pas téléphérique ?

Nous sommes revenus avec celui qui avait lancé l’idée “un peu folle” selon certains de faire passer un téléphérique au-dessus de la tête des perpignanais. Un projet à l’origine qui devrait être prêt pour 2021.

Où en sommes-nous en 2018 ? “Il y a toujours une volonté de le faire je pense. Nous avons refait une réunion sur le sujet en juin avec les opérateurs de Toulouse. Nous en sommes à une redéfinition du cahier des charges, mais c’est un dossier qui a été repris par Daniel Mach, en charge des mobilités. L’idée est de créer une colonne vertébrale” du Nord au Sud de Perpignan en passant par le centre. Daniel Mach, nous a confirmé que le projet était toujours “en cours d’étude”.

Laurent Gauze évoque un nouvel acteur économique du département qui a vu circuler l’information sur le téléphérique. “Je pense qu’il aurait acheté sans cela. Mais dans un monde concurrentiel, plus on a de petits atouts, de petits avantages, de petites cartes, de petites couleurs intéressantes, moins on est noyé dans l’information. Quand on voit une info un peu disruptive, un peu originale, qui sort du lot…” De là à interpréter qu’il s’agissait aussi d’une campagne de communication à moindre frais, il n’y a qu’un pas.

♦ Prochains temps forts à retenir 

  • Le 8 octobre : Conférence Laurent Queige de Welcome Cie Lab
  • Du 8 au 12 octobre : Semaine de l’accélération avec WeSprint, accélérateur d’entreprises
  • Le 17 et 18 octobre 2018 : My Digital City au Parc des Expositions de Perpignan
  • Du 5 au 8 novembre 2018 : WebSummit à Lisbonne. Une délégation de PMI se rendra à cette conférence qui se tient tous les ans depuis 2009
  • Du 7 au 11 janvier : départ de la 3ème délégation de l’ADE au CES 2019
  • Du 25 au 28 février 2019 : opération de prospection au Mobile Word Congress de Barcelone
  • Du 16 au 18 mai 2019 : présence de l’ADE au salon parisien de Viva Technology
  • Retour du train de la French Tech en juin 2019

Une pensée sur “L’écosystème de Perpignan Métropole à travers le prisme de l’Agence de Développement Economique (ADE)

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