Santé mentale et discriminations

La journée régionale santé mentale s’est tenue le 3 mars dernier à Toulouse. Chaque année, les Semaines d’information sur la santé mentale ont pour but de sensibiliser l’opinion publique ; et de déstigmatiser les personnes souffrant de troubles psychiatriques. Ayant pour thème « Santé mentale et discriminations », l’édition 2020 se tiendra du 16 au 29 mars.

♦ Conditions de vie, inclusion sociale et citoyenneté

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit la santé mentale comme un état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté. Les maladies mentales prennent une place importante au sein de la santé publique ; elles se classent au 3e rang des maladies en termes de prévalence et sont responsables du quart des invalidités. En médecine générale, elles se situent au 2e rang des diagnostics, juste derrière les maladies cardio-vasculaires.

Agnès Buzyn, ancienne ministre des Solidarités et de la Santé, avait présenté en juin 2018 une feuille de route concernant la santé mentale et la psychiatrie. Celle-ci constitue un plan d’ensemble pour changer le regard, souvent péjoratif, porté sur les maladies mentales, les troubles psychiques et les personnes qui sont touchées. Pour cela, plusieurs objectifs sont mis en avant. Ils concernent l’amélioration des conditions de vie, l’inclusion sociale et la citoyenneté des personnes vivant avec un trouble psychique. Des mesures facilitant un meilleur accès aux soins et aux accompagnements sont également envisagées.

♦ Quelques chiffres clés en France

En 2018, la psychiatrie représentait :

  • 2,5 millions de personnes prises en charge en établissement de santé ;
  • 564 établissements de santé autorisés en psychiatrie ;
  • 21,3 millions d’actes en ambulatoires.

Une personne sur 5 risque de connaître un trouble psychique au cours de sa vie. Il pourra être lié à une dépression, une anxiété, une addiction, un trouble alimentaire, schizophrénique ou bipolaire. 

On estime que 15% des 10-20 ans ont besoin de suivi ou de soins. Enfin, 7,5% des Français âgés de 15 à 85 ans ont souffert de dépression au cours des 12 derniers mois.

♦ La santé mentale, une question largement abordée en Occitanie

Avec ces 5,9 millions d’habitants et une population qui ne cesse d’augmenter, en particulier dans les grandes agglomérations comme Montpellier ou Toulouse, la région doit se préparer pour prendre en charge correctement les patients atteints de maladies mentales. Par rapport à la moyenne nationale, l’offre de psychiatrie en hospitalisation temps plein est supérieure en Occitanie. La densité de lits et places en psychiatrie générale est de 131,2 pour 100.000 habitants contre 103,2 en France.

Toutefois, les départements ne sont pas sur un pied d’égalité : ce chiffre passe de 167 dans les Hautes-Pyrénées à seulement 69 en Ariège. Cette offre s’explique par l’importance du secteur privé, très présent en Occitanie. 60,7% des lits d’hospitalisation complète font partie du secteur privé lucratif. Ce chiffre n’est que de 36,3% dans la France entière. Il grimpe à 75,3% en Haute-Garonne.  

Dans la région, le nombre de psychiatres est de 22,4 pour 100.000 habitants (23 pour la France). Cependant, la répartition de ces professionnels de santé est très inégale sur le territoire ; ils sont principalement regroupés dans les zones urbaines. Quant au nombre de psychologues, l’Occitanie affiche une moyenne de 38,8 professionnels pour 100.000 habitants, ce qui est supérieur à la moyenne nationale de 29,9.

♦ Vers une prise en charge globale et décloisonnée en Occitanie ?

L’ARS Occitanie a affirmé sa volonté de promouvoir la prise en charge globale et décloisonnée des patients atteints de troubles psychiques dans une dynamique « parcours » : parcours de vie, de santé et de soins. Pour cela, une feuille de route régionale existe ; s’articulant autour de 3 grands axes prioritaires :

  • promouvoir le bien-être mental, prévenir et repérer précocement la souffrance psychique et prévenir le suicide ;
  • garantir des parcours de soins coordonnés et soutenus par une offre en psychiatrie accessible, diversifiée et de qualité ;
  • réduire le recours aux soins sans consentement, à l’isolement et à la contention.

En 2018, l’Occitanie comptait 210.000 personnes atteintes de troubles psychiques. Pour les prendre en charge, il existe 59 structures de psychiatrie, publiques et privées. 13 projets territoriaux de santé mentale (PTSM) vont voir le jour. Ils permettront d’organiser les conditions d’accès de la population à la prévention, au repérage, au diagnostic et à l’intervention précoce sur les troubles psychiques.

Le PTSM des Pyrénées-Orientales a d’ores et déjà été transmis à l’ARS. Le développement de la télémédecine au service des personnes détenues va également se développer au cours des prochaines années. Elles bénéficieront d’un meilleur accès aux soins. Avec ces mesures, l’ARS Occitanie s’engage dans l’amélioration des conditions de vie, de l’inclusion sociale et de la citoyenneté des personnes vivant avec un trouble psychique, ainsi que l’amélioration de l’accès aux soins et aux accompagnements.

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