Hausse du congé paternité au 1er juillet – La fin de la galère pour les pères de nouveau-né hospitalisé ?

Le 1er juillet amène traditionnellement son lot de mauvaises nouvelles, comme la hausse du prix de l’électricité. Mais cette année, ce sont les congés qui augmentent ! Plus exactement le congé paternité pour nouveau-né hospitalisé dans une unité de soins spécialisés qui passe de 11 à 30 jours pour les enfants nés à compter du 1er juillet 2019.

À l’initiative d’une association des Pyrénées-Orientales dédiée à l’accompagnement aux parents d’enfants prématurés (Néonin’s), Lydia Puech se dit soulagée de cette avancée dans la reconnaissance de l’égalité entre les parents. Dans le département, ce sont pas moins de 550 enfants qui sont pris en charge par le service de néonatalogie.

“Jusque-là, c’était souvent la solidarité entre collègues qui primait”

Lydia nous confie que souvent ce sont les collègues du papa qui donnaient leurs propres congés afin que ce dernier puisse rester auprès de la maman, de son enfant. Mais aussi organiser le quotidien ou s’occuper de la fratrie. Désormais, le père, le conjoint de la mère ou la personne liée par un PACS* pourra, dans les 4 mois qui suivent la naissance de l’enfant hospitalisé, bénéficier d’un congé allant jusqu’à 30 jours consécutifs.

Selon le décret publié le 25 juin au Journal Officiel, qu’il soit travailleur salarié du régime général, agricole, indépendant et exploitant agricole, le papa pourra ainsi jouer pleinement son rôle de parent. Lydia de nous confier :

“On reconnaît enfin sa place au papa ! Sa présence est indispensable, non seulement en tant que père, mais aussi en tant que soutien de la maman. Souvent, quand l’enfant naît trop tôt, sa chambre n’est pas prête, la maman qui doit rentrer seule sans son enfant à la maison le vit très mal. Et jusque-là, le papa retournait au travail la boule au ventre. Parfois, il s’entendait même dire sois fort, sois courageux ! Alors qu’il souffrait tout autant que la maman de cette séparation avec son enfant hospitalisé”.

Et quand il y a des frères et sœurs de l’enfant né avant-terme, la situation se complique. Car il faut prévoir la garde dans l’urgence.

https://twitter.com/MinSoliSante/status/1145684059613466629

♦ Hommage vibrant aux papas

Récemment, lors de la projection du film “Et je choisis de vivre” qui met en lumière le deuil d’un enfant (lire ou relire notre article sur le sujet), un des témoignages les plus bouleversants a été celui de cette jeune maman. Elle a pris la parole, la voix teintée d’émotion. Elle voulait rendre hommage au papa de sa petite fille partie trop tôt. Pour cette jeune femme, les pères sont trop souvent oubliés dans le drame du deuil d’un enfant. Mais, selon elle, ils souffrent autant que les mamans et n’ont pas le droit de s’exprimer. Enfouissant leur émotion dans l’accompagnement de la mère.

♦ Qu’entend-on par un bébé né avant terme ?

Selon linstitut de la santé et de la recherche médicale, “un enfant est considéré comme prématuré s’il naît avant 8 mois et demi de grossesse (37 semaines d’aménorrhée). Ses organes ne sont pas tous prêts à affronter la vie extra-utérine”.

Selon la date de naissance par rapport au terme prévu de la grossesse, on distingue plusieurs types de prématurité :

  • La prématurité moyenne qui correspond à une naissance intervenant entre la 32ème et la 36ème semaine d’aménorrhée (SA) révolue (7 mois à 8 mois de grossesse). Selon le rapport la direction de la recherche et de la statistique (DREES), 85% nés avant terme sont dans cette catégorie.
  • La grande prématurité correspond à une naissance intervenant entre la 28ème et la 32ème SA (6 mois à 7 mois de grossesse). Selon la DREES, 10% des 60 à 65.000 enfants nés prématurés sont considérés comme grands-prématurés.
  • Les naissances intervenant avant 28 semaines, soit en deçà de 6 mois de grossesse, sont considérées comme des très grands prématurés. Seulement 5% des bébés nés avant terme, naissent avant la 28ème semaine d’aménorrhée.

♦ Une mesure votée à l’unanimité par l’Assemblée nationale 

C’est le député Bastien Lachaud, particulièrement investi dans la défense de la PMA** pour toutes les femmes, qui a porté cette modification votée en octobre 2018 dans le cadre d’un amendement gouvernemental au projet de loi de finance de la sécurité sociale 2019.

Le député de la France Insoumise, lors de la présentation de la loi devant la représentation nationale, de compléter. “La naissance d’un enfant est une immense joie. Néanmoins, pour 120 000 parents français chaque année, cette joie est souvent teintée d’angoisse. Il s’agit des parents de bébés prématurés. … En France, 60 000 à 65 000 enfants naissent prématurément chaque année. Soit un peu moins de 600 naissances par jour”.

*PACS : pacte civil de solidarité
**PMA : Procréation Médicalement Assistée

Photo de UNE, pixabay

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