5 jours, 5 villes, tous les styles… du 28 juillet au 1er août, le Petit Festival de la Côte Vermeille aura tout d’un grand. Razerka Lavant, qui porte l’évènement, explore depuis la précédente édition la notion de temps. Cette année, le comédien Sergi López, le physicien Etienne Klein et bien d’autres seront entre Collioure et Cerbère pour un programme d’une qualité rare. Photo de une : bal à Cerbère, 2021 © Marine Grégoire
« C’est un festival qui entremêle des conférences scientifiques et une programmation artistique, confie Razerka Lavant. Le temps m’a semblé être le graal du XXIe siècle. Ce temps après lequel tout le monde court et que tout le monde a envie de posséder. Ce qui m’intéresse à travers cette notion, c’est le ralentissement. Ralentir la consommation, la production, l’information. »

Artiste et metteure en scène elle-même, Razerka Lavant use de sa sensibilité pour ses choix de programmation. En témoigne la journée d’ouverture à Banyuls-sur-Mer, le mardi 28 juillet, avec un atelier de haïkus et d’écriture calligraphique. On assistera aussi à un solo de guitare de Seb Martel, à la performance d’un funambule ou encore, le soir, la projection du fameux « La Belle Verte » de Coline Serreau.
Le lendemain, mercredi 29 juillet se poursuit toujours à Banyuls-sur-Mer. On glissera d’une conversation avec l’anthropologue Didier Fassin autour des politiques qui s’emparent de nos vies à travers la gestion du temps, à la gastronomie avec dégustation de pain et de houmous, aliments vus sous l’angle politique de la résistance libanaise. Sans oublier l’hommage à Leïla Shahid, diplomate palestinienne décédée en février dernier, ou une table ronde sur le temps de l’information comme enjeu démocratique.
« Le temps de l’enquête est menacé aujourd’hui par les réseaux qui déversent de l’information. »
Le mercredi se poursuit par un couscous puis le spectacle de danse « Emeute » de Thi Mai Nguyen, et enfin Benzine, un duo marseillais de raï et électro. Riche !
Quand la vision à court terme des politiques percute le temps de la nature, ou celui de l’ouvrier
Le jeudi 30 juillet, le Petit Festival pose ses valises à Collioure. La directrice du Mémorial du Camp de Rivesaltes, Céline Sala-Pons, évoquera les questions de mémoire. Le physicien et philosophe Etienne Klein fera une première conférence sur la manière dont on parle du temps et dont on le définit. Enfin, au musée d’Art Moderne, sera proposée une pièce de théâtre, Le cercle des philosophes disparus de Dominique Rousseau, qui questionne le regard des intellectuels. La journée se clôture avec la Parada Flamenca de Karine Herrou Gonzalez.

Le vendredi 31 juillet, on pousse un peu plus loin, à Port-Vendres. Le temps et la protection de la nature feront l’objet d’une table ronde avec Diane Sorel, directrice de la réserve naturelle de la Massane. « Le temps de la nature et les visions à court terme de la politique ne sont pas compatibles. » Puis Diane Beauchamps viendra présenter l’ouvrage de Matsui Shizuko, japonaise de 104 ans aujourd’hui, qui raconte une vie de souvenirs. Le tout avec des extraits lus par Aurélia Thierrée et un accompagnement musical. En fin d’après-midi, une notion à ne pas oublier, le temps et le travail, avec Le temps des ouvriers en présence du réalisateur Stan Neumann, suivi d’une discussion avec le professeur Didier Terrier. Et pour finir la pièce Abysses de David Enia, autour d’un voyage à Lampedusa.
Samedi 1er août, le petit festival se termine à Cerbère. Etienne Klein revient pour évoquer l’idée de progrès. Une rencontre évoquera la mémoire de Jean Marti, ancien maire de Cerbère et fondateur de la Réserve marine. Puis la pièce de théâtre Le passager de la nuit de Maurice Pons, spécialement créée pour le festival, et la pièce Guia Feminista de la compagnie Encima, en français et catalan, qui questionne le modèle patriarcal. A 21h, l’étonnant Cabaret d’une seule fois où plusieurs artistes, dont l’acteur Sergi López, jouent et présentent d’autres artistes. Clowns, danse et musique seront de la partie. Enfin le bal de clôture, place de la République, sera entre les mains des Madeleines.
Les conférences seront gratuites, tandis qu’une partie des spectacles sera payante. Le cycle dédié au temps doit se poursuivre encore pour les trois prochaines années. « Le Petit Festival est un artisanat, ce n’est pas une grosse machine. Et cette formule offre une grande liberté. » Pour Razerka Lavant, qui s’est entourée d’un petit conseil scientifique, le festival est une manière de continuer à apprendre.
Appel à textes : le festival organise un concours de nouvelles
Comme pour chaque édition, les plumes sont les bienvenues pour soumettre des textes jusqu’au 15 juillet et tenter de remporter le concours, ouvert à tous les habitants d’Occitanie à partir de 12 ans. Le thème sera « Un matin, j’ai décidé d’arrêter le Temps… » Le calibre et les détails sont précisés sur le règlement du concours.
Tout au long de l’année, vous pouvez nous soutenir et financer plus de temps d’enquête pour nos journalistes ➡️ Je participe à votre campagne de dons ✊🏻
- Précarité étudiante en Occitanie : le logement au cœur des tensions - 25 juin 2026
- Des invités de marque dans les Pyrénées-Orientales : le Petit Festival de la Côte Vermeille s’empare du temps - 25 juin 2026
- Bilan 2025 dans les Pyrénées-Orientales : la moitié des habitants bénéficie de la CAF - 23 juin 2026
