Tourisme bilan saison estivale 2018 – Le record 2017 des 33 millions de nuitées reste atteignable

Malgré la hausse du prix des carburants, les grèves de la SNCF et la canicule record 2018, la fréquentation durant la saison estivale reste à un niveau élevé avec 24 millions de nuitées entre le mois de juin et de septembre 2018. Le défi pour ce secteur, primordial pour l’économie française, est plus d’évoluer d’une stratégie de quantité vers une stratégie de qualité. La France était en 2017 la première place touristique mondiale avec ses 89 millions de touristes. Or, en ramenant cet élément au chiffre d’affaire apporté par ce secteur, la France n’arrive qu’à la 17e place en Europe. Pour le département, l’équation est identique. Champion en terme de fréquentation, il n’en demeure pas moins que le panier moyen par touriste ou visiteur reste faible. Il s’élevait en 2016 à 42,30 euros selon l’Agence de Développement Touristique (ADT).

♦ Une offre de destination qui doit évoluer vers du “tourisme expérientiel”

Le changement climatique et les périodes de canicules de plus en plus nombreuses, mais aussi les aspirations nouvelles des touristes vont conduire à un tarissement de la clientèle touristique des PO. Selon le responsable de l’Observatoire du Tourisme de l’ADT66, “les touristes cherchent de moins en moins la destination et de plus en plus de contenu” un élément qui force les acteurs du tourisme à s’adapter.

Au niveau national, Laurent Dussolier, directeur général du numéro 2 de l’hébergement européen, Groupe Odalys en fait l’analyse : “Afin d’atteindre les objectifs fixés par le gouvernement (100 millions de visiteurs par an et 50 milliards d’euros de recettes touristiques à horizon 2020), il nous faut reconquérir une clientèle dont les habitudes de consommation changent rapidement, moderniser notre offre touristique parfois vieillissante, nous doter des outils digitaux capables de promouvoir les attraits de l’ensemble de nos territoires et renouveler notre offre d’hébergement afin d’accroître notre capacité d’accueil”

Pour Hermeline Malherbe, “nous devons travailler à structurer cette offre de contenu dans le département” afin de permettre d’anticiper les changements de comportement des touristes. La présidente déplore : “un grand débat qui nous dépasse”. Elle note également avec regret le manque d’un ministère de tutelle qui pourrait mener une réflexion approfondie sur le sujet et déployer une stratégie nationale.

Aujourd’hui, le touriste n’aspire plus seulement à se prélasser sur une plage bondée, il cherche à donner du sens à ses déplacements, à ses vacances. Il veut vivre une expérience, qu’elle soit sensorielle, culturelle, patrimonial ou épicurienne, les acteurs du tourisme locaux, doivent répondre à cette demande au risque de disparaître. Les acteurs internationaux, type AirB’nB ou Expédia l’ont déjà intégré dan leurs offres. Désormais, au-delà de la simple location d’un lieu de séjour, AirB’nB vous propose de “vivre une expérience”. Plus précisémentles loueurs, ne commercialisent plus seulement le gite, ils vous font découvrir des choses, des activités pour combler votre soif de savoir, ou de découverte.

Alors que les pouvoirs publics et les acteurs du tourisme sont en passe de gagner la bataille des plateformes de mise en relation, du type AirB’nB, restreignant leurs champs d’action et leurs prérogatives, le géant de la Silicon Valley est déjà passé à l’étape suivante avec la structuration de l’offre expérientielle afin de répondre à la nouvelle demande des touristes.

♦ Malgré une offre d’hébergement nombreuse, la moitié des touristes résident dans le secteur non marchand (famille, résidence secondaire…)

Les Pyrénées-Orientales (PO) offrent 6396 chambres d’hôtels en 2018, 4ème département de la région Occitanie-Pyrénées-Méditerranée, il se caractérise néanmoins par l’offre bien plus nombreuse en hôtellerie de plein air. La région est la 2ème de France en terme de nombre d’emplacements de camping, les PO à eux seuls représentent 20% avec ses en 34 184 emplacements.   (Source INSEE 03/2018). La commune d’Argeles-sur-mer comptant pour près de 50% de l’offre totale du département.

Malgré cette offre diverse, plus de la moitié des visiteurs et des touristes du département, d’où la volonté de la présidente du Conseil Départemental “de faire des habitants du département des ambassadeurs de notre territoire”.

♦ Structuration et destination de la clientèle en 2018 

Les chiffres fournis par l’Agence de Développement Touristique font apparaitre une hausse de la clientèle d’Occitanie contre une stagnation des clientèles du Nord et de l’Est, ainsi qu’une baisse des visiteurs ordinaires des autres régions de France.

Pour la clientèle étrangère, 2018 continue de voir la baisse des touristes britanniques et une hausse de la clientèle belge et allemande. Les Espagnols sont également plus présents sur la côte mais aussi en montagne.

Alors que le littoral est celui qui attire le plus de voyageurs 83% de nuitées en 2016, l’ADT note une baisse de 4% sur la fréquentation urbaine. En clair, les touristes ont boudé les centres urbains préférant profiter de la fraicheur du bord de mer ou de la montagne (en hausse de 3%).

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