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La cellule de crise sécheresse activée dans les Pyrénées-Orientales

La cellule de crise sécheresse activée dans les Pyrénées-Orientales

Article mis à jour le 29 mai 2023 à 15:24

Face à la situation exceptionnelle de sécheresse, et après le passage en situation de crise, ce mercredi 10 mai, le Préfet des Pyrénées-Orientales, Rodrigue Furcy, déploie la cellule de crise. Une situation qui n’est pas sans rappeler les débuts de la crise sanitaire liée au Covid.

Autour de la table avec le Préfet, le Procureur de la République, l’Association des maires des Pyrénées-Orientales, le Département,  la Région, l’Office français de la biodiversité (OFB), les sapeurs-pompiers, et l’Agence régionale de santé. Objectif, gérer la crise sécheresse et lister les priorités : rupture en eau potable, sécurité incendie, risque sanitaire ou encore problématiques environnementales.

Les «autochtones» seront-ils les seuls soumis aux restrictions ?

Dans les nouvelles mesures de l’arrêté pris par le préfet mardi 9 mai, et qui liste les nouvelles restrictions en vigueur sur le territoire, aucune nouvelle mesure ne concerne le secteur touristique. Alors que des voix s’élèvent déjà parmi les habitants des Pyrénées-Orientales, Nicolas Garcia estime qu’il ne faut pas que «les autochtones soient les seuls soumis à des règles d’économie stricte et que ceux que nous accueillons ne le soient pas».

Dans les faits, les piscines, et autres parcs de loisirs professionnels ne subissent pas plus de restriction depuis le passage en crise. Idem quant à la limitation des accueils dans les hôtels ou camping. Et pour cause, les touristes et l’économie qui va avec représentent 10% des emplois des Pyrénées-Orientales. Au micro de France Bleu Roussillon, Brice Sannac, représentant l’union des métiers des industries de l’hôtellerie des Pyrénées-Orientales, affirmait que le département n’a pas les moyens de se passer d’une saison touristique.

«Est-ce que demain, nous aurions les moyens de justifier de 50.000 demandeurs d’emplois supplémentaires ?»

Les offices de tourisme se veulent rassurants quant à l’accueil des touristes et notamment sur l’absence pour le moment de mesures de restriction sur les points d’eau des hôtels et campings. Les locations avec piscines et autres jacuzzis des particuliers sont quant à elles soumises à restriction de remplissage. Or malgré nos recherches, aucun élément d’information ou de prévention n’est affiché sur les annonces de ces biens.

La cellule de crise pourrait-elle décider la fermeture administrative d’hôtels ou campings pour manque d’eau ?

Questionné sur ce point, le Préfet n’a pas exclu de «fermer certains campings pendant la saison si la situation sanitaire l’oblige». Que se passerait-il pour les touristes ? Ces derniers seraient-ils contraints de quitter le camping ? De nombreuses questions restent en suspens. Mais la cellule de crise sécheresse devrait se réunir dans les 15 jours pour l’instant. Un moyen de suivre la situation de près.

«Le risque principal demeure la rupture d’accès à l’eau potable»

Le préfet déplore une situation où «les niveaux atteints n’ont jamais été aussi bas». L’enjeu reste donc de «sauver l’accès à l’eau potable». Pour le moment, si «une grosse vingtaine de communes» est considérée comme vulnérable, le risque pourrait s’accroître. Afin d’évaluer les risques en rupture d’accès à l’eau potable notamment des communes les plus sollicités pendant la saison estivale, le ministère de l’Écologie a dépêché un inspecteur. Le président des nappes de la plaine du Roussillon, Nicolas Garcia, se montre particulièrement inquiet.

«À Argelès-sur-Mer par exemple, le niveau d’eau des nappes phréatiques profondes a déjà atteint un niveau d’eau aussi bas que fin août 2022, voire plus grave, sur certaines zones»

«Il nous faut encore renforcer le dispositif déjà en place». Après l’incendie de Cerbère exceptionnel par son ampleur et sa précocité, Rodrigue Furcy précise qu’au mois de mai, deux fois plus d’incendies étaient déjà à déplorer par rapport à 2022. Outre la situation de faible humidité des sols, l’accès à l’eau pour lutter contre les feux est plus complexe. Le Préfet ne cache pas une situation à risque sur les incendies qui pourraient être d’une «de grande ampleur». Risque de développement de bactéries dans des cours d’eau à sec et souffrance de la biodiversité bouclent les risques principaux que doit gérer la cellule lancée par la Préfet.

«Tous les manquements seront sanctionnés»

Aux côtés du Préfet, le Procureur Jean-David Cavaillé a rappelé les sanctions qui pourraient tomber en cas d’arrosage de pelouses, ou de remplissage de piscines. «Un plan de contrôle (…) pour le respect des mesures» a été mis en place ainsi qu’un comité de lutte anti-fraude (Codaf). «Une politique pénale a été préparée avec des opérations coordonnées», poursuit le Procureur, avant de rappeler les sanctions possibles. «Tous les manquements seront sanctionnés avec des peines jusqu’à 1500 € d’amende pour les particuliers et 7500 € pour les entreprises». Concrètement, outre les agents de la police de l’eau, gendarmes et policiers pourront effectuer ces contrôles et sanctionner les abus. Le Procureur tempère en rappelant qu’avant la sanction, il y aura «une phase de pédagogie» et en appelle à «la responsabilité de tous».

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