La musique qui se construit au fil de l’itinérance, jusqu’au cœur des Pyrénées-Orientales. Sanseverino & Lise Cabaret suivront le festival de court-métrage Courts Circuit 66 pendant cinq dates, du 25 au 30 aout. Le duo fera vibrer sa musique en parallèle du cinéma, montrant comment leur art se nourrit de rencontres et de croisements. Interview. Photo © Courts Circuit 66
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Stéphane Sanseverino, vous allez accompagner Courts Circuit durant cinq soirées aux côtés de votre duo, Lise Cabaret. Quelle est l’histoire de ce groupe ?
Il s’est créé autour de l’association artistique d’un chanteur et d’une chanteuse, qui vivent ensemble. On a commencé à écrire des chansons parce qu’on les jouait dans les concerts. L’un venait sur les concerts de l’autre et on finissait toujours par une chanson ou deux. Et comme c’était plaisant, on a continué. Un an plus tard, on fait un album et puis on commence à démarcher pour faire une tournée. On s’aperçoit que les gens aiment bien, donc on continue.
C’est un projet qui est venu avec de l’amour et de l’envie de faire de la musique ensemble. C’est un truc assez simple. On fait toujours un groupe parce qu’on aime bien les autres, c’est un peu le principe de notre duo.
Vous avez sorti ensemble Les pieds dans le plat il y a quelques mois. C’est une rencontre musicale qui a créé cet album ?
On aimait tous les deux le swing et une manière de chanter qui était en rapport avec ce style. Des trucs plutôt rapides, plutôt véloces et qu’on arrive à faire conjointement. Il faut que les voix s’accordent dans les tonalités. Il faut qu’on swingue de la même manière, qu’on phrase pareil et ça, c’est un truc qui est venu assez vite. C’est ce qui nous a fait écrire nos premières chansons.
Qu’est-ce qui vous a plu dans le projet de Courts Circuit 66 ?
Déjà, que ce soit au bord de la mer. On est en fin de tournée d’été, on a joué énormément, on est rincé. Quand on joue le soir, on n’est pas en vacances, on y pense dès le matin, mais il se peut qu’on fasse un aller-retour à la plage. Et surtout je suis très fan de cinéma et de court-métrage, un festival de jardinage m’aurait moins attiré.
Vous comparez justement vos chansons à des courts-métrages
Oui, ce sont des scénarios avec un déroulement. Un début, un développement et puis une fin, plus ou moins logique, mais en tout cas la chanson développe une série d’images. C’est à peu près la longueur d’un petit court-métrage. Un héros ou un anti-héros qui est dans une situation à laquelle il arrive des trucs et ça finit par quelque chose, je ne sais pas quoi, mais on ne l’abandonne pas comme ça en pleine histoire. Il faut absolument qu’il y ait une dramaturgie de la chanson.
On a aussi dit oui à ce festival parce que c’est pas mal d’aller jouer avant des courts métrages. On fera un concert un peu plus court que d’habitude, d’une heure. Et alors là on va mettre les gens dans un espèce d’état qu’ils vont oublier quasiment tout de suite après puisqu’ils vont aller au cinéma. D’habitude les concerts sont faits de telle manière qu’on ne bifurque pas immédiatement. C’est nouveau pour nous.
Est-ce qu’un chanteur, sur scène, joue aussi un rôle théâtral ?
Je suis pas dingue de mise en scène. C’est-à-dire : le chanteur arrive, la chanteuse arrive par la gauche ou par la droite, vous prenez la chaise à ce moment-là… Je trouve qu’il y a des chanteurs qui doivent être au naturel, le même que celui avec lequel on a une conversation en fin de compte. Donc ce n’est jamais vraiment mis en scène.
Mais l’attention du public, elle est très importante, donc on fait attention. Moi j’aime bien voir les gens. Je ne joue jamais dans le noir, sinon on ne sait pas ce que ça fait aux gens. Alors qu’on écrit nos chansons pour qu’elles leur parlent.
Courts Circuit 66 est un festival itinérant et gratuit, qui prône justement une volonté d’aller chercher son public. Est-ce que ça résonne avec votre travail ?
L’itinérance, c’est notre vie et le lien avec le public aussi, sinon c’est raté. C’est un peu comme une expo où les photos feraient chier tout le monde. On est obligé d’avoir un lien. Sinon, on ne joue pas. Lise et moi, chacun de notre côté et des fois ensemble, on passe notre année en transport. On habite à Montreuil, on n’y joue jamais. On fait un concert par an à Paris, les 100 autres sont dans d’autres villes.
Et comment vous vous projetez dans les concerts que vous allez faire à Collioure, à Argelès-sur-Mer, à Cases de Pènes, à Pollestres et à Amélie-les-Bains ?
Je ne prépare jamais ce que je vais dire, ni ne me demande pas comment s’appellent les habitants de la ville pour savoir en avance pour ne pas les vexer. Je ne dis pas « Bonjour Amélie-les-Bains ».
C’est plutôt la place en question ou la salle ou le moment dans la journée qui va jouer. Je sais qu’un jour on joue à 16h, j’ai un peu peur d’avoir très chaud.
Vous êtes davantage influencé par l’ambiance que par un lieu ?
Quand on arrive en montagne, ou au bord de la mer, c’est pas ça qui va nous faire dire tiens voilà une chanson sur les pêcheurs ou sur les alpinistes. C’est plutôt les rencontres avec les gens qui nous influencent. On nous demande des fois : « Est-ce que vous êtes content de venir à Amélie-les-Bains ? » et moi je réponds toujours : »Franchement oui, mais je vais jouer le même truc que quand on joue à Dunkerque. » On propose ce qu’on a dans le ventre dans toutes les villes.
On tire toujours des conclusions d’un voyage. Personne ne sait pas ce qui va se passer, et tant mieux. On arrive frais. C’est le public qui décide, comme dans une conversation qu’on a avec lui.
Courts Circuit parcourt la Catalogne du 11 aout au 20 septembre. Le programme complet est à retrouver en ligne ici. Sanseverino et Lise Cabaret se produiront le 25 août à Collioure, le 26 à Argelès-sur-Mer, le 27 à Cases-de-Pène, le 29 à Pollestres et le 30 à Amélie-les-Bains-Palalda.
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