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Médecine de ville – Quel accès aux soins dans les Pyrénées-Orientales ?

LECTURE

Annoncé en septembre 2018 par Emmanuel Macron, le projet « Ma santé 2022 » a été créé pour obtenir une vision d’ensemble et des réponses globales aux défis du système de santé français. Car, en 2019, l’accès aux soins est source d’inégalités sur notre territoire. Les acteurs régionaux ont désormais pour objectif de faciliter l’installation de professionnels de santé dans chacun de nos territoires. Qu’en est-il des Pyrénées-Orientales ?

♦ Miser sur les assistants médicaux, les maisons de santé, et la zone montagne

Afin de répondre aux besoins de santé et pour palier le manque de médecins, un accord conventionnel entre l’Assurance Maladie et les médecins libéraux a été signé courant juin et publié au journal officiel le 20 août. Cet accord prévoit plusieurs mesures dont la création de postes d’assistants médicaux. Le médecin pourra ainsi se consacrer uniquement à son rôle de soignant et déléguer d’autres tâches (accueil, gestion des dossiers médicaux, préparation des actes techniques…) à son assistant.

Des maisons et des centres de santé ont également vu le jour. Composée de professionnels de santé, elle regroupe aussi bien des médecins, des dentistes, que des sages-femmes, des infirmiers, ou de pharmaciens… Misant sur une meilleure coordination et organisation, le gouvernement espère faciliter l’accès aux soins.

Enfin, les médecins qui s’installent en zone montagne bénéficieront d’une aide financière. Le montant de cette aide sera de 40 000 €, versés en 3 ans. D’autres coups de pouce aideront les médecins qui feront leur stage dans des communes classées en zone montagne. Ces différentes mesures ont pour objectif de lutter contre les déserts médicaux.

♦ Où sont situées les maisons de santé des Pyrénées-Orientales ?

Au sein des Pyrénées-Orientales, les maisons de santé se situent majoritairement près de Perpignan. Mais également dans des communes plus éloignées comme Les Angles, Prades ou Saint-Paul-de-Fenouillet. Autre cas de figure, les usagers peuvent également se rendre dans des cabinets médicaux associés à l’une de ces maisons de santé. Comme à Ria-Sirach, Argelès-sur-Mer ou Maury. Cela permet de maintenir et développer un égal accès aux soins de proximité dans les territoires déficitaires ou menacés de désertification médicale.

En Occitanie, il existe désormais plus de 200 maisons de santé labellisées pour faciliter l’accès aux soins dans chaque territoire et favoriser la création d’équipes pluriprofessionnelles. Un projet de 23 nouvelles maisons de santé vient d’être validé. Leur développement s’est réalisé au cours de la dernière décennie puisqu’on en comptait moins de 10 en 2010. L’ARS soutient toutes ces structures, notamment en participant à leur financement à hauteur de 50.000 € par projet.

C’est en Haute-Garonne que la majorité des nouvelles maisons de santé sera créée (7 au total). Dans les Pyrénées-Orientales, une maison de santé multisites verra le jour dans le Haut Vallespir et une autre à Baho. Toutes deux regrouperont des professionnels de santé divers : podologues, dentistes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes…

♦ Éviter la propagation des déserts médicaux en zone montagne

Dans les Pyrénées-Orientales, 66% de la superficie du territoire classée en zone de montagne et 17% de la population réside dans cette zone. Des chiffres supérieurs à la moyenne régionale. Car en Occitanie, 45 % du territoire se classe en zone montagne, ce qui correspond à 1 590 communes réparties sur 12 départements. Pour y renforcer l’attraction médicale, l’ARS Occitanie vient de mettre en place une aide spécifique. Les médecins qui ont pu en bénéficier s’engagent à participer à la permanence des soins sur le territoire.

Adopté en décembre 2018, le Plan Montagnes d’Occitanie comporte 2 mesures qui concernent la santé. La première consiste à améliorer l’accès aux soins en zone de montagne. Cela passe par le financement de 10 maisons de santé. La seconde mesure doit permettre d’innover et d’expérimenter pour la santé en montagne. Dans cette optique, la Commission permanente étudiera prochainement deux projets.

♦ Des assistants médicaux au chevet des médecins désormais débordés

Parallèlement, l’Assurance Maladie vient de signer les deux premiers contrats d’assistants médicaux dans l’Hérault. 13 autres sont en préparation pour la région. Ces assistants permettront de redonner du temps au médecin. En 2018, 5.972 médecins exerçaient en libéral en Occitanie. Sachant qu’un médecin voit en moyenne 1.500 patients différents par an.

Pourtant, encore 2,5 millions de personnes sont à la recherche d’un médecin traitant. Grâce aux missions réalisées par ces assistants, les médecins de la région devraient pouvoir prendre en charge un plus grand nombre de patients. C’est du moins ce qu’espère l’ARS avec ces différentes mesures et les projets annoncés.

♦ Une densité de médecins libéraux actifs parallèlement en hausse

L’effectif de l’ensemble des médecins libéraux actifs en région était de 5.416 en 1975, pour 11.461 en 2013. L’Occitanie est donc globalement en hausse sur la période observée. Si on prend en compte la  population régionale, on obtient 133,4 médecins pour 100.000 habitants en 1975, versus 201,6 médecins pour 100.000 habitants en 2013.

Après avoir fortement baissé jusque dans les années 1990, le numerus clausus de médecine s’est très nettement redressé. Stable depuis 2009, il se situe entre 7.400 et 7.500 étudiants au niveau national. Ce numerus clausus* élevé doit permettre l’augmentation du nombre de médecins diplômés à venir. Mais les effets de l’évolution du numerus clausus sur les effectifs de médecins sont le résultat d’un processus de long terme, au moins une dizaine d’années (temps de la formation).

♦ Un système qui paye aujourd’hui les erreurs politiques des années 90 ?

Pourquoi ce fameux numerus clausus a-t-il baissé dans les années 90 ? Peut-être parce que la France a eu peur. Peur d’un afflux important de praticiens en provenance de l’Espagne, de la Belgique, ou d’autres pays de l’Est. Un argument qui fut mis sur la table à cette époque lors des négociations entre Jacques Barrot, alors ministre des Affaires Sociales, et les syndicats de médecins. Sans oublier les réductions des dépenses d’assurance maladie, marotte du gouvernement Alain Juppé, considérant qu’un médecin coûtait cher à la collectivité. La Caisse Nationale d’Assurance Maladie estimait d’ailleurs en 1997 qu’il fallait réduire leur nombre de 110.000 à 90.000.

Alors prime à l’appui, les médecins ont été mis en préretraite à 56 ans, et le nombre de jeunes médecins formés a été réduit (3.700 par an). Sauf que les contraintes de l’exercice de la médecine en France n’ont jamais attiré les praticiens étrangers…

Et pourtant, dès la fin des années 2000, les sonnettes d’alarme ont retenti. Horaires, permanence des soins, exigence des patients, tâches administratives, la hausse des cessations anticipées était déjà un marqueur fort des maux d’aujourd’hui.

*Numerus clausus : désigne le nombre de places disponibles en seconde année d’études médicales.

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