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Poste de CPE non renouvelé au collège Albert Camus de Perpignan : « Les équipes vont s’épuiser »

Article mis à jour le 16 juin 2026 à 18:07

Deuxième jour de grève pour le personnel éducatif du collège Albert Camus à Perpignan. Ils reconduisent le mouvement initié ce lundi 15 juin pour défendre le maintien de deux postes de CPE à plein temps. Une délégation va présenter ses arguments ce mardi devant la direction départementale des services de l’Éducation nationale.

Mise à jour : Ce mardi 16 juin, après avoir été reçu par l’inspection académique, le personnel éducatif annonce avoir obtenu le maintien d’un demi-poste de CPE supplémentaire ainsi qu’un assistant d’éducation à 25%. Une dotation temporaire, comme celle de l’année précédente. « On garde les banderoles mais pour le moment on savoure », déclare Valérie Moulin, professeure. Les cours vont donc reprendre ce mercredi 17 juin.

Caroline Guiral est conseillère principale d’éducation (CPE), au collège Albert Camus depuis 13 ans. D’abord seule sur l’établissement, un poste à mi-temps l’a rejointe pour la suppléer dans cette tâche clé pour la vie scolaire. Puis, sur l’année scolaire 2025-2026, elles étaient pour la première fois deux CPE à temps plein. Une dotation temporaire qui pourrait être remise en cause à la rentrée prochaine. Caroline Guiral est en grève ce lundi 15 juin avec une partie de l’équipe pédagogique du collège pour que ce mi-temps supplémentaire soit maintenu.

« Si on veut pouvoir travailler de façon qualitative, il nous faut deux CPE à temps plein. À la base, quand on devait gérer une situation, on pouvait le faire de A à Z. Recevoir les élèves, comprendre la situation, faire une médiation pour que la situation s’apaise et faire un retour aux parents, et potentiellement aussi travailler avec les professeurs. Aujourd’hui, on n’a plus le temps. Donc les situations se cumulent. »

Pour la CPE, ce contexte engendre parfois de vives incompréhensions de la part des parents. « Il y a un sentiment d’injustice parce qu’ils ont l’impression que ça n’a pas été traité. Ça peut provoquer de la violence. » Le personnel mobilisé témoigne d’une augmentation des difficultés au quotidien. Sur l’année scolaire, il compte 43 conseils de discipline sur 402 élèves, contre 11 il y a deux ans.

Le rectorat veut renforcer l’équipe d’assistants d’éducation

« Les CPE sont des acteurs fondamentaux du fonctionnement d’un collège REP », explique Valérie Moulin, professeure d’Histoire-Géographie, au nom du collectif mobilisé. Albert Camus est un établissement d’éducation prioritaire. Il bénéficie à ce titre du « Plan pour la tranquillité scolaire » lancé par le ministère de l’Éducation nationale en 2024. Celui-ci permet notamment de doter les établissements concernés de CPE et d’assistants d’éducation (AED) supplémentaires. Si le mi-temps de CPE n’est pas reconduit à Albert Camus, le rectorat met en place un AED présent à 75% du temps sur une partie de l’année. « Pour nous ça ne passe pas », revendique Valérie Moulin. Eloïse Chenus, du syndicat Unsa, soutient aussi que la proposition est « insuffisante ».

« On a envie de proposer quelque chose de positif et qualitatif », revendique Caroline Guiral. Parmi les mesures menées cette année, un dispositif « coup de pouce » pour les élèves décrocheurs, ou encore un projet sur le développement durable en partenariat avec le lycée français de Tunis. « CPE, ce n’est pas que la punition, même s’il faut prendre en compte l’aspect disciplinaire. » Elle détaille comment, parmi les jeunes passés en conseil de discipline, une quinzaine sont « en sursis ». La vie scolaire les accompagne pour qu’ils puissent réintégrer le collège.

« Le risque d’être moins nombreux, c’est que cela impacte l’accompagnement des élèves, la qualité des échanges avec la famille et la santé mentale du personnel. Les équipes vont s’épuiser. »

Une délégation du collège Albert Camus reçue par l’Éducation nationale

Ce mardi 16 juin, une délégation sera reçue à 10h à la direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN). « Nous voulons faire en sorte que la vie scolaire et les moyens médico-sociaux puissent répondre au besoin du collège Albert Camus », déclare Remy-Charles Sirvent, directeur de cabinet de la directrice académique du département. En amont de cette rencontre, le collectif a annoncé se mobilise à nouveau avec une grève ce mardi. Un cortège partira du collège jusqu’à la DSDEN pour présenter ses arguments.

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