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Rencontre avec Bastien Bouillon et Philippe Rebbot à Perpignan : « Le court-métrage se permet d’être une proposition franche de cinéma »

Courts circuit 66 offre deux rencontres d’acteurs aux Perpignanais. Philippe Rebbot et Bastien Bouillon, dont la carrière s’est construite en partie avec le court métrage, défendent un format qui porte le cinéma. Les 7 et 12 septembre, ils seront face au public au Castillet. Photos © Yohan Bonnet / Hans Lucas

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Deux cartes blanches. Deux visions du court-métrage qui se rejoignent. Ce lundi 7 septembre, Philippe Rebbot, acteur du court-métrage césarisé Mort d’un acteur, présente plusieurs films qui ont marqué sa carrière. Quelques jours plus tard, c’est Bastien Bouillon, acteur de Partir un jour, révélé dans La Nuit du 12, qui prendra la relève. Des rencontres organisées dans le cadre du festival de court-métrage Courts Circuit 66 qui parcourt la Catalogne depuis plusieurs semaines. Pour un avant-goût, les deux acteurs nous ont confié leur rapport au format court.

Ces 7 et 12 septembre, avec vos cartes blanches, qu’est-ce que vous viendrez défendre auprès du public à perpignan ?

Philippe Rebbot : Parmi la sélection, il y a Pitchoune. Le film a ça d’attendrissant, que c’était il y a longtemps, avec mon copain Reda Kateb, qui l’a réalisé. Ça racontait quelque chose de l’intimité de Reda. Je trouvais ça joli. Et puis il y a Mort d’un acteur, dans lequel je joue. C’est l’autre bout de la chaîne : un jeune gars qui se fout de ma gueule.

Bastien Bouillon : Pour ma part, je montre d’abord un film que j’ai réalisé, Moha, parce que c’est une bonne manière d’entamer la discussion, que ce soit positif ou négatif. Et puis on part sur Rodri, qui est pour moi un chef-d’œuvre de Franco Lolli. Je pense que c’est un des plus grands courts-métrages que j’ai vu. Ce que j’attends, c’est uniquement du partage.

Vos deux parcours d’acteurs ont été fortement marqués par le court-métrage. Avec notamment pour vous, Philippe, Mort d’un acteur dont on a parlé, où vous jouez votre propre rôle et apprenez votre décès à la télé. Et pour vous, Bastien , Partir un jour, qui était un court avant d’être un long métrage en ouverture du festival de Cannes. Qu’est-ce qui vous attire dans ce format ?

BB : Un bon court, c’est quelque chose qui tient dans le temps qu’on lui a donné. Ce n’est pas un teaser. Je n’ai pas fait des courts pour faire des longs.

Moi, c’est l’endroit où on m’a offert mes plus beaux rôles, au début de ma carrière. Les rôles les plus importants, les rôles les plus intéressants. Important, ça peut être parce que c’est un premier rôle, mais aussi parce que la partition est riche, même si elle est petite. Parce que, le court-métrage se permet d’être une proposition franche de cinéma. Comparé à l’industrie du cinéma, du long-métrage, j’entends, on est beaucoup plus libre et c’est une forme beaucoup plus libre, ne serait-ce que grâce à sa durée.

Vous parlez d’une industrie du court-métrage « moins violente ».

BB : Évidemment que certaines boîtes de production gagnent leur vie et font leurs armes avec le court-métrage en engageant des producteurs juniors, mais ça n’est pas voué à être commercialisé.

Il n’y a pas ce côté industriel, ou en tout cas à beaucoup moins grande échelle. Durant les festivals de court-métrage, on a la chance de voir une projection éventuellement, de croiser les équipes, d’en discuter, ce n’est pas le cas à Cannes ou Angoulême.

PR : Ça fait partie d’une économie. Le court-métrage n’a pas de blé. Il y a vraiment une notion politique dans le fait de faire du court-métrage. C’est un retour à l’envoyeur, en réalité.

Quand un gars comme Ambroise, le réalisateur de Mort d’un acteur, m’envoie son scénario et me dit, voilà, j’ai envie de faire un court-métrage, c’est réellement l’envie de voir éclore un réalisateur qui me pousse. Même si, dans ma façon d’y participer, je ne fais pas beaucoup de différences entre les courts et les longs.

De votre point de vue, quel rôle joue le court dans la production cinématographique ?

BB : Le court-métrage est une économie qui permet de faire émerger des nouveaux comédiens. C’est un cercle vertueux. Peut-être qu’on pense moins à moi aujourd’hui dans le court,et tant mieux, parce que c’est aussi, une sorte d’essor. Même si je ne me dis pas que je n’y retournerai plus au court-métrage. Pas du tout. Ça m’est arrivé il n’y a encore pas très longtemps d’en tourner un. Je n’ai pas de règles

PR : je fais des courts-métrages parce que je peux me le permettre. Je fais des longs-métrages qui me rémunèrent donc je peux venir quasi gratos. Et c’est ma façon de participer au budget d’un court-métrage. C’est mon grand privilège.

Et puis, un des intérêts de faire ce métier, si on peut appeler ça comme ça, c’est de rencontrer des gens. Donc ce qui me pousse aussi à faire du court-métrage, c’est que parfois, je me dis que c’est toujours mieux que de rester chez moi.

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