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Les étudiants de l’Université de Perpignan créent un toit végétalisé innovant

Les étudiants de l'Université de Perpignan créent un toit végétalisé innovant © Hervé Chatel / Hans Lucas

Article mis à jour le 9 janvier 2024 à 18:42

Végét’All est né d’un appel à projets de la Région Occitanie. « Ma solution climat » propose de subventionner des projets citoyens qui apportent des solutions aux problématiques environnementales. Alors qu’il entame sa première année à l’IUT Génie Biologique de Perpignan, Loann Faure s’interroge sur son action en faveur du développement durable. Photo Hervé Chatel / Hans Lucas.

C’est l’ancien président de l’Université de Perpignan, Xavier Py, qui a présenté le dispositif régional à ses étudiants. « On s’est donné rendez-vous dans une salle, avec tous les étudiants intéressés de monter un projet, alors que je pensais qu’on allait être deux ou trois personnes, nous étions 40 sur une promotion de 80 ! », jubile le jeune homme qui souhaite créer un toit végétalisé sur un bâtiment de la faculté.

Une machine miracle qui fait tomber la pluie

« C’est fou que ce soit des étudiants qui aient eu cette idée », lâche Loann Faure, encore surpris des retombées de Végét’All. Lauréat du budget participatif Climat 2020, le projet des étudiants a été subventionné à hauteur de 45 000 euros. Grâce à ce coup de pouce, l’association a lancé son propre programme d’agro-urbanisme. Leur innovation résulte dans la création d’un nuage artificiel, une sorte de machine miracle qui fait tomber la pluie lorsqu’il n’y en a pas. L’agro-urbanisme répond à un problème d’utilisation de l’espace. Exposés au soleil et à la pluie, les toits des villes sont souvent inexploités, d’où l’intérêt de les végétaliser. La principale difficulté réside dans l’irrigation. Les étudiants Perpignanais ont conçu un extracteur d’humidité qui fonctionne sans dépenser d’énergie.

Utiliser la rosée comme système d’irrigation paraissait surréaliste. Pourtant, l’innovation technologique des étudiants, encore placée sous secret, permettrait de produire chaque nuit, un litre d’eau par mètre carré. « Le nuage fonctionnera de manière totalement autonome. C’est une technologie low-tech, par opposition au high-tech, il n’y a pas de besoin d’avoir du matériel électronique. Ce sont juste des matériaux qui intelligemment assemblés et superposés, optimisent les transferts d’énergie », explique le président de l’association étudiante. La structure même du toit est tout aussi importante. Elle est travaillée de manière à optimiser la fertilité et l’humidité du sol. Son rôle est de conserver les liquides et les nutriments tout en entretenant un lent circuit d’eau qui limite les contaminations.

Pour l’étudiant en agronomie, le toit végétalisé a de nombreuses vertus. « On entend souvent parler de la fraîcheur qu’il apporte. Mais ce n’est pas le seul intérêt », rappelle Loann Faure. « Il a un impact énorme sur les cycles de l’eau. Lorsque l’on végétalise un espace, les petits cycles de l’eau, générés par les plantes, relâchent beaucoup plus d’humidité dans l’air. Cela vient s’ajouter à l’humidité produite par les océans, ce qui va former beaucoup plus de précipitations. »

Un toit végétalisé à l’Université de Perpignan

Ce qui a motivé l’équipe dans le choix de cette thématique, c’est aussi le manque de place sur Terre pour héberger l’Homme. « La population grandit, tout comme les villes et les zones périurbaines. Nous sommes dans un modèle d’urbanisation expansif qui empiète sur les zones naturelles et les espaces agricoles. Maintenant, il faut nourrir tous ces gens. Il faut, en priorité, changer notre mode de consommation. Mais l’utilisation des toits végétalisés pourrait à leur échelle parer au manque d’espace », explique Loann Faure.

Le premier prototype industriel du toit végétalisé a été créé au début de l’été 2023. Il devrait être installé sur un nouveau bâtiment de la faculté, au début de l’année 2025. En attendant, les étudiants planchent sur un nouveau système en cours de conception. L’élaboration d’un vérin qui orientera les machines en direction du soleil, afin de récupérer de l’énergie.

Au vu du succès de leur initiative, l’association Végét’All s’est développée pour devenir le réseau Nélosis. Plusieurs antennes ont été créées à Montpellier, Lyon, Toulon et Toulouse. Elles rassemblent des étudiants qui ont le désir d’agir concrètement pour le climat et l’environnement.

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Célia Lespinasse