Article mis à jour le 4 avril 2025 à 17:27
Ce vendredi 4 avril 2025, le tribunal judiciaire a rendu sa décision dans l’affaire de diffamation opposant Louis Aliot, maire de Perpignan, au média d’investigation Blast. Une nouvelle déconvenue judiciaire pour l’élu RN, quelques jours seulement après sa condamnation à Paris pour détournement de fonds publics.
Blast informe : « Denis Robert, directeur de la rédaction, et Blast sont relaxés des poursuites engagées par l’édile d’extrême droite, au nom de son conseil municipal et de sa commune, contre notre enquête qui décrivait et documentait les pratiques et les dérives particulièrement choquantes de sa police municipale. »
Nouvelle déconvenue judiciaire pour Louis Aliot
Après sa condamnation le 31 mars dernier par le tribunal correctionnel de Paris, cette nouvelle décision vient ternir un peu plus la semaine du maire de Perpignan. Face au juge le 13 février, l’avocat de la municipalité avait qualifié l’article publié par Blast de « brûlot », destiné à « injurier et accuser sans preuve la police municipale ». Selon Me Harald Knoepffler, l’auteur n’aurait pas respecté les règles élémentaires de l’investigation journalistique : « Un journaliste digne de ce nom aurait dû contacter le chef de la police municipale ou Monsieur Aliot. Mais non ! » Après vérification, le journaliste avait bien pris attache auprès des services de la mairie. La Ville réclamait 5 000 euros de dommages et intérêts pour atteinte à son image, demande rejetée par le tribunal ce 4 avril.
De son côté, l’avocat de la défense, Me Khan, avait soutenu que l’article incriminé se montrait « particulièrement modéré », bien qu’illustré par une douzaine de vidéos. Des documents visuels qui, selon lui, démontrent « le comportement intolérable » de certains agents municipaux : violences, humiliations, menaces. « Autant de faits qui devraient susciter retenue et introspection de la part de l’exécutif municipal », avait-il plaidé.
À la fin de son plaidoyer, Maître Khan demandait à la Cour de condamner la mairie aux dépens, c’est-à-dire à régler une partie des honoraires d’avocats de la procédure.
Pour rappel, en mai 2023, Blast publiait une enquête accompagnée d’une vidéo – visionnée plus de 141 000 fois – intitulée : « Contrôles au faciès, interpellations violentes, menaces : À Perpignan, la sale besogne de la « milice municipale » de Louis Aliot ». L’article avait suscité une réponse immédiate du maire, qui avait déposé plainte pour diffamation et injure publique.
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