La Banque de France et la CCI des Pyrénées-Orientales font les comptes

“Une région et un département qui résistent bien” selon la nouvelle directrice de la Banque de France dans le département. Bernard Fourcade, président de la Chambre de Commerce et d’industrie (CCI), évoque quant à lui un taux de chômage “à relativiser”. Pour rappel, le taux de chômage du département est de 14,6% soit près de 6 points au-dessus niveau national (8,8%).

♦ Les entreprises d’Occitanie “confiantes”* pour 2019

Malgré la conjoncture et le ralentissement de la croissance au niveau mondial, les chefs d’entreprise d’Occitanie restent majoritairement “optimistes” en l’avenir de leur entreprise (53% au 4ème trimestre 2018). Un tiers des sondés se dit favorable en l’avenir de leur secteur, et 37% “stables”. Ils sont néanmoins, 28% à se déclarer “défavorables” ou “très défavorables”.

Malgré une hausse du chiffre d’affaires moins importante en 2018 qu’en 2017, les effectifs augmentent de façon plus importante, tout particulièrement dans le domaine du bâtiment. En effet, après une mauvaise année 2017 pour l’emploi, le bâtiment reprend des couleurs en 2018. Une année phare marquée par la plus forte hausse d’embauches dans le bâtiment et travaux publics (hausse de 4,1%).

En 2019, la tendance décline légèrement, mais reste positive avec une hausse annoncée de 3,2%. Malgré cette baisse relative, les entrepreneurs du BTP restent confiants en leur entreprise, 63% au dernier trimestre 2018. Idem au niveau de leur secteur d’activité : 37% se disent “favorables” ou “très favorables”. Et 44% ont une perception “stable”, contre seulement 19% “défavorables” ou “très défavorables”.

♦ Un secteur des hôtels, cafés et restaurants plus morose

Un secteur marqué par une évolution nulle du chiffre d’affaires entre 2017 et 2018. Selon Bernard Fourcade, cette situation est aussi liée à un climat social dégradé (crise des Gilets Jaunes, grève perlée de la SNCF…) ce qui n’encourage pas le secteur du loisir au sens large. “Quand vous êtes dans une phase morose au niveau national, les loisirs baissent !”.

Ce secteur est donc le plus en souffrance actuellement y compris au niveau de la santé financière des entreprises. Seulement 46% des entreprises sont dites saines, contre 37% en situation de fragilité. Un constat également partagé par les dirigeants. Si 42% se disent “optimistes” en leur entreprise, ils ne sont plus que 25% à croire en leur secteur d’activité. 42% déclarent que l’avenir de leur secteur est “défavorable” (36%), ou “très défavorable” (8%).

Les points avancés par les hôteliers et restaurateurs pour justifier ce pessimisme sont :

  • la baisse du pouvoir d’achat des ménages,
  • la hausse des charges,
  • la hausse des prix de l’énergie et des carburants,
  • la hausse des matières premières,
  • le ralentissement économique national et international,
  • la concurrence accrue (Air B&B…),
  • les difficultés de recrutement,
  • les mauvaises conditions météorologiques,
  • les mouvements sociaux.

♦ Bilan économique 2018 et perspectives 2019 dans les Pyrénées-Orientales (PO)

Notre département compte près de 25.000 établissements inscrits au registre du commerce. 48% d’entre eux évoluent dans le secteur des services, 30% dans le commerce, 10% dans la construction, 11% dans l’industrie et seulement 1% dans le secteur agricole.

C’est le secteur du commerce qui est le plus pourvoyeur d’emploi dans les PO, avec 66.500 salariés au 3ème trimestre 2018, chiffre en légère hausse sur une année.

Selon la Banque de France, alors que les défaillances des entreprises étaient en baisse dans le département jusqu’en 2016, le nombre de liquidations est reparti à la hausse depuis 2016. L’analyse des bilans et de chiffres annuels déposés par les entreprises catalanes fait apparaître une santé financière correcte. Le classement par segment de la Banque de France montre qu’en 2018, 23,5% des entreprises sont dans le segment 4, soit en capacité “correcte d’honorer leurs engagements financiers à un horizon de trois ans”. Seulement 4,2% des entreprises sont classées dans le segment 6, qualifié de “très faible” selon les critères de la Banque de France.

Au niveau départemental et selon les chiffres fournis par la Chambre de Commerce et d’Industrie, l’année 2018 a été décevante par rapport aux attentes des professionnels. Ils mettent en cause, surtout parmi les cafés, hôtels, restaurants et commerces :

  • les conditions météorologiques (canicule, orages…)
  • les évènements nationaux, grèves SNCF, coupe du monde de football, mouvement des Gilets Jaunes

“Les professionnels ont constaté un durcissement de la concurrence en raison de la demande en berne et notamment dans le secteur des hôtels, cafés et restaurants. De nombreuses incertitudes demeurent sur l’activité économique en 2019 avec beaucoup d’interrogations et d’attentes vis-à-vis du 1er trimestre 2019”.

♦ Garder confiance en l’avenir

Malgré ce constat relativement pessimiste de la part des sondés, Bernard Fourcade reste positif : “Dans ce département, on nous a inculqué la culture de la défaite… Je ne dis pas qu’on est parfait ou que l’on est dans un département qui se porte bien. Mais on ne se porte pas si mal que ça. Il y a du travail à faire ,mais que c’est pas si mal que ça !”. Faisant référence notamment au secteur du nautisme qui emploie aujourd’hui 900 personnes alors qu’il était inexistant quelques années en arrière, selon le président de la CCI.

Interrogé sur le taux record de chômage dans le département (40.450 demandeurs d’emploi dans la catégorie de référence), Bernard Fourcade l’explique en partie par une inadéquation entre l’offre et la demande. Inadéquation dûe à un manque de formation, mais aussi à des secteurs peu attractifs. Citant l’exemple d’une entreprise de transport qui cherche localement 16 chauffeurs, mais qui ne trouve personne malgré sa volonté de former son personnel.

*L’enquête de conjoncture a été réalisée par sondage auprès de 5000 chefs d’entreprise de la région Occitanie-Pyrénées-Méditerranée. Cette enquête est basée sur des éléments chiffrés, mais aussi des questions permettant d’analyser le moral ou la perception des dirigeants quant aux perspectives économiques.

Photo de Une (c) Olivier Prady pour Made In Perpignan

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