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Direct – Incendie de Trévillach : 1650 hectares parcourus par les flammes, 700 sapeurs-pompiers engagés

Article mis à jour le 5 juillet 2026 à 20:49

Alors que le littoral catalan panse encore les plaies de l’incendie qui a durement frappé les secteurs économique et touristique de Canet-en-Roussillon, c’est désormais la vallée de la Têt, au cœur des Pyrénées-Orientales, qui affronte les flammes. Un feu de végétation s’est déclaré samedi 4 juillet, vers 19h30, dans un massif de la commune de Trévillach, avant de se propager vers Montalba-le-Château, Tarérach, Rodès, Bouleternère et Ille-sur-Têt. Photo SDIS 66.

Ce dimanche 5 juillet à la mi-journée, plus de 1 650 hectares avaient déjà brûlé et près de 700 sapeurs-pompiers restaient mobilisés, sur fond de risque incendie qualifié d’exceptionnel dans l’est du département. Made In Perpignan suit pour vous l’évolution de la situation en direct.

Ille-sur-Têt, 5 500 habitants, à son tour évacuée

Nouveau cap dans la soirée de ce dimanche 5 juillet : la commune d’Ille-sur-Têt, jusqu’ici mobilisée pour accueillir les habitants des villages voisins, est désormais elle-même concernée par l’évacuation. Dans un communiqué, le maire Alain Fabresse a ordonné l’évacuation de la ville, forte de quelque 5 500 habitants, en application des directives de la préfecture des Pyrénées-Orientales. La population est appelée à quitter son domicile dans le calme, à n’emporter que le strict nécessaire (papiers d’identité, médicaments, téléphone, effets de première nécessité) et à couper gaz et électricité avant de partir.

Les personnes sans moyen de transport ou nécessitant une assistance sont invitées à se signaler aux secours ou à rejoindre le point de rassemblement de la salle La Catalane. L’édile demande de ne pas encombrer les axes de circulation, de ne pas regagner les habitations sans autorisation et de s’informer uniquement via les canaux officiels. Avec cette décision, ce sont désormais plusieurs milliers de personnes supplémentaires qui viennent grossir le bilan des évacuations.

Point de situation à 18h00, le feu entre dans le massif des Aspres, 5 000 personnes évacuées

Lors d’un point presse tenu en début de soirée ce dimanche 5 juillet, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a confirmé que le scénario redouté s’était produit. Sous l’effet de la chaleur, d’une hygrométrie exceptionnellement basse et d’une forte tramontane, le feu a franchi la route départementale 66 vers le sud, à hauteur de Bouleternère et de Rodès, pour pénétrer dans le massif des Aspres, un secteur aride et difficile d’accès par voie terrestre. Face à cette évolution, le préfet a ordonné l’évacuation de l’ensemble du massif, soit plus de 5 000 personnes, acheminées progressivement vers d’autres communes et départements, par zones et selon la proximité de la lisière.

Le préfet a qualifié l’incendie débuté le 4 juillet « d’exceptionnel ». À titre de comparaison, il a cité l’incendie qui avait, en 1976, ravagé 6600 hectares sur le massif des Aspres. Concernant l’étape du Tour de France prévue lundi 6 juillet aux Angles, Pierre Regnault de la Mothe a maintenu l’étape dans un format « adapté », sans caravane et sans public sur sa partie française.

C’est par un appel téléphonique que tous les habitants de Caixas, cette commune longue de 7 kilomètres, ont appris qu’ils devaient évacuer leur domicile. Un mail a également été adressé aux administrés précisant que la préfecture ordonnait l’évacuation de tout le village. Le maire, Philippe Ferran précise : « Une salle d’accueil est à votre disposition à Thuir ou bien sollicitez un hébergement chez la famille ou amis sur recommandation de la Préfecture car évacuation d’ampleur dans tout le massif des Aspres. »

Point de situation à 16h : 1 650 hectares parcourus, un pompier et un habitant en urgence absolue

Selon le communiqué diffusé par la préfecture des Pyrénées-Orientales ce dimanche 5 juillet à 16 heures, l’incendie avait parcouru 1 650 hectares à 15 heures, pour une lisière toujours estimée à 18 kilomètres. La tête de feu demeure au lieu-dit Casenoves, sur la commune d’Ille-sur-Têt. Fait le plus grave depuis le déclenchement du sinistre : un sapeur-pompier et un habitant se trouvent en urgence absolue. Ravivé par la tramontane, le feu continue de menacer ses deux flancs, et les moyens de défense restent concentrés sur Ille-sur-Têt, Rodès et Bouleternère, afin d’éviter qu’il ne gagne le massif des Aspres. La priorité affichée par les services de l’État et de la sécurité civile est double : endiguer la propagation sur les flancs droit et gauche et garantir la sécurité des habitants situés à la lisière du feu.

Côté protection des populations, les plans communaux de sauvegarde de sept communes restent activés, et la zone de vigilance s’étend désormais plus au sud : le préfet a demandé aux maires de Casefabre, Saint-Michel-de-Llotes, Boule-d’Amont, Caixas, Camélas, Castelnou, Corbère et Corbère-les-Cabanes de regrouper en mairie les habitants des mas isolés, sans ordre d’évacuation générale. Les personnes mises à l’abri sont accueillies à la salle La Catalane, à Ille-sur-Têt, et à la salle polyvalente de Vinça, où les associations de sécurité civile assurent le ravitaillement en eau et en biens de première nécessité. La RD66, entre Vinça et Ille-sur-Têt, ainsi que les routes départementales 2, 17 et 13, restent fermées.

Point de situation à 14h30 : près de 1 500 hectares parcourus, et la crainte d’une propagation au massif des Aspres

Lors d’une conférence de presse tenue en début d’après-midi ce dimanche 5 juillet, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a annoncé que l’incendie avait parcouru environ 1 500 hectares, pour une lisière estimée à 18 kilomètres. La priorité des secours demeure d’empêcher le feu, situé au nord de la Têt, de franchir le fleuve vers le sud et de gagner le massif des Aspres. À la mi-journée, ce scénario redouté ne s’était pas concrétisé.

Sous l’effet de la chaleur, de la tramontane et d’une hygrométrie exceptionnellement basse, le feu a toutefois repris de la vigueur sur ses deux flancs. Le dispositif reste dimensionné en conséquence : 700 sapeurs-pompiers, 200 véhicules et 9 moyens aériens (canadairs, hélicoptères bombardiers d’eau, avions DASH et largueurs de retardant), appuyés par des colonnes de renfort venues de l’Hérault, du Var, de l’Aveyron, de la Lozère et du Sud-Ouest, ainsi que par un détachement de sapeurs-pompiers roumains engagé depuis plus de 24 heures.

Fait nouveau par rapport au point de 11 heures : une première évacuation ciblée a été ordonnée. À Rodès, une première ligne d’habitations, soit environ 80 personnes, a été évacuée, tandis que le reste du village était confiné. Des mesures de confinement ont également été décidées à Bouleternère et à Ille-sur-Têt. Par anticipation, dans le nord du massif des Aspres, les habitants de mas isolés et d’habitats dispersés ont été regroupés en mairie ou en salle communale. Deux structures d’accueil restent ouvertes, à Ille-sur-Têt et à Vinça, avec des capacités encore disponibles si de nouvelles mises à l’abri devaient s’avérer nécessaires.

Le contrôleur général Éric Belgioïno, directeur départemental du SDIS 66, a insisté sur des conditions climatiques inédites : un taux d’hygrométrie inférieur à 10 %, jamais observé dans ce secteur, qui provoque la réactivation des lisières y compris après le passage des avions. Le point le plus vulnérable se situe au niveau de Rodès, où le feu pourrait sauter d’une rive à l’autre, comme cela s’est déjà produit par le passé. Des feux tactiques y ont été allumés, complétés par une colonne positionnée entre Rodès et Bouleternère et par un hélicoptère bombardier d’eau, afin de traiter d’éventuelles reprises. La lutte aérienne est par ailleurs compliquée par le panache de fumée, qui empêche les canadairs d’écoper sur le plan d’eau le plus proche, à Vinça, et allonge les rotations vers des points de ravitaillement plus éloignés, comme Villeneuve-de-la-Raho.

Interrogé sur le Tour de France, attendu dans le département ce lundi, le préfet a indiqué qu’une décision serait prise d’ici la fin de la journée quant aux éventuelles conséquences. La départementale reste fermée à cette heure pour faciliter l’intervention des secours et sécuriser les usagers. Côté météo, aucune accalmie n’est attendue avant la nuit : la tramontane doit faiblir lundi matin, mais les températures resteront élevées, dans un contexte de canicule, et le taux d’humidité très bas.

Point de situation à la mi-journée : 1 350 hectares et un dispositif renforcé

Selon le dernier point de situation communiqué par la préfecture des Pyrénées-Orientales à 11 heures ce dimanche 5 juillet, l’incendie avait parcouru 1 350 hectares à 10 heures, pour 18 kilomètres de lisières. La tête de feu se situe toujours au lieu-dit Casenoves, sur la commune d’Ille-sur-Têt, où sont concentrés les moyens de lutte afin d’éviter que les flammes n’atteignent le massif des Aspres. Ravivé par la tramontane, le feu a repris de la vigueur en fin de matinée.

Environ 700 sapeurs-pompiers sont engagés sur le terrain, appuyés par 200 véhicules et 9 moyens aériens (trois hélicoptères bombardiers d’eau, quatre Canadairs et deux avions DASH), dont les rotations ont repris dès 7 heures. Quatre colonnes de renfort sont mobilisées, complétées par un détachement européen venu de Roumanie et un dispositif de largage de retardant.

Abords du lac de Villeneuve-de-la-Raho – Canadair en approche pour s’approvisionner en eau5 juillet

Les plans communaux de sauvegarde de sept communes sont activés depuis la veille. La RD66, entre Vinça et Ille-sur-Têt, ainsi que les routes départementales 2, 17 et 13, demeurent fermées à la circulation. La préfecture appelle la population à la plus grande prudence et à éviter le secteur.

Trévillach : un feu déclaré samedi soir, une nuit de lutte acharnée

Tout commence samedi 4 juillet, aux alentours de 19h30, lorsqu’un incendie de végétation prend naissance dans un massif forestier de Trévillach, petite commune d’environ deux cents habitants nichée aux portes des Fenouillèdes. Attisées par un vent de secteur nord-ouest, les flammes gagnent rapidement du terrain. Dès 21h15, un centre opérationnel départemental (COD) est activé en préfecture, tandis que les plans communaux de sauvegarde des communes menacées sont déclenchés. Selon les points de situation successifs diffusés par la préfecture des Pyrénées-Orientales, le feu parcourt 220 hectares à 21h45, puis dépasse les 400 hectares peu avant minuit.

Dans la nuit, il contourne Montalba-le-Château et contraint les sapeurs-pompiers à défendre Rodès, Bouleternère et Ille-sur-Têt. Vers 2 heures du matin, ce dimanche 5 juillet, la surface brûlée franchit les 570 hectares ; des coupures d’électricité touchent Trévillach et Tarérach, sans conséquence sur l’alimentation en eau potable. À 8 heures, près de 1 000 hectares sont partis en fumée et la tête de feu se fixe au lieu-dit Casenoves, sur la commune d’Ille-sur-Têt. Des feux tactiques allumés durant la nuit permettent de ralentir la progression, sans toutefois parvenir à fixer l’incendie.

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