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« Plan régional eau », Carole Delga établit la feuille de route jusqu’à l’horizon 2030

"Plan régional eau", Carole Delga établit la feuille de route jusqu'à l'horizon 2030

Article mis à jour le 26 juin 2023 à 07:42

Ce jeudi 22 juin, la présidente de la région Occitanie Carole Delga présentait à Montpellier un « Plan régional eau » courant jusqu’à l’horizon 2030. Sensibilisation, développement du réseau hydraulique, optimisation…

De nombreux domaines d’intervention ont été passés au crible pour apporter une réponse « claire et concrète » à la problématique hydraulique.

Aboutissement de longs mois de concertation en Occitanie

Le projet ne date pas d’hier. Dès le 14 novembre 2022, la Région avait lancé une grande concertation, afin de définir une feuille de route sur la question des usages de l’eau. Le Sommet régional de l’eau, en mars dernier, avait été le paroxysme de cette consultation avec la présence d’élus, d’entreprises expertes et d’associations environnementales.

Le plan bénéficiera d’une enveloppe de 130 millions d’euros répartis sur 6 ans et demi. Le budget normalement alloué à l’eau par la région étant de 40 millions d’euros par an, ce plan représente annuellement une augmentation de 50 % des moyens mis en œuvre.

Quelle feuille de route d’ici 2030 ?

Trois axes d’action ont été définis par la région. D’abord « sensibiliser, mobiliser et être exemplaire sur les enjeux de gestion de la ressource ». Ensuite « optimiser les usages de l’eau, en alliant sobriété et innovation » et finalement « sécuriser les besoins en eau des milieux et des activités, pour un meilleur partage de la ressource ».

Parmi les mesures phares du plan, la réutilisation des eaux grises, avec un objectif de 10 millions de m 3 réutilisés d’ici 2030. L’élue socialiste a également appuyé sur la nécessité d’un meilleur maillage du territoire entamé par exemple avec le récent projet « Aqua Domitia » qui achemine l’eau du Rhône jusqu’à Narbonne. La région entend aussi accompagner à la fois industrie, agriculture et tourisme dans un modèle hydraulique et écologique plus vertueux.

Mais outre son rôle d’accompagnement et de soutien des acteurs locaux, la région veut aussi démontrer son exemplarité dans ce qu’elle considère comme étant une responsabilité de tous. Carole Delga s’est donc engagée à réduire de 20 % la consommation d’eau dans les lycées publics de la région et à investir dans la désimperméabilisation et la renaturalisation des cours d’école. Preuve du chemin réalisé, l’élue fait volontiers son mea culpa sur la question : « en 2009, quand j’avais agrandi et restructuré complètement l’école de Martres [dont elle a été mairesse entre 2008 et 2014 NDLR] j’ai été la première à dire « on bitume toute la cour »… Maintenant mon successeur est entrain de faire l’inverse et il a raison ! On n’avait pas bien pris conscience de l’urgence écologique. »

Faire des Pyrénées-Orientales un « territoire expérimental pour la gestion de l’eau »

Carole Delga entend bien faire du département des Pyrénées-Orientales, souvent sur le devant de la scène médiatique nationale du fait de la sécheresse qui l’accable, un exemple pour le futur. « Ce que nous demandons c’est que les P-O soient un territoire d’innovation, un territoire expérimental, pour la gestion de l’eau. C’est ce que j’ai demandé à Monsieur le Ministre de l’agriculture et à Monsieur le Ministre de la transition écologique ».

Cela passe d’abord par un maillage du réseau hydraulique départemental innovant. La relance du projet de connexion du lac de Villeneuve de la Raho et du barrage de Vinça s’inscrit dans cette perspective. La région proposera également les services d’une compagnie d’aménagement du réseau hydraulique aux collectivités intéressées.

Nul doute que la mise en pratique concrète de l’usage des eaux usées en soutien au pastoralisme a également joué dans cette volonté de faire du département le fer de lance de pratiques innovantes. Leur utilisation représente un enjeu prioritaire sur lequel la France accuse un retard énorme. Dans l’Hexagone, seules 1 % des eaux usées sont réutilisées, contre plus de 10 % pour nos voisins Espagnols.

Développer le couple région/département

La présidente de la région Occitanie en a également profité pour plaider en faveur d’une plus grande décentralisation pour ce qui est de la gestion de l’eau. L’occasion de railler la politique du gouvernement en la matière « aujourd’hui la grande volonté réformatrice du Président de la République sur la décentralisation est pour l’instant, on va dire, un peu en panne ».

Pour elle, la région et le département représenteraient un couple idéal et autonome. La région serait ainsi chargée de gérer les « autoroutes de l’eau », tandis que les enjeux du « petit cycle de l’eau », reviendraient aux structures départementales ou intercommunales.

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