Démolitions au quartier Saint Jacques de Perpignan sur fond de pré-campagne électorale pour la mairie de Perpignan

Populaire pour les uns, dangereux et sale pour les autres, le quartier Saint-Jacques est, à l’occasion de sa réhabilitation, en train de devenir le théâtre des manoeuvres entre politiciens notamment ceux qui ambitionnent de prendre le fauteuil de Jean-Marc Pujol en 2020. Fauteuil dont on ne sait pour l’instant s’il sera laissé vacant en 2020 par l’actuel maire.

♦ Tous les pavillons politiques à l’abordage du radeau

D’un côté l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Artistique et Historique Roussillonnais, présidée par Jean-Bernard Mathon et appuyée par Clothilde Ripoull, qui n’a jamais caché ses ambitions pour reprendre une place à la place de la loge. Et de l’autre, l’infatigable Olivier Amiel, élu Les Républicains qui porte le projet de rénovation urbaine de la ville de Perpignan. Ce dernier ne fait pas non plus mystère de sa volonté de succéder à Jean-Marc Pujol, au Les Républicains.

Depuis peu, le député La République En Marche Romain Grau, qui lui non plus ne cache pas son ambition pour la mairie de Perpignan, s’est lancé à l’assaut des tracto-pelles. Des tracto-pelles qui selon les habitants de la communauté gitane menacent la survie de leur quartier. Romain Grau, ancien premier adjoint de la majorité municipale, s’est positionné en tant que médiateur, recevant les habitants du quartier désireux d’une nouvelle concertation pour en informer le Préfèt des Pyrénées-Orientales.

Olivier Amiel a immédiatement réagit en rapportant des propos que le député en Marche aurait tenu « il faut leur mettre la pression, il faut leur faire peur, je vais mettre le Préfet des Pyrénées-Orientales au milieu et faire bloquer la machine par l’Etat ».

Quant à Louis Aliot, député Rassemblement National de la 2ème circonscription des Pyrénées-Orientales et également en lice pour devenir maire en 2020, il se positionne en arbitre comptant les points entre les prétendants. « Saint Jacques est devenu un enjeu électoraliste entre deux élus de la majorité de Monsieur Pujol, loin d’un vrai besoin de concertation qui alliera rénovation urbaine, protection de notre patrimoine, restauration de l’Etat de droit, lutte contre les dérives communautaires et retour de la sécurité et de la tranquillité publique dans le respect de tous, quelles que soient les origines ou les conditions ».

Sur la photo aux côtés du collectif qui a stoppé la destruction d’un îlot place du Puig le 27 juillet dernier, des élus communistes du Conseil Départemental.

Et enfin pour rappel, celui qui a été candidat sous les couleurs de la France Insoumise aux législatives de 2017 sur la 3ème circonscription, Philippe Assens est un ardent soutien de l’association dans son combat contre la transformation du théâtre municipal en amphithéâtre pour l’université de Perpignan. Pour information, Philippe Assens était trésorier-adjoint de l’ASPHAR, démissionnaire depuis le mois de juin 2018. La composition du bureau n’était, au jour où nous écrivions, pas à jour et indiquait qu’il était toujours membre du bureau.

♦ Stéphane Bern acteur inattendu dans la mise en scène de Saint Jacques

Un trublion est venu depuis quelques semaines mettre un focus national sur ce quartier « aux difficultés hors normes » qui depuis des décennies ne cesse d’engloutir l’argent public à coup de grands plans financés par l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine sans, selon de nombreuses voix, que de réelles avancées sur le terrain ne soient visibles. Le nouvel acteur de cette saga estivale n’est autre que Stéphane Bern, animateur de télévision chargé par Emmanuel Macron d’une mission pour la sauvegarde du patrimoine français.

Fin juin, le très médiatique animateur de « Secrets d’histoire » avait réagi au passage des engins de chantiers Rue Paradis, interpellant le maire de Perpignan qualifiant cette démarche de « Scandale ». Il relayait un tweet de l’ASPAHR. Suite à cette interpellation publique, Jean-Marc Pujol avait invité Stéphane Bern à « venir visiter [la] ville et son patrimoine ». Ce à quoi l’animateur du service public avait répondu par l’affirmative, indiquant sa « joie », précisant que « Le patrimoine doit réconcilier les Français et non les diviser ».

Stéphane Bern a encore répondu aux sollicitations de Jean-Bernard Mathon suite aux nouvelles destructions de la Place du Puig. Cette fois-ci, il le fait via un message privé, dont le président de l’ASPAHR se fait l’écho sur Facebook. Stéphane Bern se dit « Scandalisé et choqué par les images de destructions au centre de Perpignan ». Se disant « par le coeur et par la pensée aux côtés des familles de la communauté gitane que ces destructions impactent directement dans leur cadre de vie ». Stéphane Bern, réitère sa volonté de venir à Perpignan « dès que possible ».

« Habitat insalubre » contre « désastre patrimonial »

Olivier Amiel, adjoint municipal à la politique de la ville, justifie, photos à l’appui, la nécessité de détruire ces habitats indignes pour mieux réhabiliter le quartier. Il répond à la critique selon laquelle les habitants du quartier n’auraient pas été inclus en amont de la transformation du quartier, par une longue liste de réunions publiques, de concertations et autres ateliers participatifs. Il accuse ceux « qui cautionnent ces blocages »… d’être « animés par des intérêts personnels [qui n’ont] pas vocation à défendre l’intérêt général des habitants du quartier ». Et de vouloir faire du blocage du chantier « une déstabilisation politicienne ».

Jean-Bernard Mathon quant à lui demande au Maire de Perpignan  « de stopper immédiatement la démolition de l’îlot place du Puig ; un moratoire sur les démolitions dans le centre ancien ; l’ouverture d’une véritable concertation avec les habitants de Saint-Jacques et les associations, dont l’ASPAHR, pour préserver le quartier et mettre en place un vrai projet de réhabilitation du bâti dégradé ». Il dénonce « le massacre de la structure urbaine [du quartier Saint Jacques] héritée du Moyen-Âge en toute impunité et sous l’œil ébahi de la population qui n’est ni informée, ni consultée. C’est un désastre patrimonial. Comme l’a justement dit récemment Stéphane Bern : « demain, nous n’auront que nos yeux pour pleurer ».

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