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Clim, téléphone, grèves : Dans quelles conditions seront accueillis les élèves des Pyrénées-Orientales à la rentrée ?

RENTREE SCOLAIRE PERPIGNAN PRIMAIRE PASTEUR

Avec la rentrée se rouvrent les grands dossiers de l’Éducation nationale. Si aucune fermeture de classe de dernière minute ne semble se dessiner, les syndicats enseignants auraient souhaité voir une attention plus accrue sur les taux d’encadrement, le bâti scolaire et la reconnaissance des établissements en difficulté. Ils se joindront au mouvement de grève du service public prévu le 29 septembre.

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« Cette rentrée est fragilisée par les incertitudes », admet d’emblée Héloïse Hiroux, secrétaire départementale du SE-Unsa. À la veille de la rentrée, les instituteurs et institutrices se questionnent sur les conditions dans lesquelles les élèves seront accueillis, entre appréhension et attentes de moyens supplémentaires.

Statu quo sur la carte scolaire

Pour le moment, la direction académique des services de l’Education Nationale (Dasen) des Pyrénées-Orientales ne prévoit pas de carte scolaire de rentrée. Autrement dit : pas d’ouverture de classe de dernière minute, mais pas de fermeture non plus. Si les syndicats s’en réjouissent, ils notent tout de même un besoin d’ouverture de classe. « À la maternelle de Claira, pour le moment, sur 166 élèves inscrits pour cette rentrée, on a quatre classes avec 28 élèves, deux classes avec 27. C’est très élevé, » explique Héloïse Hiroux. La direction académique a déclaré avoir pris note de ce cas. « On est vigilant. On avisera une fois qu’on aura un état des lieux précis des élèves qui sont inscrits à l’école à la rentrée », précise Rémy-Charles Sirvent, directeur de cabinet de la Dasen.

Le taux d’encadrement reste le nerf de la guerre. « La baisse démographique ne doit pas être un prétexte à des fermetures mécaniques et comptables », poursuit la représentante syndicale. Alors que le département subit pour la première fois des pertes de postes, la CGT Éduc’action regrette le virage pris par l’Éducation nationale. « La baisse démographique devrait permettre de meilleures conditions d’apprentissage, notamment en ce qui concerne l’inclusion des élèves en difficulté », explique Christophe Moya, secrétaire départemental.

« L’éducation se trouve sur un point de bascule. Un choix historique peut être fait : ne pas baisser le budget de l’Éducation nationale, garder les enseignants et garantir un meilleur taux d’encadrement, avec des remplaçants », complète le secrétaire académique Nicolas Ribo.

40°C dans les classes : La clim poursuit son installation

L’année scolaire s’est achevée sur un long mois de canicule, faisant grimper les températures jusqu’à 40 degrés dans les classes. La rentrée devrait, elle, se dérouler sous une trentaine de degrés, mais avec quelques changements. Des systèmes de climatisation ont été installés dans les écoles maternelles Pierre-Coubertin, l’école Duruy et le groupe scolaire Blaise Pascal. La mairie de Perpignan assure vouloir équiper l’ensemble du bâti scolaire primaire avant la fin du second mandat de Louis Aliot. Un plan de climatisation qui a été évalué entre 10 et 12 millions d’euros pour la ville.

Les syndicats se réjouissent de la climatisation sans s’en contenter. « Les problèmes de bâti doivent être anticipés et ils ne l’ont pas été. Se-Unsa encourage la ville de Perpignan et l’ensemble des maires du département à isoler les écoles vétustes et à végétaliser les cours de récréation en amont des travaux de climatisation », explique Héloïse Hiroux. Elle compte sur un groupe de travail de l’Éducation nationale pour soutenir les maires sur le sujet de l’adaptation au dérèglement climatique. « La climatisation, c’est la seule solution quand on est dans l’urgence, regrette Nicolas Ribo. Mais s’en contenter est une ineptie environnementale. Il faut un plan global de rénovation des écoles. Autrement, on refroidit et on chauffe des passoires thermiques. » Un plan que la CGT estime entre 4 et 5 milliards d’euros à l’échelle nationale.

Interdiction du téléphone au lycée

C’est la grande mesure ministérielle de la rentrée : les téléphones portables sont interdits à l’école, du primaire à la terminale. Les lycéens étaient jusqu’ici autorisés à l’utiliser en dehors des salles de classe. Les établissements peuvent toutefois mettre en place des dérogations : par exemple pour un usage pédagogique en classe, ou pour consulter les applications scolaires. Pour la CGT Educ’action, il est incohérent de lutter contre le numérique, au cœur d’un enseignement qui se numérise. « On a un système scolaire qui a habitué les familles à l’utilisation des outils numériques, dont la plateforme Pronote, et aujourd’hui on prend des mesures coercitives contre leur usage. C’est intenable », regrette Nicolas Ribo, secrétaire académique de la CGT Educ’action.

S’il ne nie pas l’intérêt d’une réflexion sur la santé numérique des élèves, il demande davantage de moyens pour le prendre en charge dès le primaire. « L’interdiction du téléphone va reposer uniquement sur le personnel éducatif, en particulier les assistants d’éducation. Elle va créer une charge supplémentaire et une source de tension », poursuit le représentant syndical. Interrogé sur le sujet, le directeur de cabinet invite à « faire le pari de l’intelligence des élèves », selui lui, bien plus au fait des problématiques d’addictions liées aux réseaux sociaux. » Sur la mise en place effective de l’interdiction, il indique qu’il est trop tôt pour faire état de son efficacité.

Éducation prioritaire : peu de changement pour les « situations aberrantes » du département

Ils devraient faire partie du réseau d’éducation prioritaire, mais seront cette année qualifiés de « situations aberrantes ». Le collège Saint-Exupéry, les écoles Hyacinthe-Rigaud, Anatole-France et Vertefeuille font partie des établissements que le ministre de l’Éducation nationale a souhaité soutenir en raison d’un indice de position sociale faible. La carte d’éducation prioritaire étant gelée depuis 2015, ils ne peuvent pas l’intégrer. Le ministre a donc annoncé des mesures annexes. 21 collèges et 66 écoles sont concernés dans le pays.

Le ministre Edouard Geffray a promis pour chacun de ces établissements un pôle médico-social complet, des points supplémentaires pour les mutations des enseignants, des indemnités spécifiques, ainsi qu’une attention particulière au taux d’encadrement. Des mesures toujours au stade d’esquisse selon Héloise Hiroux. « À ce jour, rien de suffisamment concret n’est proposé. Ces établissements n’ont rien vu venir et ne voient rien venir. » La Dasen indique toutefois avoir veillé à ce que les effectifs ne dépassent pas les 25 élèves par classe. Un poste de coordinatrice dédiée au développement des projets de ces établissements devrait également être mis en place.

École inclusive : un nouveau système pour les AESH

Cette année plus que les autres, les syndicats craignent une dégradation de l’accompagnement des enfants en situation de handicap. En clair, les secteurs de prise en charge ont été élargis. « On mutualise à nouveau la prise en charge des élèves en situation de handicap », décrit Nicolas Ribo. » Avec un point d’attention particulier : les déplacements des AESH, accompagnantes des élèves en situation de handicap. « Sur une zone élargie, elles pourraient en effet être conduites à faire davantage de déplacements. Le risque, c’est qu’elles soient prévenues la veille pour le lendemain d’un besoin sur un nouvel établissement scolaire. »

Le nouveau système est au stade d’expérimentation et ne concerne pas la ville de Perpignan cette année. Chacun compte donc observer son fonctionnement dès les premières semaines.

Mouvement de grève de la fonction publique le 29 septembre

En pleine campagne présidentielle, la rentrée sera rapidement bousculée par un mouvement de grève. Le 29 septembre, un appel à la mobilisation du secteur public est lancé par sept organisations syndicales. Un mouvement également rejoint par l’intersyndicale des sapeurs-pompiers. Il réclamera, entre autres, une revalorisation salariale, l’égalité professionnelle et salariale entre hommes et femmes, l’abrogation du jour de carence lors d’arrêt maladie. Une manifestation sera organisée à Perpignan, indique Julien Berthélémy, le secrétaire départemental de la CGT.

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