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Projections Covid-19 | Quels secteurs d’activité ont encore un avenir en Occitanie ?

07/05/2020, Argelès-sur-Mer, France, Commerces en attente de déconfinement © Arnaud Le Vu / MiP

Article mis à jour le 28 août 2022 à 23:15

Avec ses 5.892.800 habitants, l’Occitanie est la 5e région la plus peuplée de France. Elle est composée de 13 départements incluant 2 métropoles ; Montpellier et Toulouse rassemblant à elles seules plus de 1.260.000 habitants. Alors quels sont les secteurs d’activité les plus représentés et les projections pour fin 2020 ?

♦ L’Occitanie : championne du commerce.

À elle seule, la région représente 7,3% du PIB français. Parmi les entreprises inscrites au registre du commerce et des sociétés au 1er janvier 2020, celles qui arrivent en tête font partie du secteur commercial et de la réparation d’automobiles et de motocycles. Elles sont au nombre de 85.566, soit 27,7% de la totalité des entreprises. Viennent ensuite les établissements proposant des activités scientifiques et techniques ainsi que les services administratifs et de soutien ; 46.455 soit 15% des sociétés de la région. Sur la 3e marche du podium, le secteur de l’hébergement et de la restauration qui rassemble 33.077 établissements.

Ces 2 premiers secteurs sont ceux qui emploient le plus de salariés ; 236.734 salariés travaillent dans le secteur d’activité du commerce, le premier secteur d’emploi de la région Occitanie avec 22,8% de l’effectif salarié total. Les activités scientifiques et techniques ainsi que les services administratifs et de soutien emploient 156.426 personnes.

Bien que 3e en ce qui concerne le nombre d’entreprises, le secteur de l’hébergement et de la restauration n’arrive qu’en 5e position concernant les effectifs de salariés avec 79.799 employés (7,7%) ; derrière le secteur de la construction (102.925 salariés soit 9,9% de l’effectif total) et celui des transports et de l’entreposage (80.099 salariés soit 7,7% de l’effectif total).

Si le classement s’opère cette fois-ci par domaine professionnel, les entreprises des services reviennent dans la course. Dans le bas du classement, le secteur de l’agriculture, la sylviculture et la pêche ne comporte que 5.402 établissements pour 3.303 salariés.

Mais, au fait, qu’est-ce qu’un domaine professionnel ? « Chaque domaine rassemble un ensemble de métiers aux compétences proches. L’approche par domaine professionnel se distingue de l’approche par secteur d’activité : elle permet de mettre en évidence les opportunités d’emploi pour un ensemble de métiers, quels que soient les secteurs dans lesquels ils s’exercent. »

♦ Certains secteurs ont peu d’entreprises… mais un nombre conséquent de salariés.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le nombre de salariés dans un secteur d’activité n’est pas proportionnel au nombre d’entreprises. Certains secteurs ne comptent que très peu d’entreprises.

C’est le cas du domaine de la fabrication ; où 333 entreprises sont spécialisées dans la fabrication de matériels de transport, soit 0,1% du total des établissements. Pourtant, 43.958 salariés exercent dans ce secteur ; soit 4,2% de l’effectif total des salariés.

En comparaison, presque autant de salariés (46.542) travaillent dans l’une des 8.639 entreprises spécialisées dans le domaine de l’information et de communication. Autre exemple, l’Occitanie compte 76.782 salariés pour 9.624 entreprises liées à la fabrication d’autres produits industriels ; tout comme le secteur de l’hébergement et de la restauration (79.799 salariés), mais pour beaucoup plus d’entreprises (33.077).

♦ 61,1% des établissements d’Occitanie n’emploient aucun salarié.

Le nombre d’entreprises diminue avec l’augmentation du nombre de salariés qui y travaillent. Les grosses entreprises, avec plus de 250 salariés, ne sont que 323 dans la région. 18,1% de l’effectif total des salariés, soit 187.714 personnes, travaillent dans une entreprise de plus de 250 salariés ; soit 0,1% du nombre total des établissements. En parallèle, 87.102 entreprises – 28,2% du total des établissements – embauchent 185.817 salariés ; soit 17,9% du nombre total de salariés.

Malgré leur nombre relativement peu important (2.622), ce sont les entreprises de 50 à 249 salariés qui emploient le plus de monde ; avec 246.052 personnes.

♦ Quelles perspectives pour fin 2020 après une année 2019 à la hausse ?

En 2019, 75.565 entreprises (y compris les micro-entreprises) ont vu le jour en Occitanie. C’est une augmentation de 20% par rapport à l’année précédente ; bien plus que la moyenne nationale qui s’élève à 17,9%. Ce résultat s’explique en partie par les micro-entreprises qui représentent 44% de ces créations.

Cependant, sur les cinq dernières années, le nombre de nouvelles entreprises n’a augmenté que de 39,4% en Occitanie contre 48% au niveau national. C’est dans l’Hérault et en Haute-Garonne que le nombre d’entreprises a connu un véritable boom en 2019 ; avec respectivement 18.605 et 21.818 nouvelles créations.

Selon l’INSEE (note de conjoncture d’octobre 2020), les enquêtes sont teintées d’inquiétude, en particulier dans les services. « En septembre, la poursuite de l’amélioration du climat des affaires en France tient surtout, dans la plupart des secteurs, à l’amélioration du jugement sur la production passée ; tandis que les perspectives d’activité pour les trois prochains mois sont en retrait ». […] En particulier, dans les services, le solde d’opinion relatif à l’activité future n’a pas encore retrouvé sa moyenne de longue période, alors que c’est le cas dans l’industrie.« 

♦ Selon l’INSEE, « les prévisions pour la fin de l’année deviennent plus incertaines ».

« Comme depuis le début de la crise sanitaire, c’est l’évolution de l’épidémie qui devrait en grande partie conditionner celle de l’activité économique des tous prochains mois. Le ciblage plus fin des mesures d’endiguement devrait toutefois amoindrir leur impact économique ; notamment par rapport au confinement général du printemps dernier. »

L’INSEE s’attend donc à un risque de pause, voire de rechute. « Après le vif rebond associé au déconfinement (+16 % prévu au troisième trimestre, après –13,8 % au deuxième et –5,9 % au premier), l’activité économique pourrait ainsi marquer le pas en fin d’année sous l’effet de la résurgence de l’épidémie. Dans un scénario où, au quatrième trimestre, les services les plus affectés (hôtellerie-restauration, services de transport, activités récréatives et de loisirs) reviendraient, après une embellie durant l’été, à leur niveau d’activité de juin dernier. »

Difficile pour l’institut de se prononcer, d’autant que se dessine une hétérogénéité sectorielle ; doublée d’une hétérogénéité territoriale. « L’impact de la crise dépend étroitement du degré d’exposition de chaque secteur d’activité aux mesures d’endiguement sanitaire. Par exemple, dans l’industrie, le secteur aéronautique a grandement contribué à la chute des exportations de biens manufacturés. Mais les services sont globalement plus affectés que l’industrie ; en particulier, l’hébergement-restauration, les transports de voyageurs et les activités culturelles […] apparaissent pénalisés de manière potentiellement durable et devraient concentrer au second semestre l’essentiel des pertes d’emplois. »

♦ Emploi et chômage – L’INSEE se risque à dresser un premier bilan prévisionnel

Au second semestre, deux effets opposés influeront sur l’emploi salarié. D’une part la baisse d’activité et des effectifs dans les secteurs durablement affectés par la crise sanitaire (services de transport, hébergement-restauration, services culturels et de loisirs) ; d’autre part le rebond modéré dans certains secteurs (industrie hors matériels de transport, construction, commerce, services aux entreprises et services non marchands).

« Au second semestre, l’emploi salarié évoluerait en deux temps : il augmenterait au troisième trimestre puis diminuerait à nouveau au quatrième. » INSEE

Au troisième trimestre, le rebond serait notamment le fait de l’emploi intérimaire. « Les données mensuelles montrent que la hausse de l’emploi intérimaire, entamée dès le mois de mai, s’est poursuivie à un rythme soutenu en juillet et en août (environ +10 % par mois). La reprise des embauches en contrat à durée déterminée aurait également contribué au rebond de l’emploi, notamment dans l’industrie, l’hébergement-restauration et la construction. L’emploi public augmenterait également, avec la reprise des embauches de contractuels et de vacataires qui avaient été en partie suspendues au printemps. »

Au quatrième trimestre, l’emploi salarié diminuerait à nouveau ; principalement dans les secteurs affectés durablement par la crise. « C’est le cas particulièrement dans les transports, l’hébergement-restauration et les services aux ménages. Les entreprises de ces secteurs, du fait de perspectives d’activité dégradées et/ou de leurs contraintes financières, seraient moins en mesure de maintenir le niveau d’emploi qu’elles avaient préservé jusqu’à l’automne. »

« Le taux de chômage atteindrait 9,7 % à la fin de l’année. » INSEE

♦ Quelle situation chez nos voisins espagnols ?

En Espagne, la reprise de la production a été soutenue après la période de confinement. « L’indice de production manufacturière y a suivi un rythme semblable à celui observé en France. Après la chute survenue en avril (–38 % par rapport au niveau d’avril 2019), la production manufacturière espagnole a nettement rebondi ; restant néanmoins inférieure de 10 % en juillet à son niveau de 2019. »

Du côté de la demande, la reprise entamée en mai et juin semble s’être tassée en juillet. Après une forte progression en mai et juin, les ventes des commerces de détail ont nettement ralenti en juillet ; même si leur niveau n’était que légèrement inférieur à celui de 2019 (–3,5 %). Par rapport à la France où les ventes au détail ont au contraire poursuivi leur forte progression en juillet, le moindre dynamisme espagnol pourrait s’expliquer par une plus forte dépendance de l’Espagne au tourisme étranger ; celui-ci ayant été fortement réduit du fait de la situation sanitaire.

En outre, les indicateurs haute fréquence pourraient confirmer l’idée d’une reprise à petite allure. Seule la fréquentation des transports publics est revenue à un niveau comparable à celui d’avant-crise. La fréquentation des transports publics – telle que mesurée par Apple Maps Mobility – a retrouvé début septembre son niveau de janvier 2020 ; légèrement avant l’Italie, mais bien après la France et l’Allemagne. Néanmoins, depuis la mi-septembre, la fréquentation est en baisse. La dégradation de la situation sanitaire et la mise en place de mesures restrictives, notamment dans la région de Madrid, peuvent expliquer ce mouvement récent.

D’un point de vue plus global, la résurgence de l’épidémie aura fort probablement des répercussions sur l’activité du pays ; qui pourrait se dégrader au quatrième trimestre.

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