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Perpignan, des écologistes proclament la fin de la bétonisation du département

Perpignan, les militants d'Alternatiba annoncent «la fin de la bétonisation du département»

Article mis à jour le 23 mars 2024 à 23:24

Alors que les yeux du monde sont tournés vers la Cop 28 à Dubaï, les militants d’Alternatiba66 ont décidé de frapper ce 28 novembre 2023 à Perpignan. Le collectif a recouvert la publicité présente devant le lycée Arago par une affiche : «Perpignan Méditerranée Métropole et la préfecture arrêtent la bétonisation du département et s’engagent à reconstituer les trames vertes et bleues.»

Un pastiche où Alternatiba 66 détourne les logos de Perpignan Méditerranée Métropole et de la préfecture. L’agglo devient «Perpignan aime la nature», et le logo de la préfecture des Pyrénées-Orientales se voit affublé de la devise «Écologique et social» en lieu et place du traditionnel «Liberté, Égalité, Fraternité».

Sur les routes des Pyrénées-Orientales fleurissent les panneaux de terrains à construire 

Selon Éric Le Balier, porte-parole de l’association Alternatiba 66, l’action de ce 28 novembre doit interpeller les pouvoirs publics. Il s’agit de signifier l’urgence d’agir. La sécheresse que vivent les Pyrénées-Orientales et la bétonisation sont liées insiste le militant. Alors, comment expliquer tous ces panneaux qui fleurissent sur les bords de toutes les routes du département ? Du nord au sud des Pyrénées-Orientales, une simple recherche sur SeLoger.Com dévoile près de 1.000 annonces de terrains constructibles en vente. Selon l’Observatoire national de l’artificialisation des sols, 2.815 hectares de terres naturelles ou agricoles ont laissé place à des maisons, des centres commerciaux ou des routes.

«Depuis 2023, on voit des panneaux de zones à construire partout à l’entrée des villages. C’est comme si les communes se précipitaient pour avoir leur nouveau lotissement avant que la fenêtre légale ne se referme», se désole Éric.

En septembre dernier, les élus réunis pour la révision du Schéma de Cohérence Territoriale (Scot) de la Plaine du Roussillon estimaient pour les 15 ans à venir à 35.000 le nombre de nouveaux arrivants dans les Pyrénées-Orientales. Le rapport exprime le besoin de lutter contre l’étalement urbain et d’aller vers une densification des zones déjà urbanisées. À terme, il faudra atteindre 35 logements par hectares et non plus 25 comme aujourd’hui précise Éric. «La bonne nouvelle, c’est que le Scot acte la fin des nouveaux centres commerciaux. Ce nouveau schéma veut aussi réduire de 50% l’artificialisation du territoire par rapport à la période précédente. Et ça va faire grincer des dents. Cela veut dire que des plans locaux d’urbanisme vont devoir être modifiés car ils ne sont pas conformes à ce schéma.» 

Les militants écologiques prônent la sanctuarisation des trames vertes et bleues dans les Pyrénées-Orientales

Ces couloirs de nature inscrits dans les documents d’urbanisme sont trop souvent grignotés à la faveur de chaque projet immobilier déplore Éric. Au contraire, il faut absolument préserver voire étendre ces forêts, arbres ou haies autour des zones urbanisées. «Elles sont un refuge pour la biodiversité qu’il faut préserver. Il faut restaurer et agrandir ces trames vertes. Il nous faut préserver la biodiversité des expansions, des constructions de nouvelles infrastructures. Nous devons sanctuariser ces zones de nature et ne plus y toucher !»

Les militants écologistes proposent des alternatives à la bétonisation

À la simple évocation des dispositifs pour tenter d’augmenter la ressource en eau, tels que la désalinisation ou la réutilisation des eaux traitées, Éric s’emporte. «Nous devons préserver notre ressource en eau actuelle en réduisant la consommation, pas en allant chercher de nouvelles ressources.» Le militant renvoie aux 32 propositions faites dans le pacte de transition écologique. Des propositions nées d’une concertation entre 60 organisations pour répondre aux enjeux locaux.

Le 9 et le 10 décembre des actions de sensibilisation contre le béton

Le 9 décembre, les militants écologistes ont prévu une action contre le cimentier Lafarge à Perpignan. Éric se dit aussi favorable à toute action de sensibilisation telles que celles du 10 décembre. Le comité des Soulèvements de la terre et Extinction Rebellion Perpignan et la confédération paysanne 66 appellent à «la fête du béton». Une grande manifestation «contre le capitalisme destructeur et aliénant, contre le béton qui recouvre la vie, contre l’artificialisation effrénée et pour un monde plus désirable : retrouvons-nous le 10 décembre sur la côte !»

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Maïté Torres