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Direct – Incendie de Trévillach : Plus de 4900 hectares parcourus par les flammes, 12 000 habitants évacués

Article mis à jour le 10 juillet 2026 à 12:23

La vallée de la Têt, au cœur des Pyrénées-Orientales continue d’affronter les flammes. Le feu de végétation qui s’est déclaré samedi 4 juillet dans un massif de la commune de Trévillach est devenu incontrôlable et se propage désormais dans les Aspres. 4 936 hectares ont été parcourus par les flammes. Photo SDIS 66.

Au plus fort de l’incendie, près de 800 sapeurs-pompiers ont été mobilisés, alors qu’environ 12 000 personnes étaient évacuées d’une vingtaine de communes des Aspres et de la vallée de la Têt. 

Ce direct est désormais clos. Après six jours de suivi en temps réel, l’incendie de Trévillach entre dans sa phase de sortie de crise, avec la levée de l’ensemble des ordres d’évacuation. Nous poursuivons notre couverture dans des articles dédiés : bilan de la catastrophe, enquête sur l’origine du feu, conséquences pour les habitants et l’économie locale. Merci de nous avoir suivis. Retrouvez toute notre actualité sur Made In Perpignan.

La préfecture a activé une cellule d’information du public (y compris pour fournir votre aide), joignable 24h/24 au 09 70 80 90 40.

Toutes les communes rouvertes : la fin de six jours d’évacuations

C’est la dernière étape de la sortie de crise. Ce vendredi 10 juillet, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a levé l’ordre d’évacuation des six dernières communes concernées (Rigarda, Saint-Michel-de-Llotes, Casefabre, Glorianes, Boule-d’Amont et Prunet-et-Belpuig), dont les habitants ont pu regagner leur domicile à partir de 14 heures.

Six jours après son départ de Trévillach, l’incendie a parcouru 4 900 hectares mais a été contenu hors du massif des Aspres, évitant la reproduction du feu historique de 1976. Le bilan matériel provisoire fait état de 46 bâtiments impactés, tandis que quelque 800 habitations situées sur la ligne de feu ont été préservées par les sapeurs-pompiers. Le feu n’était pas encore officiellement déclaré fixé, mais le préfet se disait optimiste sur la possibilité d’en devenir totalement maître dans la journée. Trois cents pompiers restaient mobilisés pour traiter les derniers points chauds.

Trois nouveaux départs de feu dans le département jeudi 9 juillet en fin d’après-midi

Alors que les habitants d’Ille-sur-Têt et de huit autres communes étaient autorisés à regagner leur domicile à partir de 18 heures, le préfet Pierre Regnault de la Mothe a signalé, lors de son point du soir ce jeudi 9 juillet, trois nouveaux départs de feu survenus dans l’après-midi ailleurs dans les Pyrénées-Orientales.

Un feu était encore en cours à Rivesaltes, avec une dizaine d’hectares parcourus, à proximité de l’aire de Jean Duvoyage ; un sous-préfet a été dépêché sur place. À Perpignan, deux autres foyers ont été maîtrisés : l’un au Mas Bresson, fixé après avoir parcouru huit hectares, qui a contraint au confinement un centre aéré accueillant 186 enfants ; l’autre en bordure de la Basse, limité à deux hectares. Sur le front de Trévillach, la situation reste, elle, inchangée : le feu n’est pas fixé, six communes demeurent évacuées, soit environ 1 200 habitants, et le préfet réunira leurs maires vendredi à 10h30 pour envisager de nouvelles réintégrations.

Situation au jeudi 9 juillet à 10h30 : neuf communes autorisées à rentrer ce soir, à partir de 18h

Nouvelle étape vers le retour à la normale, ce jeudi 9 juillet. Lors de son point presse matinal, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a annoncé la levée de l’ordre d’évacuation pour neuf communes : Ille-sur-Têt, Bouleternère, Rodès, Vinça, Joch, Castelnou, Camélas, Caixas et Calmeilles. Attention toutefois : leurs habitants ne pourront regagner leur domicile qu’à partir de 18 heures, et pas avant. Ce délai est volontaire : il doit laisser aux maires le temps de transmettre les consignes de sécurité et éviter que les populations ne reprennent la route durant l’après-midi, le créneau de 13 heures à 17 heures restant, selon les pompiers, la plage la plus propice aux reprises de feu.

Six communes demeurent en revanche évacuées, notamment Rigarda et le secteur du piémont des Aspres, où la lutte reste active, appuyée par des engins-chenilles venus de Corse. Le contrôleur général Éric Belgioïno, directeur du SDIS 66, a prévenu qu’aucune fixation du feu, désormais long de 40 kilomètres de lisières, n’était espérée avant le week-end. Le préfet a par ailleurs confirmé l’ouverture d’une enquête judiciaire, confiée à la gendarmerie, sur l’origine du sinistre.

Situation au mercredi 8 juillet à 21h : la tramontane provoque six reprises, maîtrisées dans la journée

Le regain de vent tant redouté s’est concrétisé. Selon le point de situation de la préfecture des Pyrénées-Orientales de ce mercredi 8 juillet à 21 heures, de fortes chaleurs et des rafales atteignant 50 km/h ont provoqué six reprises de feu dans la journée, près de Tarerach ainsi qu’autour de Vinça, Rigarda et Bouleternère, certaines gagnant même le massif des Aspres. Toutes ont pu être rapidement traitées grâce aux 450 sapeurs-pompiers encore mobilisés et à l’appui des moyens aériens.

La situation est jugée « sous contrôle », mais la préfecture appelle au maintien d’une vigilance élevée. Sur les 27 communes évacuées, 12 restent rouvertes ; les 15 autres, dont Ille-sur-Têt, Vinça et Rodès, demeurent sous le coup de l’évacuation. Le préfet examinera dès jeudi, avec les maires, d’éventuelles nouvelles réouvertures. Autre décision du soir : un arrêté préfectoral interdit désormais les feux d’artifice jusqu’au 16 juillet sur l’ensemble du département, à l’exception de la Cerdagne et du Capcir. Des dérogations de circulation seront par ailleurs accordées dès jeudi aux coopératives fruitières.

Mise à jour du mercredi 8 juillet à 15h : Fermeture provisoire de la RD 66 entre Millas et Vinça

En raison des reprises de feu causées notamment par la tramontane sur le secteur d’Ille-sur-Têt/Bouleternère, la RD66 est de nouveau fermée de Millas à Vinça.

Mercredi 8 juillet au matin : le préfet entrevoit « le bout du tunnel », douze communes rouvrent

Au quatrième jour de lutte, le ton a changé. Lors de son point presse de ce mercredi 8 juillet, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a fait état d’une « évolution très favorable » sur les deux flancs du feu au lever du jour, estimant que l’on « commence à voir le bout du tunnel », tout en appelant à ne pas relâcher la vigilance : l’incendie, qui a parcouru 4 936 hectares, n’est pas encore fixé et plusieurs points chauds subsistent, un au nord de la Têt à Ille-sur-Têt et deux au sud.

Cette accalmie permet d’accélérer les retours. Après Taulis et Taillet, rouvertes la veille, dix nouvelles communes sont désormais considérées comme sécurisées et voient leur évacuation levée : Corbère, Corbère-les-Cabanes, Llauro, Montalba-le-Château, Montauriol, Oms, Sainte-Colombe-de-la-Commanderie, Tarerach, Tordères et Arboussols (secteur de Marcevol). Leurs habitants peuvent regagner leur domicile dès maintenant, avec prudence et en restant joignables. Le préfet a annoncé une nouvelle série de communes autorisées à la réintégration à 14 heures.

La RD66 rouverte, des dérogations pour les médecins et les animaux restés seuls

Signe concret du retour à la normale, la route départementale 66, artère vitale de la vallée de la Têt fermée depuis le début de l’incendie, rouvre à la circulation dès 9 heures ce mercredi, même si certaines sorties autour de la zone de feu restent condamnées. Sa réouverture doit rétablir l’approvisionnement de Prades et du Conflent, un temps isolés. Cent cinquante gendarmes sont mobilisés pour fluidifier le trafic, le préfet appelant les usagers à se ranger pour laisser passer les véhicules de secours.

Dans les communes encore évacuées, des dérogations sont par ailleurs prévues pour quelques gestes essentiels : les médecins et professionnels de santé pourront accéder à leur cabinet pour récupérer matériel et dossiers, et les maires pourront désigner une personne de confiance chargée de nourrir les animaux de compagnie restés seuls au domicile des habitants.

Sur le terrain, la tramontane fait craindre de nouvelles reprises

Le contrôleur général Éric Belgioïno, directeur du SDIS 66, a confirmé une amélioration « de jour en jour », avec un flanc droit désormais assez dégagé, de Tarerach au barrage de Vinça, qu’il espérait pouvoir fixer dans la journée. L’officier est toutefois resté prudent : la tramontane, appelée à se lever ce mercredi et moins violente cependant qu’au départ du feu , peut suffire à raviver les foyers encore incandescents.

Plusieurs secteurs restent à traiter, notamment la zone des Orgues d’Ille-sur-Têt, le sud de Rigarda et le piémont des Aspres, au sud de Bouleternère, ceinturé de produit retardant pour empêcher tout basculement du feu dans le massif. Pour atteindre les points chauds nichés dans des zones difficiles d’accès, les sapeurs-pompiers ont eu recours à des drones durant la nuit et déploient plusieurs kilomètres de tuyaux. Le dispositif reste articulé autour de 800 hommes, une colonne ayant été détachée en renfort dans l’Hérault, à son tour touché par un incendie.

Mardi 7 juillet à 15h : premiers retours autorisés à Taulis et Taillet, calendrier de réintégration échelonné

Le tournant de ce mardi après-midi est amorcé. Selon le dernier point de situation de la préfecture des Pyrénées-Orientales, diffusé ce 7 juillet à 15 heures, les habitants de deux communes, Taulis et Taillet, sont autorisés à regagner leur domicile, les premières réintégrations depuis le début de la crise.

La préfecture esquisse un calendrier prudent : une dizaine d’autres communes (Arboussols, Camélas, Castelnou, Corbère, Corbère les Cabanes, Llauro, Oms, Ste Colombe de la commanderie, Tordères), pourraient rouvrir dans les vingt-quatre heures, sous réserve que le feu soit fixé et la météo favorable, tandis que la réintégration reste exclue à court terme pour seize communes plus exposées, parmi lesquelles Ille-sur-Têt, Rodès, Vinça et Bouleternère.

La surface parcourue demeure stable, à 4 900 hectares, mais le feu n’est toujours pas fixé, et le massif des Aspres reste sous surveillance à l’approche d’un retour de la tramontane annoncé pour mercredi. La préfecture précise que 828 habitations ont pu être défendues depuis samedi, à un moment où le feu progressait jusqu’à 2 km/h.

Côté économie, des dérogations permettent une reprise minimale à trois entreprises du secteur agroalimentaire (Ille-Fruits, Ille-Roussillon et Melba), à condition de pouvoir évacuer à tout instant. Des patrouilles de gendarmerie continuent de veiller contre les tentatives de pillage. Les grands rendez-vous de l’été sont maintenus : ni les Déferlantes ni la Feria de Céret ne sont annulées.

Qualité de l’air : les Pyrénées-Orientales en alerte pollution

Conséquence directe de l’incendie, la qualité de l’air se dégrade dans le département. Selon un communiqué d’Atmo Occitanie et de la préfecture des Pyrénées-Orientales diffusé ce mardi 7 juillet à 9 heures, les Pyrénées-Orientales sont désormais placées en procédure d’alerte pour les particules en suspension, seul département d’Occitanie concerné à ce niveau.

Les fumées de l’incendie chargent l’air en particules PM10 et PM2.5, dont les concentrations restent supérieures au seuil d’alerte sur une partie du territoire, aggravées par un fort ensoleillement propice à l’ozone. Les autorités sanitaires recommandent aux populations vulnérables (femmes enceintes, jeunes enfants, personnes âgées, malades chroniques) comme au grand public de limiter les activités physiques intenses et les déplacements sur les grands axes, et de consulter un médecin ou un pharmacien en cas de gêne respiratoire. L’épisode ne devrait pas se prolonger : dès mercredi, à la faveur d’une meilleure maîtrise du feu, les concentrations de PM10 sont attendues sous le seuil d’information.

Mardi 7 juillet au matin : une nuit sans propagation, mais un « verrou des Aspres » toujours menacé

Au troisième matin de lutte, le point presse de la préfecture des Pyrénées-Orientales, ce mardi 7 juillet, dessine une accalmie prudente. Le feu « n’est pas fixé », a rappelé le préfet Pierre Regnault de la Mothe, mais la surface parcourue (4 900 hectares) n’a pas progressé durant la nuit, pour une lisière qui atteint désormais 40 kilomètres, soit près du double de la veille. Les contre-feux allumés par les sapeurs-pompiers ont porté leurs fruits sur le flanc gauche, entre Trévillach et les Orgues d’Ille-sur-Têt, ainsi que sur le flanc droit, du côté de Vinça et Rigarda, où aucune nouvelle éclosion n’a été constatée.

En revanche, la même stratégie a dû être abandonnée sur la tête du massif des Aspres : les experts ont jugé l’opération trop risquée de nuit, en raison d’une hygrométrie « exceptionnellement basse », attendue à 11-12 % dans la journée. Un renoncement que le préfet a présenté comme le signe que « le risque n’est vraiment pas écarté ». La priorité reste de « maintenir le verrou des Aspres ». Le contrôleur général Éric Belgioïno, directeur du SDIS 66, s’est montré tout aussi mesuré : compte tenu de conditions « exactement les mêmes qu’hier », d’un vent tournant à l’ouest et de températures proches de 40 °C, il n’espère pas fixer le feu dans la journée. Sur le terrain, 800 sapeurs-pompiers, dont plus de 400 venus en renfort, sept colonnes, 180 véhicules et un dispositif aérien renforcé par huit avions bombardiers d’eau, dont plusieurs européens, restent engagés. Au total, environ 12 000 personnes demeurent évacuées.

Une lueur d’espoir : la préfecture prépare le retour à la normale

Au-delà de la lutte, le préfet a ouvert une perspective plus rassurante. La journée de ce mardi 7 juillet doit être mise à profit pour mener de front deux chantiers : la poursuite du combat contre les flammes et l’anticipation d’un retour progressif à la vie courante. Ce travail se fera « par priorité géographique », et Pierre Regnault de la Mothe a cité en premier lieu les communes évacuées du sud du massif des Aspres, moins exposées à la menace, comme point de départ possible d’une reprise.

L’objectif affiché est de concilier la sécurité des populations et la reprise de la vie quotidienne, y compris l’activité économique des entreprises pénalisées par les évacuations. Le préfet a toutefois assorti cet horizon d’une réserve claire : dans l’immédiat, les ordres d’évacuation restent pleinement en vigueur et les habitants ne doivent pas regagner leur domicile sans l’aval des autorités.

Le commandant des opérations évoque « un feu hors norme »

Après le cadrage du ministre Laurent Nuñez en déplacement ce jour dans les Pyrénées-Orientales, le colonel Stéphane Clerc, commandant des opérations de secours, a détaillé la réalité du terrain. Il a évoqué une situation « fortement sous surveillance », avec « 30 kilomètres de lisière ». Soit 30 km de flammes. Le colonel a également évoqué des conditions « défavorables » marquées par « des bascules de vent,  qui sont un coup en sud-ouest, un coup en est » et qui entraînent mécaniquement des bascules stratégiques pour ajuster les dispositifs au gré de ces vents changeants.

Sur le terrain, ces difficultés rendent la mission des pompiers encore plus compliquée. Alors que les troupes font déjà face à un « feu hors norme » et des conditions climatiques très dures marquées par des chaleurs caniculaires, une végétation qui s’enflamme très vite et une « hygrométrie (humidité de l’air, ndlr) trois fois »  plus basse qu’à la normale. « Ce sont des conditions qui ne sont pas favorables du tout. Ça va forcément nous poser des soucis de réalimentation des foyers. »

La nuit et la journée de mardi promettent d’être cruciales. Ce mardi soir, la commune de Vinça a reçu pour consigne d’évacuer, s’ajoutant à une longue liste de 26 villages déjà confrontés au même sort.

Point de situation à 20h : un feu toujours pas fixé

Selon le communiqué diffusé par la préfecture des Pyrénées-Orientales ce lundi 6 juillet à 20 heures, l’incendie parti de Trévillach avait parcouru 4 900 hectares à 19 heures. La progression ralentit donc nettement au fil de la journée, mais le feu « n’est toujours pas fixé » : les personnes évacuées sont priées de ne pas regagner leur domicile sans l’accord des autorités. Point notable, la préfecture indique qu’« aucune autre évacuation n’est envisagée » à ce stade, une première inflexion rassurante après quarante-huit heures pour les 28 communes concernées par les évacuations.

Sur le terrain, le dispositif reste considérable et se renforce en vue de la nuit : 800 sapeurs-pompiers, dont la moitié venue en renfort d’autres départements, sont mobilisés aux côtés d’une flotte aérienne de sept Canadairs, deux avions Dash et deux hélicoptères bombardiers d’eau. La préfecture annonce l’arrivée, dès mardi, de huit bombardiers d’eau supplémentaires, dont six en provenance d’autres pays de l’Union européenne. Le bilan humain est consolidé à onze blessés légers. Le département reste par ailleurs placé en vigilance orange canicule, la préfecture appelant à la vigilance face à la déshydratation et aux coups de chaleur.

Point de situation à 18h : Vinça évacuée à son tour

Nouveau tournant en cette fin de lundi 6 juillet : la commune de Vinça, en amont de la vallée de la Têt, fait l’objet d’un ordre d’évacuation immédiate. La consigne, diffusée par les autorités, invite les habitants à quitter la commune par leurs propres moyens en direction de Prades et à se réfugier chez un proche situé dans un secteur épargné. Les personnes sans solution de repli sont invitées à rejoindre le complexe sportif du Canigou, chemin de Conillac, où elles seront prises en charge avant d’être acheminées vers le centre d’accueil de Prades.

Quelques heures plus tôt, le point de situation de la préfecture, à 13 heures, plaçait encore Vinça parmi les secteurs où les moyens de lutte étaient concentrés pour protéger les zones habitées, sans nouvel ordre d’évacuation. Les habitants sont appelés à ne pas encombrer les axes routiers, à laisser les accès libres aux secours et à ne pas regagner les zones évacuées avant l’autorisation des autorités.

Le relief ne facilite pas les pompiers dans leur lutte contre l’incendie ce lundi 6 juillet à Ille-sur-Têt

Point de situation à 13h, ce lundi : 16 blessés recensés

La préfecture des Pyrénées-Orientales à fait le point sur la situation, ce lundi à la mi-journée. Le feu continue de s’étendre et 4 649 hectares ont déjà été parcourus par les flammes. « Si une baisse significative du vent est désormais observée, les conditions demeurent particulièrement défavorables », indiquent les services de l’Etat. « Les températures élevées, associées à un taux d’humidité de l’air très faible, de l’ordre de 10 %, continuent de favoriser la propagation de l’incendie et compliquent les opérations de lutte (…). Le vent, dont la direction est appelée à varier au cours de la journée, complique la stratégie et la répartition des moyens engagés ».

La préfecture indique également que le dispositif aérien a été renforcé. « Quatre avions bombardiers d’eau de type Pélican sont spécifiquement sollicités. Ils sont actuellement engagés sur le flanc ouest de l’incendie, où des opérations de largage sont en cours ».

Au sol, près de 750 sapeurs-pompiers, appuyés par 200 véhicules, sont toujours engagés. « Sept colonnes de renfort sont actuellement mobilisées, ainsi qu’un détachement européen de sapeurs-pompiers roumains », indique l’Etat. Par ailleurs, « 45 militaires de la gendarmerie sont mobilisés afin d’appuyer les opérations d’évacuation, de sécuriser les secteurs évacués et de prévenir les cambriolages. Une dizaine d’agents des routes du Conseil départemental assurent la gestion des fermetures de route ».

A l’heure d’écrire ces lignes, les moyens de lutte sont prioritairement concentrés « sur les secteurs de Trévillach – Ille-sur-Têt – Bouleternère – Vinça – Rodès et le nord du Massif des Aspres afin de protéger les populations et les zones habitées », indique le communiqué du préfet. À ce stade, les pouvoir publics font été de 16 blessés légers (dont 4 pompiers).

L’UE envoie des avions

Dans un message posté sur le réseau social X, la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, indique que l’Union européenne va déployer des moyens pour aider à combattre l’incendie qui frappe les Pyrénées-Orientales.

« Alors que des incendies ravagent le sud de la France, l’Europe se mobilise. Nous avons déployé quatre avions bombardiers d’eau de notre flotte RescEU. Ils arriveront aujourd’hui même depuis Chypre et la Suède pour renforcer les pompiers français autour de Perpignan. L’Europe se tient aux côtés de la France ! »

« D’autres feux sont en cours » ailleurs en France et compliquent l’intervention des pompiers

Dans un point sur la situation tenu depuis le centre d’hébergement de Thuir, la présidente du Conseil départemental, Hermeline Malherbe, a expliqué aux sinistrés que pour l’heure ils ne pouvaient pas rentrer chez eux. Le feu n’est pas encore fixé et le massif des Aspres reste menacé. Hermeline Malherbe a également expliqué pourquoi il est si difficile de lutter contre cet incendie. Notamment parce que d’autres forêts sont en flammes, ailleurs dans la région et en France. « Deux hélicoptères sont dévolus au département et deux autres viennent en renfort, tout comme des équipes au sol qui viennent de l’extérieur. Mais on n’a pas autant de moyens (qu’on le voudrait) parce qu’il y a d’autres feux dans le sud de la France, dans l’Hérault, le Gard et la Drôme. La lutte est donc plus longue et difficile ». Elle a également précisé que plus de « 1400 pompiers au sol ont été mobilisés depuis le départ de cet incendie. »

Appels aux dons de certaines mairies accueillant des sinistrés

La mairie de Thuir qui accueille de nombreuses personnes parmi les 10 000 évacués de l’incendie fait un appel aux dons de denrées de première nécessité. Et notamment des bien d’hygiène pour adultes, des produits pour enfants (couches, petits pots, peluches, livres…), des produits alimentaires (compotes, gâteaux…, bouteilles d’eau, des vêtements propres pour adultes, enfants, bébés, et enfin pour les animaux des croquettes, de la pâtée ou de la litière.

Le point de collecte est à la Maison France Services – Parking des Caves de Thuir.

Au matin du 6 juillet : le feu a franchi la Têt et grimpe vers les Aspres

Lors du point presse matinal de la préfecture, retransmis en direct ce lundi 6 juillet, le contrôleur général Éric Belgioïno, directeur du SDIS 66, a confirmé que le feu avait fini par « basculer de la rive gauche vers la rive droite » de la Têt durant la nuit, dans une végétation « extrêmement dense » sur les berges, malgré les efforts des sapeurs-pompiers pour l’en empêcher. Au petit matin, quelques foyers restaient « en incandescence » à Ille-sur-Têt, côté berges, mais le centre-ville a été épargné.

Le front progresse désormais vers les Aspres, et l’enjeu du jour est d’éviter qu’il ne bascule dans « un couloir de feu historique », difficilement accessible. Deux hélicoptères bombardiers d’eau interviennent depuis 6 heures, rejoints par les premiers Canadairs à partir de 7 heures, alors qu’une bascule du vent vers l’est est attendue en milieu de matinée. 

Point de situation à 23h : 4 500 hectares brûlés, un FR-Alert pour évacuer 26 communes

Selon la préfecture des Pyrénées-Orientales ce dimanche 5 juillet à 23 heures, l’incendie parti de Trévillach avait parcouru 4 500 hectares à 22h30, un bond considérable en quelques heures qui traduit la virulence du feu, entretenue par des conditions météorologiques toujours défavorables.

À 21h30, un message FR-Alert a été envoyé sur les téléphones des habitants de 26 communes pour les inviter à évacuer immédiatement, par leurs propres moyens ou en rejoignant un point de rassemblement. Outre les villages des Aspres déjà concernés, la liste s’étend désormais vers le sud et l’ouest du massif, avec notamment Joch, Rigarda, Calmeilles et Glorianes. Les personnes évacuées convergent vers les points de rassemblement de Thuir et de Canohès, avant d’être orientées vers une dizaine de centres d’accueil ouverts à travers le département, de Bélesta à Prades en passant par Le Soler, Ponteilla ou Fourques.

Cinq personnes ont été légèrement blessées à ce stade. Sur le terrain, près de 700 sapeurs-pompiers et 200 véhicules restent engagés, mais les moyens aériens ont cessé leurs rotations à 21h30 et ne reprendront qu’à la fin de la nuit aéronautique, laissant les soldats du feu affronter seuls une nuit qui s’annonce décisive. Environ 580 foyers sont par ailleurs privés d’électricité, et plusieurs relais de télécommunications sont hors service dans le secteur.

Ille-sur-Têt, 5 500 habitants, à son tour évacuée

Nouveau cap dans la soirée de ce dimanche 5 juillet : la commune d’Ille-sur-Têt, jusqu’ici mobilisée pour accueillir les habitants des villages voisins, est désormais elle-même concernée par l’évacuation. Dans un communiqué, le maire Alain Fabresse a ordonné l’évacuation de la ville, forte de quelque 5 500 habitants, en application des directives de la préfecture des Pyrénées-Orientales. La population est appelée à quitter son domicile dans le calme, à n’emporter que le strict nécessaire (papiers d’identité, médicaments, téléphone, effets de première nécessité) et à couper gaz et électricité avant de partir.

Les personnes sans moyen de transport ou nécessitant une assistance sont invitées à se signaler aux secours ou à rejoindre le point de rassemblement de la salle La Catalane. L’édile demande de ne pas encombrer les axes de circulation, de ne pas regagner les habitations sans autorisation et de s’informer uniquement via les canaux officiels. Avec cette décision, ce sont désormais plusieurs milliers de personnes supplémentaires qui viennent grossir le bilan des évacuations.

Point de situation à 18h00, le feu entre dans le massif des Aspres, 5 000 personnes évacuées

Lors d’un point presse tenu en début de soirée ce dimanche 5 juillet, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a confirmé que le scénario redouté s’était produit. Sous l’effet de la chaleur, d’une hygrométrie exceptionnellement basse et d’une forte tramontane, le feu a franchi la route départementale 66 vers le sud, à hauteur de Bouleternère et de Rodès, pour pénétrer dans le massif des Aspres, un secteur aride et difficile d’accès par voie terrestre. Face à cette évolution, le préfet a ordonné l’évacuation de l’ensemble du massif, soit plus de 5 000 personnes, acheminées progressivement vers d’autres communes et départements, par zones et selon la proximité de la lisière.

Le préfet a qualifié l’incendie débuté le 4 juillet « d’exceptionnel ». À titre de comparaison, il a cité l’incendie qui avait, en 1976, ravagé 6600 hectares sur le massif des Aspres. Concernant l’étape du Tour de France prévue lundi 6 juillet aux Angles, Pierre Regnault de la Mothe a maintenu l’étape dans un format « adapté », sans caravane et sans public sur sa partie française.

C’est par un appel téléphonique que tous les habitants de Caixas, cette commune longue de 7 kilomètres, ont appris qu’ils devaient évacuer leur domicile. Un mail a également été adressé aux administrés précisant que la préfecture ordonnait l’évacuation de tout le village. Le maire, Philippe Ferran précise : « Une salle d’accueil est à votre disposition à Thuir ou bien sollicitez un hébergement chez la famille ou amis sur recommandation de la Préfecture car évacuation d’ampleur dans tout le massif des Aspres. »

Point de situation à 16h : 1 650 hectares parcourus, un pompier et un habitant en urgence absolue

Selon le communiqué diffusé par la préfecture des Pyrénées-Orientales ce dimanche 5 juillet à 16 heures, l’incendie avait parcouru 1 650 hectares à 15 heures, pour une lisière toujours estimée à 18 kilomètres. La tête de feu demeure au lieu-dit Casenoves, sur la commune d’Ille-sur-Têt. Fait le plus grave depuis le déclenchement du sinistre : un sapeur-pompier et un habitant se trouvent en urgence absolue. Ravivé par la tramontane, le feu continue de menacer ses deux flancs, et les moyens de défense restent concentrés sur Ille-sur-Têt, Rodès et Bouleternère, afin d’éviter qu’il ne gagne le massif des Aspres. La priorité affichée par les services de l’État et de la sécurité civile est double : endiguer la propagation sur les flancs droit et gauche et garantir la sécurité des habitants situés à la lisière du feu.

Côté protection des populations, les plans communaux de sauvegarde de sept communes restent activés, et la zone de vigilance s’étend désormais plus au sud : le préfet a demandé aux maires de Casefabre, Saint-Michel-de-Llotes, Boule-d’Amont, Caixas, Camélas, Castelnou, Corbère et Corbère-les-Cabanes de regrouper en mairie les habitants des mas isolés, sans ordre d’évacuation générale. Les personnes mises à l’abri sont accueillies à la salle La Catalane, à Ille-sur-Têt, et à la salle polyvalente de Vinça, où les associations de sécurité civile assurent le ravitaillement en eau et en biens de première nécessité. La RD66, entre Vinça et Ille-sur-Têt, ainsi que les routes départementales 2, 17 et 13, restent fermées.

Point de situation à 14h30 : près de 1 500 hectares parcourus, et la crainte d’une propagation au massif des Aspres

Lors d’une conférence de presse tenue en début d’après-midi ce dimanche 5 juillet, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a annoncé que l’incendie avait parcouru environ 1 500 hectares, pour une lisière estimée à 18 kilomètres. La priorité des secours demeure d’empêcher le feu, situé au nord de la Têt, de franchir le fleuve vers le sud et de gagner le massif des Aspres. À la mi-journée, ce scénario redouté ne s’était pas concrétisé.

Sous l’effet de la chaleur, de la tramontane et d’une hygrométrie exceptionnellement basse, le feu a toutefois repris de la vigueur sur ses deux flancs. Le dispositif reste dimensionné en conséquence : 700 sapeurs-pompiers, 200 véhicules et 9 moyens aériens (canadairs, hélicoptères bombardiers d’eau, avions DASH et largueurs de retardant), appuyés par des colonnes de renfort venues de l’Hérault, du Var, de l’Aveyron, de la Lozère et du Sud-Ouest, ainsi que par un détachement de sapeurs-pompiers roumains engagé depuis plus de 24 heures.

Fait nouveau par rapport au point de 11 heures : une première évacuation ciblée a été ordonnée. À Rodès, une première ligne d’habitations, soit environ 80 personnes, a été évacuée, tandis que le reste du village était confiné. Des mesures de confinement ont également été décidées à Bouleternère et à Ille-sur-Têt. Par anticipation, dans le nord du massif des Aspres, les habitants de mas isolés et d’habitats dispersés ont été regroupés en mairie ou en salle communale. Deux structures d’accueil restent ouvertes, à Ille-sur-Têt et à Vinça, avec des capacités encore disponibles si de nouvelles mises à l’abri devaient s’avérer nécessaires.

Le contrôleur général Éric Belgioïno, directeur départemental du SDIS 66, a insisté sur des conditions climatiques inédites : un taux d’hygrométrie inférieur à 10 %, jamais observé dans ce secteur, qui provoque la réactivation des lisières y compris après le passage des avions. Le point le plus vulnérable se situe au niveau de Rodès, où le feu pourrait sauter d’une rive à l’autre, comme cela s’est déjà produit par le passé. Des feux tactiques y ont été allumés, complétés par une colonne positionnée entre Rodès et Bouleternère et par un hélicoptère bombardier d’eau, afin de traiter d’éventuelles reprises. La lutte aérienne est par ailleurs compliquée par le panache de fumée, qui empêche les canadairs d’écoper sur le plan d’eau le plus proche, à Vinça, et allonge les rotations vers des points de ravitaillement plus éloignés, comme Villeneuve-de-la-Raho.

Interrogé sur le Tour de France, attendu dans le département ce lundi, le préfet a indiqué qu’une décision serait prise d’ici la fin de la journée quant aux éventuelles conséquences. La départementale reste fermée à cette heure pour faciliter l’intervention des secours et sécuriser les usagers. Côté météo, aucune accalmie n’est attendue avant la nuit : la tramontane doit faiblir lundi matin, mais les températures resteront élevées, dans un contexte de canicule, et le taux d’humidité très bas.

Point de situation à la mi-journée : 1 350 hectares et un dispositif renforcé

Selon le dernier point de situation communiqué par la préfecture des Pyrénées-Orientales à 11 heures ce dimanche 5 juillet, l’incendie avait parcouru 1 350 hectares à 10 heures, pour 18 kilomètres de lisières. La tête de feu se situe toujours au lieu-dit Casenoves, sur la commune d’Ille-sur-Têt, où sont concentrés les moyens de lutte afin d’éviter que les flammes n’atteignent le massif des Aspres. Ravivé par la tramontane, le feu a repris de la vigueur en fin de matinée.

Environ 700 sapeurs-pompiers sont engagés sur le terrain, appuyés par 200 véhicules et 9 moyens aériens (trois hélicoptères bombardiers d’eau, quatre Canadairs et deux avions DASH), dont les rotations ont repris dès 7 heures. Quatre colonnes de renfort sont mobilisées, complétées par un détachement européen venu de Roumanie et un dispositif de largage de retardant.

Abords du lac de Villeneuve-de-la-Raho – Canadair en approche pour s’approvisionner en eau5 juillet

Les plans communaux de sauvegarde de sept communes sont activés depuis la veille. La RD66, entre Vinça et Ille-sur-Têt, ainsi que les routes départementales 2, 17 et 13, demeurent fermées à la circulation. La préfecture appelle la population à la plus grande prudence et à éviter le secteur.

Trévillach : un feu déclaré samedi soir, une nuit de lutte acharnée

Tout commence samedi 4 juillet, aux alentours de 19h30, lorsqu’un incendie de végétation prend naissance dans un massif forestier de Trévillach, petite commune d’environ deux cents habitants nichée aux portes des Fenouillèdes. Attisées par un vent de secteur nord-ouest, les flammes gagnent rapidement du terrain. Dès 21h15, un centre opérationnel départemental (COD) est activé en préfecture, tandis que les plans communaux de sauvegarde des communes menacées sont déclenchés. Selon les points de situation successifs diffusés par la préfecture des Pyrénées-Orientales, le feu parcourt 220 hectares à 21h45, puis dépasse les 400 hectares peu avant minuit.

Dans la nuit, il contourne Montalba-le-Château et contraint les sapeurs-pompiers à défendre Rodès, Bouleternère et Ille-sur-Têt. Vers 2 heures du matin, ce dimanche 5 juillet, la surface brûlée franchit les 570 hectares ; des coupures d’électricité touchent Trévillach et Tarérach, sans conséquence sur l’alimentation en eau potable. À 8 heures, près de 1 000 hectares sont partis en fumée et la tête de feu se fixe au lieu-dit Casenoves, sur la commune d’Ille-sur-Têt. Des feux tactiques allumés durant la nuit permettent de ralentir la progression, sans toutefois parvenir à fixer l’incendie.

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