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Un collectif réclame au préfet « un moratoire » sur les constructions dans les Pyrénées-Orientales

Un collectif réclame au préfet "un moratoire" sur les constructions dans les Pyrénées-Orientales

Article mis à jour le 28 juin 2023 à 16:32

Après l’action d’Extinction Rebellion contre le cimentier Lafarge, le collectif de citoyens «Viure», pour «Vivre» en catalan, adresse une lettre ouverte au préfet. Ce 26 juin, les militants demandent au préfet de promulguer un moratoire sur les constructions dans les Pyrénées-Orientales.

La sécheresse historique que vivent les Pyrénées-Orientales semble avoir agi comme un déclic. Alors que la multitude d’associations agissait jusque-là chacune mue par ses propres combats, les militants font désormais le choix de l’union pour tenter de freiner le rouleau compresseur de la bétonisation en Pays catalan. Projets de lotissements à Argelès-sur-Mer, 4e pont à Céret, golf à Villeneuve-de-la-Raho ou agrivoltaïsme dans Les Aspres… le collectif Viure se veut le fer de lance des combats pour préserver le patrimoine naturel et les ressources des Pyrénées-Orientales.

Des actes pour défendre le Pays catalan

Pétitions, manifestations, recours devant la justice, las de n’être que peu entendus, les militants les plus motivés font désormais le choix de la désobéissance civile. Ils avaient pourtant été reçus en préfecture en début 2023, six mois plus tard, rien n’a avancé selon eux. Et le collectif dénonce un deux poids deux mesures à l’heure de restreindre les usages de l’eau pour les Catalans alors que le secteur du tourisme n’était que peu impacté. Pire, pour les militants, les pouvoirs publics poursuivent leur politique de construction en vue de l’accueil de nouveaux habitants dans les Pyrénées-Orientales. Le collectif Viure dénonce «une vision passéiste du développement, basée sur la rente foncière qui imperméabilise les sols, détruit la biodiversité, amplifie la pollution des eaux pluviales et entame toujours plus le potentiel agricole de notre territoire.»

Face à l’urgence climatique, les militants exigent d’aller au-delà du discours, et réclament des actes qu’ils considèrent de bon sens. «On demande un moratoire sur les constructions.» Réunions publiques, actions de mobilisation, la société civile s’organise et a le sentiment de ne pas être entendue et parfois même poursuivie de manière disproportionnée. Le collectif Viure demande désormais, «une réelle implication de la société civile dans les processus de décisions.»

Extrait du courrier au préfet Rodrigue Furcy 

«Monsieur le Préfet, les mesures que vous avez mises en place ne seront pas suffisantes pour ramener l’eau dans les nappes, empêcher les feux, et abreuver humains et animaux. Il en reste une qui pourrait faire la différence, ou du moins atténuer les dégâts causés par nos élus locaux : arrêter l’étalement urbain et la pression touristique sur les Pyrénées-Orientales. La boulimie des communes, qui dépasse toutes les moyennes nationales, n’est plus soutenable. Il vous appartient, Monsieur le Préfet, de faire respecter scrupuleusement, et maintenant, l’objectif de zéro artificialisation nette de la Loi climat.

Nous vous demandons de promulguer un moratoire sur toute forme de construction dans les Pyrénées-Orientales. Mais aussi d’engager une consultation citoyenne large et pluraliste sur la gestion de nos ressources naturelles communes. L’argent public doit, dès à présent, servir à s’adapter au changement climatique et à engager les transitions sociétales indispensables, pour que vivre sur notre territoire soit encore possible dans les décennies à venir.»

Réaction de la préfecture des Pyrénées-Orientales

Contactés, le service communication de la préfecture confirme que le collectif a bien été reçu par le secrétaire général. Il a rappelé que «la loi « Climat et Résilience » d’août 2021 a posé l’objectif d’atteindre d’ici à 2050 une artificialisation nette de 0% et de réduire de moitié du rythme d’artificialisation nouvelle entre 2021 et 2031 par rapport à la décennie précédente.»

Pour ce qui est de la compétence urbanisme, la préfecture renvoie vers les schémas de cohérence territoriale (SCOT). «Il revient donc aux élus locaux, sous le contrôle de l’Etat, de proposer une répartition des droits à construite compatibles avec la loi et c’est bien dans ce cadre que le préfet exerce sa mission.» La préfecture a également rappelé que l’État soutenait, via le «Fonds vert» plusieurs projets de renaturation. La lettre ouverte au Prefet des Pyrénées-Orientales sera également adressée au préfet de la région Occitanie.

Un site internet pour Viure 

Viure coordonne, rassemble et soutien les organisations en lutte pour la protection des espaces naturels et des terres agricoles dans les Pyrénées-Orientales. Un site internet destiné au grand public et aux médias est désormais en ligne. Parmi la vingtaine d’organisations qui ont intégré le Collectif Viure, on retrouve les plus récentes tels qu’Extinction Rebellion Perpignan, mais aussi des historiques telles La Confédération paysanne, Alternatiba ou Agissons 66.

Un rassemblement pour dénoncer la dissolution des Soulèvements de la Terre

Avant la dissolution, les Soulèvements de la Terre 66 faisaient également partie de Viure. Or, désormais les militants ne peuvent plus se revendiquer, ni en faire mention, sous peine de trois ans de prison et 45.000€ d’amende. Pour protester contre la dissolution du Soulèvement de la Terre décidée par le ministre de l’Intérieur, plusieurs associations et collectifs appellent à une manifestation ce mercredi 28 juin à 18h30 sur la place de la Victoire à Perpignan.

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Maïté Torres