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Les élus de la communauté urbaine retirent la vice-présidence à Alain Ferrand

Les élus de la communauté urbaine retirent la vice-présidence à Alain Ferrand

La majorité des 87 conseillers communautés de Perpignan Méditerranée Métropole a décidé de voter « contre ». Contre le maintien d’Alain Ferrand dans ses fonctions de premier vice-président de la communauté urbaine. Malgré un débat nourri sur le principe de la présomption d’innocence, le maire de Barcarès, mis en examen et sous le coup d’un contrôle judiciaire strict, a été démis de ses fonctions à 51 voix contre 25. Neuf élus ont voté blanc et 2 se sont abstenus.

♦ Un vote vécu comme un « règlement de compte » par Alain Ferrand

Lors du précédent conseil communautaire, Robert Vila, Président de PMM, avait, par décret, retiré les délégations économie et tourisme à Alain Ferrand. Ce dernier avait été écroué pour non-respect de son contrôle judiciaire. Depuis libéré depuis après son appel de cette décision, Alain Ferrand était présent au conseil pour défendre sa cause. Avant d’en arriver au vote, Robert Vila avait demandé à Alain Ferrand de démissionner ; le maire du Barcarès aura donc préféré utiliser l’assemblée des élus comme un avant-goût de tribunal.

« On vous propose de voter pour ou contre ma destitution sur la base d’une enquête non aboutie et d’une mise en examen. (…). Mise en examen ne veut pas dire coupable ! ». Alain Ferrand a rappelé les faits qui lui sont reprochés, tout en précisant qu’il ne se trouvait pas « devant un tribunal ». S’adressant aux conseillers communautaires qui allaient voter :  « Je pense ne pas avoir trahi votre confiance. J’ai fait le choix de me tenir devant vous pour resolliciter votre confiance. Je vous laisse à votre conscience et je ne doute pas que vous voterez en élus responsables et respectueux du droit ».

Alain Ferrand s’est ensuite adressé à Robert Vila. « Robert, j’ai vraiment le sentiment de ne pas mériter un tel acharnement, une telle décision. (…) Je pense que cette démarche, qui t’appartient, est édictée par un sentiment de vengeance et de règlement de compte. Pour me faire payer le crime de lèse-majesté que j’ai eu quand j’ai osé me présenter contre toi. Je n’y vois pas une autre motivation ». Pour rappel, en juillet 2020, lors de l’élection du President de la Communauté urbaine, les 88 élus avaient le choix entre 3 maires, Robert Vila (Saint-Estève), Louis Aliot (Perpignan), et Alain Ferrand (Le Barcarès). À l’issue du premier tour de scrutin, et de longues tractations en coulisses, ce dernier avait finalement décidé de ne pas participer au second tour ; permettant l’élection de Robert Vila.

♦ La présomption d’innocence en débat

Après les propos liminaires du maire du Barcarès, de nombreux élus ont pris la parole pour rappeler le principe de la présomption d’innocence. Jean-Marc Pujol, ancien maire de Perpignan et ancien président de PMM, Nicolas Barthe, maire de Toulouges ou Jacqueline Irlés, maire de Villeneuve-de-la-Raho ont livré un long plaidoyer rappelant les nombreuses personnalités restées en poste malgré leur mise en examen ; Le Ministre de la justice Éric Dupond-Moretti, le président de l’assemblée nationale

Richard Ferrand, ou encore le maire de Pau François Bayrou. Depuis 2019, ce dernier est mis en examen pour complicité de détournement de fonds publics dans l’affaire dite des attachés parlementaires européens. Le maire de Perpignan, Louis Aliot, est lui aussi mis en examen dans cette même affaire. Toutefois, les élus de PMM ont pris grand soin de ne pas citer son nom. Lui-même a fait le choix de ne pas s’exprimer durant les débats de ce lundi 28 février.

♦ Alain Ferrand évoque « les idées noires » et regrette l’absence « humanité »

Le Maire du Barcarès s’est tenu seul face à ses collègues dans un moment qui se voulait poignant. Un discours qu’il avait déjà tenu lors de la réunion des maires. Il a évoqué son passage en prison. « J’ai souffert profondément. Quand on vous enferme de façon arbitraire, et que vous vous retrouvez seul en quartier d’isolement, un rien peut vous faire basculer. Un rien peut vous amener à avoir les idées les plus noires, ou faire des actes irréversibles. (…) Le 2 février, j’ai reçu une lettre recommandée, et j’ai signé l’accusé de réception.  (NDLR, le courrier adressé par PMM l’informait du retrait de ses délégations). Cette lettre, mon cher Robert, tu m’aurais envoyé une corde pour me pendre que ça ne m’aurait pas fait plus de mal. Et  j’ai cherché une carte, un mot, « courage, amitiés », mais non, rien du tout. Même pas un mot d’humanité. Et c’est ça qui m’a fait le plus de mal« .

À l’issue des débats et avant le vote, Robert Vila a repris la parole. « On se connaît depuis longtemps, on a partagé souvent les mêmes objectifs, il n’y a que dans la pratique que nous différons dans nos positons. Tu as été mis en examen, il y a bien longtemps, je n’ai jamais réagi et j’ai toujours fait valoir la présomption d’innocence. Mais aujourd’hui, et depuis ton incarcération, car je rappelle mon cher Alain, que ce n’est pas de notre faute si tu n’as pas respecté le contrôle judiciaire. C’est de ton propre fait. Quand tu t’es retrouvé empêché, tout naturellement, je t’ai retiré tes délégations (…) personne n’a rien dit. Le lendemain, tout le monde m’a dit que c’était la bonne décision à prendre. Aujourd’hui, on est en train de respecter la loi. La loi m’impose de vous demander si nous devons maintenir Alain Ferrand comme premier vice-président ou pas ».

Robert Vila a aussi repris à son compte les propos de Pierre Parrat (élu de Perpignan). « Si j’en juge par tout ce que j’ai pu entendre, dans les médias, dans les rues, ce que pensent les gens et sur l’idée qu’ils se font de leurs élus, le regard qu’ils posent sur leur Communauté Urbaine, cette affaire a manifestement troublé l’ordre public ». Robert Vila de renchérir, « ce que je regrette, c’est tout notre travail, toute notre énergie à faire fonctionner ce territoire qui sera demain balayé d’un coup de main par cette affaire. (…) Alors pour retrouver notre sérénité. Aujourd’hui, je demande qu’Alain Ferrand ne soit plus vice-président, non par vengeance, mais pour le bon fonctionnement de l’institution« .

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