Une année de Covid-19 dans les Pyrénées-Orientales | Photoreportage et témoignages

Pandémie, virus chinois, Coronavirus, la ou le Covid selon les écoles. Confinement accompagné de ses déclinaisons jusque-là inconnues de nos dictionnaires ; sans oublier couvre-feu, attestation. Distanciel, présentiel et autres nouveaux logiciels. Professionnels, ceux en première ligne, en seconde ligne. Essentiels, si peu nombreux qu’ils en deviennent confidentiels. Des masques totémiques, du gel hydroalcoolique, des tests antigéniques. Symboles des spécialistes en santé que nous sommes tous désormais. Sidération, détresse, solitude, espoir ; une vague de sentiments qui répondait à celles du virus. Puis le vaccin est arrivé à la vitesse de la 5G, ravivant au passage de vieilles animosités. Des variants qui continuent de nous faire voyager….

Autant de mots qui ont envahi notre espace depuis qu’Emmanuel Macron a déclaré la guerre à cet ennemi invisible un 16 mars 2020. Depuis la Covid a emporté près de 90.000 Français ; 2,6 millions d’êtres humains à l’échelle de la planète. De longs mois déclinés en images et accompagnés par deux témoignages qu’une année sépare.

♦ Maïté remercie ce Mosso d’Escuadra qui l’a laissée franchir la frontière

Grâce à la bienveillance des autorités, Maïté a pu accompagner les dernières heures de son “papouri” en plein premier confinement. “José avait 87 ans ; et il était malade depuis fort longtemps. Autour de lui, nous étions tous préparés à ce moment. Mon père ne souhaitait pas passer les derniers instants de sa vie seul à l’hôpital. Avec ma sœur, nous avons dû insister auprès des équipes médicales. Finalement, il aura attendu que je fasse les 180 kilomètres qui me séparaient de son domicile à Barcelone pour son dernier soupir.”

“Je n’ai pas pu assister à ses obsèques. Mais avoir été présente pour tenir sa main et sentir la vie quitter son corps alors que j’étais à ses côtés a été un vrai soulagement. Je remercie le Mosso d’Escadra posté à La Jonquère qui a vu la détresse dans mes yeux et senti l’angoisse dans ma voix pleine de larmes de ne pas parvenir à arriver à temps pour faire un dernier baiser à mon père. Nous étions le 20 avril 2020 et les Barcelonais à 20h00 sont sortis à leurs fenêtres. Ils remerciaient les soignants ; mais moi j’ai voulu y voir le dernier adieu à mon père de ses concitoyens”. 

♦ Cécile témoigne quelques jours après le décès de son père

Âgé de 85 ans, Robert souffrait d’un état général affaibli qui nécessitait le recours à des transfusions sanguines. Lors de l’une d’entre elles, il a été transporté dans un établissement de santé du département. Là, il est accueilli aux urgences en théorie muni du masque FFP2 dont l’a équipé sa fille au départ de l’ambulance. Mais lors de sa prise en charge, ledit masque se déplace et perd toute son efficacité. Au retour à son domicile, il raconte à sa fille, elle-même soignante. “J’ai été pris en charge dans une grande salle où les patients sont placés en box ; certains toussaient, expectoraient dans l’air”.

Sept jours plus tard, Robert déclenche les premiers symptômes. Rapidement testé, le diagnostic est sans appel : Covid-19 positif. L’organisme affaibli par sa pathologie, Robert ne pourra faire face à la surinflammation provoquée par le virus. À son chevet nuit et jour, son épouse, la mère de Cécile contracte le virus. Mais, selon la soignante, la première dose que sa mère avait déjà reçue lui a permis de ne déclarer qu’une forme légère de la maladie. Cécile qui vient d’enterrer son père nous confie “J’aimerais faire passer ce message au plus grand nombre pour lever les obstacles à la vaccination. C’est la vaccination qui a sauvé la vie de ma mère !”.

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