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Pour ne pas noyer la question de l’eau, un label « villes et villages sobres en eau » lancé dans les Pyrénées-Orientales

Une, deux ou trois gouttes affichées sous les panneaux à l’entrée des communes. Les candidatures ouvrent ce mardi 19 mai pour prétendre au label « villes et villages sobres en eau » dans les Pyrénées-Orientales. Un outil qui entend encourager l’engagement des communes pour préserver la ressource sur le long terme. Photo d’illustration © Jos Speetjens – Unsplash

Une piqûre de rappel tous les deux ans sera-t-elle suffisante pour plus d’économie d’eau ? C’est ce qu’espère l’Association des maires de France (AMF) et la préfecture des Pyrénées-Orientales avec le lancement du label « villes et villages sobres en eau ». Une, deux ou trois gouttes d’eau pour juger de l’engagement communal sur la préservation de la ressource. Le dispositif a été présenté ce mardi 19 mai en conférence de presse.

« Tout le monde a un petit peu relâché ses efforts », admet Edmond Jorda, président de l’AMF66. Après les chartes d’engagement municipales de 2023 qui avaient permis de réduire de 30 % la consommation en eau potable des communes, l’attention s’est relâchée ces dernières années.

« Le risque est de se laisser anesthésier par la récente accalmie, poursuit Pierre Regnault de la Mothe, préfet des Pyrénées-Orientales. Toutes les projections météorologiques et climatiques le montrent : le département connaîtra d’autres sécheresses. Il faut maintenir la mobilisation collective. »

Concrètement, les communes peuvent d’ores et déjà candidater via un questionnaire en ligne. Rendements des réseaux d’eaux, campagne de sensibilisation auprès du personnel ou encore des écoles, désimperméabilisation des sols, espaces verts, mise en place de compteurs de services… autant de critères qui permettront de donner une note à la commune sur la base de ses déclarations. « On veut un label crédible », revendique le préfet. Le dossier sera ensuite examiné par un jury composé de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), la préfecture, l’AMF et de l’Agence régionale de santé. Jury auquel pourraient s’ajouter des collectivités de l’eau telles que le Syndicat Mixte des nappes du Roussillon. Les lanceurs du projet espèrent une première vague de labellisation avant l’été.

Un label réévalué tous les deux ans

Les critères du label ont été élaborés avec le Comité national de l’eau. Son acquisition repose sur les outils de mesure que l’entreprise privée Verdeo met à disposition. « Les Pyrénées-Orientales sont un département pilote sur la question de la gestion de l’eau, explique son dirigeant David Colon. On offre un outil de traçabilité sur le temps long. » C’est ce suivi au long cours qui distingue le label « Sobre en eau ». Il est réévalué tous les deux ans, une façon de maintenir un regard régulier sur l’engagement des communes. « On cherche un équilibre entre accompagnement et vérification. Ce n’est pas un outil de flicage », assure le préfet.

Allègements de restrictions et soutien financier pour les communes labellisées

Goutte à goutte, pour avancer dans la notation du label, les communes candidates recevront un projet de plan d’action de la préfecture. « Il permettra de qualifier les avancées de chaque commune tous les deux ans », se réjouit Edmond Jorda. Au-delà d’un nombre de gouttes à afficher à l’entrée de la commune, les candidats entrent dans une démarche pédagogique. D’autant plus que le préfet l’annonce : « Pour les communes labellisées, on pourra étudier des demandes d’allègement de restriction. Si elle demande un soutien financier pour la réalisation de travaux liés à la gestion de l’eau, on aura un regard particulièrement bienveillant. » Partenaire du projet, la Banque des Territoires propose d’accompagner ces villes et villages, notamment par le biais de prêts à long terme.

Reste à savoir qui pourra se payer ces investissements. « Ce n’est pas un label réservé aux communes qui ont les moyens », assure le président de l’AMF66. Il rappelle toutefois que les communes rurales, avec peu d’abonnés sur un réseau étendu, peinent à financer ces travaux. La démarche « vertueuse » et progressive du label vise à dépasser ce frein. Alors le nouveau label convaincra-t-il les maires nouvellement élus ? Les porteurs misent sur 50 à 70 candidatures pour la première vague.

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