Article mis à jour le 7 mars 2026 à 08:42
J-9 avant le premier tour des élections municipales à Perpignan, Agnès Langevine et sa liste « Plus forts pour Perpignan » ont reçu plusieurs soutiens de poids. La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, le député et président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud et l’eurodéputé, co-président de Place Publique Raphaël Glucksmann étaient à Perpignan ce 6 mars 2026.
Agnès Langevine et ses colistiers veulent « réparer » une ville « abîmée » par l’extrême droite
Face à la salle, les personnalités politiques se sont succédées. Parmi les thèmes déclinés, le bilan de Louis Aliot, maire sortant. Boris Vallaud dresse le portrait d’une ville marquée par de profondes inégalités sociales. « Trois des cinq quartiers les plus pauvres de France sont à Perpignan », « un tiers des habitants vivent sous le seuil de pauvreté » et « le taux de chômage est deux fois supérieur à la moyenne nationale ».

Quant à la présidente de la région Occitanie Carole Delga, elle, dénonce une ville « isolée », et une politique « clientéliste ». « Aujourd’hui, vous avez un roitelet entouré de serviteurs zélés qui distribuent les subventions en fonction du copinage et de la dévotion au locataire de la loge ! » Dans son discours, Agnès Langevine est revenue sur le « racisme décomplexé, les discriminations et la division » qui ont explosé depuis six ans.
Au-delà de la critique du bilan municipal, la candidate a également esquissé les priorités de son programme. Agnès Langevine promet notamment de « réparer » les services publics locaux, relancer la politique culturelle et associative et lutter contre les inégalités sociales qui frappent la ville.
La liste « Plus forts ensemble » est l’union de la « droite modérée » à la « gauche raisonnable »
Annabelle Brunet, 3e sur la liste d’Agnès Langevine, précise que l’équipe qui se présente au suffrage des Perpignanais et des Perpignanaises est issue d’un accord politique officialisé fin 2025. De son côté, la tête de liste confirme qu’il s’agit d’une union « atypique » nécessaire pour sortir Perpignan de « l’ornière dans laquelle le maire sortant l’a plongée ». Pour Boris Vallaud, si cette campagne peut « décontenancer », la liste « unit des gens qui n’ont peut-être pas été d’accord sur tout, mais qui ont l’essentiel en commun, des républicains exigeants et des démocrates authentiques. »

Pour rappel, parmi les colistiers d’Agnès Langevine soutenue, entre autres, par Place Publique et le Parti socialiste, figurent trois anciens élus, dont Annabelle Brunet, de l’équipe de l’ancien maire Les Républicains, ainsi qu’une ancienne députée macroniste. « Cette union est nécessaire car la division laisse le champ libre à l’extrême droite. Pour la première fois, les forces progressistes et démocrates ont choisi l’union dès le premier tour », précise Frédéric Monteil, cadre socialiste et 2e sur la liste.
Parmi les personnalités apportant leur soutien à « Plus forts ensemble », Charles de Courson, député centriste de la Marne, a enregistré une vidéo. Glòria Freixa i Vilardell, venue de Catalogne du Sud, l’élue du parti indépendantiste Junts, a décliné les vertus de la catalanité, mise à mal depuis six ans.
« Louis Aliot c’est un peu votre Rachida Dati d’ici ! »
C’est ainsi que Boris Vallaud est revenu sur le risque que la Cour d’appel de Paris confirme la peine d’inéligibilité prononcée en première instance dans le cadre du dossier des assistants parlementaires du FN. Le député socialiste fait le lien entre Louis Aliot, qui, dès le mois de juillet prochain pourrait devoir rendre son écharpe de maire en cas de réélection et la candidate de droite à la mairie de Paris, également poursuivie par la justice. De son côté, Raphaël Glucksmann s’interroge : « qui sera la maire fantôme qui remplacera Louis Aliot ? ». Pour l’eurodéputé, la simple candidature de Louis Aliot représente « un mépris » pour la ville et les électeurs.
Durant ce temps fort de la campagne, Agnès Langevine et ses soutiens n’ont pas lésiné sur les critiques à l’égard du maire sortant. Cette stratégie permettra-t-elle « la gagne » comme le scandent « Plus forts pour Perpignan » ? Fin du suspens les dimanches 15 et 22 mars prochains.
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