Article mis à jour le 21 octobre 2026 à 15:14
Après des consignes de fermeté pour les premiers interpellés, suite aux vandalismes du samedi 17 octobre, la préfecture a détaillé son nouveau dispositif de sécurité renforcée en vue d’une manifestation non déclarée à Perpignan le samedi 24 octobre 2026.
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« Il n’y a rien qui va pour cette journée du 17 octobre » entame le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe. Il revient sur cette journée où les forces de l’ordre se sont trouvées débordées face à des casseurs qui ont pillé six boutiques du centre-ville. Pour le préfet, il y a préméditation parmi les black blocs. Ce qui permet d’appliquer un régime dérogatoire en utilisant la notion de bande organisée. Comme le précise le procureur Jérôme Bourrier, des techniques d’enquête « spéciales » seront mises en œuvre et les gardes à vue pourront être prolongées.
« Des choses ont été orchestrées. Cela nous permet d’utiliser un régime procédural distinct. »
Sur 27 interpellations au cours de la manifestation du 17 octobre, neuf personnes sont mineures. Cinq des affaires ont été classées sans suite. Pour les autres la gravité des faits justifie, pour Jérôme Bourrier, le déferrement systématique des auteurs. Le ministère public a réclamé des mandats de dépôts aux fins d’incarcération immédiate, peu importent les antécédents judiciaires. Enfin d’autres meneurs pourraient être recherchés. « Ce n’est pas terminé, il y a d’autres personnes à identifier. » Au total, depuis le début des manifestations lycéennes, on compte 98 interpellations sur les Pyrénées-Orientales.
« Je ne suis pas la nounou des manifestants non déclarés »
Pendant que ce volet judiciaire se poursuit, la préparation à la journée du 24 se poursuit avec quatre arrêtés pris par la préfet. Comme ce dernier le rappelle, la manifestation n’a pas l’objet d’une déclaration en préfecture. Il décide donc de ne plus faire escorter le cortège par la police. « Je ne suis pas la nounou des manifestants non déclarées » assène-t-il.
« J’ai regretté qu’une part importante des effectifs de la police nationale a été consommée par l’encadrement d’un cortège non déclaré. »

Le préfet évoque une stratégie différente avec un effectif concentré exclusivement sur les casseurs et le rétablissement de l’ordre. « Avec une colonne de maintien de l’ordre agile, rapide et réactive. » L’effectif des forces de l’ordre sera doublé, pour atteindre environ 200 agents. Un effectif pris uniquement sur les forces locales, avec des fonctionnaires qui vont renoncer à des jours de repos pour se rendre disponibles. La partie gendarmerie sera appuyée par des forces du Peloton de Surveillance et d’Intervention (PSIG).
Pour les équipements, le préfet a validé l’emploi du LBD. « J’ai donné mon feu vert au directeur de la police nationale pour l’utilisation des lanceurs de balles de défense. » L’arme suscite des polémiques au regard des blessures causées et a fait l’objet de plusieurs demandes de retrait, dont une par le Défenseur des droits, nommé par le président de la République.
Un couvre-feu au centre-ville pour les mineurs, dès 19h30
Afin de limiter les débordements, le préfet a également pris des mesures vis à vis des manifestants. Du 22 au 25 octobre, les manifestations sont interdites dans l’hypercentre de Perpignan, de même que l’acquisition et le transport d’artifices ou de carburant. Un couvre feu pour les mineurs sera instauré sur cette même zone du samedi 24 à 19h30 au dimanche 25 à 6h du matin. « Cette mesure me paraît largement justifiée par ce qui s’est produit la semaine dernière » commente le préfet. De quoi compliquer les sorties vers l’extérieur du centre pour les jeunes, sachant que la journée coïncide avec l’ouverture de la foire Saint-Martin de Perpignan. S’agissant des commerces, le préfet répond aux quelques mouvements appelant à l’autodéfense.
« Il n’est pas nécessaire qu’ils se fassent justice eux-mêmes. L’objectif de ce dispositif vise à dire aux gens qu’ils peuvent faire confiance à l’Etat. »
Par ailleurs, l’ordre est donné d’interpeller rapidement non seulement les casseurs, mais aussi toute personne dissimulant son visage. « J’ai donné des consignes de très grande fermeté. (…) L’ordre républicain n’est pas négociable. » Il en joint aux manifestants pacifiques de s’éloigner des casseurs. Par ailleurs, Pierre Regnault de la Mothe assure chercher néanmoins un équilibre et ne pas oublier les revendications sociales des lycéens et étudiants. Il évoque à ce titre les annonces du gouvernement à venir sur le sujet, mais aussi son attention au niveau local. « J’ai reçu une délégation de lycéens et d’étudiants. L’échange a été fructueux. La Région a demandé aux proviseurs de faire remonter des listes de priorités pour engager des travaux bâtimentaires. »
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