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Municipales dans les Pyrénées-Orientales : les dossiers chauds du premier tour

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Article mis à jour le 12 mars 2026 à 10:52

Les élections municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2026. A quelques jours du premier tour du scrutin, Made in Perpignan vous propose une sélection des principaux enjeux à suivre. Décryptage.

Il n’y aura pas de second tour dans une large majorité de communes

Dans 111 des 226 communes des Pyrénées-Orientales, une seule liste est candidate. Cela représente 49,1 % des communes. Ensuite, dans 84 autres, la configuration offre un duel à deux listes. Parmi les villes concernées on retrouve Céret, Canet-en-Roussillon, Amélie-les-Bains, ou encore Port-Vendres. Au total donc, dans 195 des 226 communes du département, il n’y aura pas de second tour. Le ou la maire et la composition du conseil municipal seront connus dès le soir du 15 mars dans 86% des communes du département ! Dans les autres, toutes les listes qui obtiendront plus de 10 % des suffrages exprimés seront admises au second tour. Par ailleurs, ces listes peuvent fusionner avec les listes éliminées ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés au premier tour.

Perpignan : Louis Aliot peut-il l’emporter dès le premier tour ?

A Perpignan, six listes s’affrontent. Celle du maire RN sortant, Continuons ensemble avec Louis Aliot ; celle de la droite et du centre, Soyons fiers de Perpignan, portée par Bruno Nougayrède ; Plus forts pour Perpignan d’Agnès Langevine ; Perpignan Autrement de Mathias Blanc ; Changez d’air avec Mickaël Idrac ; et enfin la liste Lutte Ouvrière – Le camp des travailleurs, de Pascale Advenard. Louis Aliot est annoncé loin devant au premier tour. Au point d’être élu sans même passer par une seconde manche ? Pour rappel, seules les listes qui obtiennent plus de 10% des suffrages exprimés accèdent au second tour.

L’extrême droite peut-elle progresser ailleurs qu’à Perpignan ?

Le résultat des élections municipales sera très observé à Perpignan, principale place forte du RN et seule ville du pays de plus de 100 000 habitants conquise par le parti jusqu’à présent. Mais d’autres communes voient aussi le RN se tenir en embuscade en 2026. Plusieurs villes – comme Thuir, Cabestany, Alénya, Bompas, Canohès, Rivesaltes, Saint-Hippolyte, Espira-de-l’Agly, Le Barcarès ou Le Soler – ont vu émerger ou se structurer des listes proches du RN ou issues de l’extrême droite. D’où cette question : le RN parviendra-t-il à conquérir des communes ou bien sera-t-il cantonné à un rôle dans l’opposition ?

Y aura-t-il encore des maires communistes dans les Pyrénées-Orientales ? 

Dans plusieurs communes du département où le Parti Communiste a longtemps détenu des mairies, le scrutin de mars 2026 s’annonce particulièrement disputé. Trois bastions communistes historiques sont aujourd’hui sous forte pression. Face aux sortants, des listes portées par la droite ou l’extrême droite. À Cabestany, ville communiste depuis 1977, la maire sortante Édith Pugnet doit défendre son bilan face à une droite divisée. À Alénya, le maire PCF Jean-André Magdalou affronte un candidat investi par le RN et l’UDR. Tandis qu’à Elne, le maire communiste sortant Nicolas Garcia a annoncé qu’il passait la main. C’est donc André Trives, qui n’est pas communiste, qui portera la liste sur laquelle Nicolas Garcia sera numéro trois. Dans ce contexte, la survie de l’ancrage municipal historique du PCF dans les Pyrénées-Orientales est loin d’être acquise.

La sécurité au cœur des préoccupations

Martelée par de nombreux candidats, la thématique de la sécurité (et du sentiment d’insécurité) s’est imposée comme l’un des thèmes forts de ces élections municipales. Avec en toile de fond, la montée en puissance des polices municipales (PM) dans le département. Depuis 2020, date du dernier scrutin municipal, les PM se sont déjà fortement renforcées. L’armement a été étoffé et la plupart des agents sont désormais équipés d’armes létales ; les effectifs ont connu une augmentation sans précédent ; et les actions de la PM se sont largement élargies. Certains y voient une réponse à l’insécurité ressentie, d’autres une dérive vers une sécurité municipale « à la carte » selon les orientations politiques de la mairie. Reste à savoir comment ces débats vont, concrètement, influer sur les votes.

L’adaptation au dérèglement climatique, un défi scruté par plus de la moitié des électeurs

Parfois discrète dans les programmes, parfois brandie comme un étendard, l’écologie est un enjeu clé des élections municipales qui auront lieu les 15 et 22 mars. Selon un sondage de l’Ifop pour le réseau Action climat et le Secours catholique Caritas, plus de la moitié des Français et Françaises sont hostiles à un candidat qui remet en cause la politique de transition écologique. Qu’en est-il dans les Pyrénées-Orientales, un département en proie à la sécheresse, aux pics de chaleur et aux inondations ? Made in Perpignan a posé la question à un chercheur en aménagement de l’espace et en urbanisme à l’université de Perpignan. En parallèle se pose la question de l’évolution concrète de nos habitats. Quid des lotissements et de l’étalement urbain ? Comment rendre la politique de zéro artificialisation nette des sols acceptable par la population ? Un géographe de l’UPVD répond ici. Des acteurs comme le Shift Project ou Oxfam donnent également des clés et des outils aux candidats pour s’approprier concrètement la transition écologique et mettre en oeuvre des politiques résilientes à l’échelle de leur commune.

Le portrait-robot des maires sera-t-il (un peu) rajeuni et féminisé ? 

Selon une étude de l’Insee, le maire type des Pyrénées-Orientales reste un homme de plus de 70 ans. Un profil plus âgé et moins féminisé que la moyenne régionale et nationale. Le département ne compte en effet que 13% de femmes maires. A titre de comparaison, l’Ariège compte 26% d’édiles féminines, devant les Hautes-Pyrénées (25%) et le Lot (24%). Dans les Pyrénées-Orientales, le pouvoir municipal reste un bastion masculin. Plus qu’ailleurs. Aucune femme ne préside l’une des 13 intercommunalités locales. Les municipales de mars 2026 seront donc aussi un test de renouvellement générationnel et de féminisation du pouvoir local dans un territoire marqué par une forte stabilité des exécutifs. Dans le département, les maires sortants ont en effet 84% de chances d’être réélus, comme le montrent dans leur ouvrage Perpignan, déclassement et droitisation, les chercheurs Nicolas Lebourg, Dominique Sistach et David Giband.

 

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Sébastien Leurquin