Incompétence et fainéantise | Le président des artisans dénonce le “mépris” de l’État et des députés

18/09/2020, Perpignan, France, illustration artisan artisanat catalan © Arnaud Le Vu / MiP

Robert Massuet réagit à chaud suite aux mesures du confinement deuxième version. Au centre de l’attention, l’arbitrage rendu et le choix des activités économiques ciblées par des fermetures administratives. Après s’être félicité de l’augmentation des commandes dans le secteur du bâtiment, le président de l’UPA dénonce “des annonces catastrophiques pour des secteurs entiers de l’Artisanat“. Ses critiques sont virulentes à l’égard des mesures ; égratignant au passage de Jean Castex, le Préfet Étienne Stoskopf et les députés des Pyrénées-Orientales.

♦ Le coup de gueule du président de l’union des artisans des Pyrénées-Orientales

Au sujet des fermetures, “sur le papier c’est clair. Mais dans la réalité, on a vu un flottement incroyable. On a eu le sentiment que rien n’avait été réfléchi et c’est impardonnable. La première fois, tout le monde a joué le jeu parce qu’on a eu l’impression que ce virus nous tombait dessus d’un coup. Là, on a 9 mois d’expérience et on est encore en train d’ajuster les mesures ; comme si on pouvait piloter nos entreprises au jour le jour dans l’attente d’une décision prise on ne sait où par on ne sait qui.”

Dans ce témoignage fort, le président de l’UPA s’abstient d’une quelconque condamnation à l’égard des commerçants qui ouvrent malgré l’interdiction. “C’est un geste de désespoir, le dernier geste avant de tout perdre.”

“Comment leur dire de rentrer sagement chez eux quand on voit le ballet des colis Amazon que l’État est toujours incapable de taxer ? Chaque citoyen, dans ses achats, a sa part de responsabilité dans l’engraissement de ces multinationales. Mais le premier responsable c’est l’État ; incapable de faire respecter un semblant d’équité fiscale depuis des décennies. C’est plus facile de tomber sur le pauvre type qui va ouvrir sa boutique. Alors ne comptez pas sur moi pour l’accabler“.


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♦ Jean Castex, Étienne Stoskopf et les députés des Pyrénées-Orientales cibles du courroux de Robert Massuet

Robert Massuet déplore également l’absence de la Maison des Artisans à la table des décisions gouvernementales. Au passage, il apostrophe violemment Jean Castex, ancien maire de Prades, ainsi le préfet Étienne Stoskopf :

Malheureusement, si on a un Premier ministre avec un accent du terroir, dans la pratique, on a toujours le même fonctionnement coupé des bases ; avec des décisions qui déboulent d’en haut et sur lesquelles on n’a qu’à s’exécuter. Le nouveau Préfet est là depuis des mois. J’ai demandé à le rencontrer. Il n’a sûrement pas eu le temps”.

Il apostrophe également l’absence et le mépris des 4 députés du département : “Comme nos très chers députés qui sont devenus invisibles depuis le premier confinement. Nous n’en avons pas vu un seul dans nos entreprises, s’enquérir de nos difficultés ; alors qu’ils devraient être partout sur le terrain pour écouter la base, et faire remonter.”

“Quel mépris ! Ou alors ils ont peur de nous contaminer ; mais je crois que l’incompétence et la fainéantise ne sont pas contagieuses.

En conclusion, Robert Massuet déplore amèrement la récurrence de cette posture étatique : “comme avec les gilets jaunes, on va les laisser se débrouiller avec la colère des Français ; qu’ils ne viennent pas nous chercher pour être sur la photo. On va se concentrer sur l’accompagnement de nos artisans. Nos services sont là tous les jours, on va informer les entreprises au fur et à mesure, répondre à leurs questions et absorber tout ce qu’on peut de leurs angoisses. Parce que ceux qui pensent que tout va se résoudre avec des aides n’ont vraiment pas compris l’ADN de nos petites entreprises”.


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♦ Non, c’est non !

Malgré la fronde des maires, la décision est tombée dimanche soir sur les écrans de TF1. Jean Castex a préféré fermer les rayons des grandes surfaces proposant des produits non essentiels plutôt que d’autoriser la réouverture des rideaux des petits commerces. Exit le maquillage, les chaussures ou les fleurs.

Le président de la Fédération du Commerce et de la distribution évoque une solution perdant-perdant ; déclarant que les seuls gagnants seraient les acteurs de la vente en ligne.

Dans notre département, l’association des maires réclamait « un réexamen de la notion de commerce de première nécessité ». Edmond Jorda, maire de Sainte-Marie-la-Mer et président de l’association des maires des Pyrénées-Orientales portait « l’incompréhension que suscitent les mesures qui visent certains commerces ».

La Chambre de Commerce et d’Industrie des Pyrénées-Orientales faisait part au Préfet de l’inégalité de traitement entre les grandes surfaces et les commerces de proximité dans l’application des mesures d’urgences prises par le gouvernement.


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