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Précarité étudiante en Occitanie : le logement au cœur des tensions

Article mis à jour le 25 juin 2026 à 13:39

L’Insee vient de dévoiler son nouveau rapport de la précarité en Occitanie. L’organisme de la statistique fait un point spécifique sur les conditions de vie des étudiants. Logement, emploi, santé… Les difficultés se cumulent.

Sur la région, 2e en France pour sa part d’étudiants dans la population, les trois quarts des étudiants habitent dans un pôle urbain. Ils se retrouvent pour l’essentiel autour de Toulouse, Montpellier, Nîmes et Perpignan, pour des raisons évidentes d’offre de formation.

A Perpignan, 24 % des étudiants vivant chez leurs parents sont en situation de suroccupation

L’Insee pointe la question du domicile, au cœur des préoccupations. Dans la région plus de six étudiants sur dix quittent le domicile parental pour suivre les études, ce qui est supérieur à la moyenne nationale. Ces départs sont souvent concentrés vers Toulouse et Montpellier, en raison de l’offre supérieure de formation. A l’inverse, à Perpignan, plus de la moitié des étudiants habitent encore chez leurs parents. Cela expose, selon l’Insee, à des risques fréquents de suroccupation au sein du logement. Sur Perpignan, on compte 24 % de situation de suroccupation, c’est-à-dire avec moins de chambres que nécessaire, et un espace pour réviser restreint. De plus, quand ils habitent chez leurs parents, la majorité étudie dans une commune différente, avec des trajets quotidiens plus longs, la médiane étant à 21 km.

Seuls les étudiants les plus diplômés et âgés commencent à acquérir une autonomie, souvent quand ils se mettent en couple. Mais ce n’est pas la fin des difficultés. Le logement est le plus souvent un studio ou un appartement de moins de 30 m2. Quatre étudiants sur dix sont en meublé. 94 % des étudiants autonomes vivent dans une commune en tension immobilière. Ils sont pour la plupart locataires et près de 40 % d’entre eux sont pauvres, contre seulement 17,5 % quand ils restent au domicile familial.

Les petits boulots davantage occupés par les filles

Face à cette pauvreté, 6 % des étudiants sont obligés de trouer un petit boulot parallèle, ce qui impacte la réussite des années universitaire. Les filles sont davantage représentées que les garçons dans ces emplois parallèles, avec des postes de surcroît genrés. Les étudiantes seront en effet davantage serveuses, caissières ou salariées de particulier pour la garde d’enfants.

Leurs homologues masculins, eux, se retrouvent dans la restauration, le commerce ou la logistique. On remarque aussi que les étudiants étrangers se tournent plus souvent vers un petit boulot que les Français.

Recours aux soins plus faible, augmentation des troubles psy

Toutes ces statistiques se corrèlent à un phénomène inquiétant. Les jeunes adultes d’Occitanie ont moins recours aux soins que le reste de la population. L’Insee pointe une exposition aux troubles mentaux, et une consommation de psychotropes qui augmentent depuis la crise Covid. Entre 2019 et 2023, 144 000 ados et jeunes adultes supplémentaires ont été concernés par ces problématiques. Tentatives de suicide et automutilations s’amplifient, notamment chez les jeunes filles. Si l’Assurance maladie a bien mis en place, depuis janvier 2024, des bilans de prévention, le dispositif est encore jeune et en cours de déploiement.

Enfin, la sécurité alimentaire des étudiants est devenue un enjeu des politiques publiques, qui a permis notamment la mesure du repas à 1 euro, élargi en mai dernier à tous les étudiants. Au national, 4 % des étudiants ont eu recours à l’aide alimentaire en 2021 mais le taux est inconnu à l’échelle locale.

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Philippe Becker