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Les Français attachés au système de protection sociale et de santé pendant la crise sanitaire

Les perceptions des Français sur les métiers d’avenir

Article mis à jour le 9 mai 2022 à 15:40

Avec la crise sanitaire qui a frappé le monde en 2020, la santé est devenu une préoccupation majeure chez les Français. Plus d’un sur deux estime d’ailleurs que celle-ci s’est dégradée au cours des dernières années. Par conséquent, les Français déclarent être attachés au modèle de protection sociale et au système de santé. Toutefois, ils sont aussi nombreux à faire preuve d’inquiétude et à considérer que le système de santé est mal géré. Par ailleurs, la conception du système de protection sociale diverge selon la catégorie sociale des individus.

♦ La santé : un sujet de préoccupation majeur

En ce contexte de crise sanitaire, la santé des Français est devenu un sujet de préoccupation majeur. 56% d’entre eux* estiment que la santé s’est détériorée au cours des dernières années. Elles n’étaient que 43% en 2019 et 40% en 2015. 76% des personnes interrogées se considèrent en bonne santé. Cependant, 47% sont inquiètes à l’idée de ne pas pouvoir être bien soignées en cas de gros problème de santé. Ce chiffre est monté à 53% pendant le premier confinement.

Préoccupations des personnes interrogées au sujet de la santé et des risques d’épidémie – Graphique © DREES

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♦ Une forte demande de protection sociale

Avec ce contexte si particulier de crise sanitaire, les personnes interrogées soutiennent davantage l’Etat. Fin 2020, 45% des sondés jugent que l’Etat propose suffisamment de mesures économiques et sociales, 16% qu’il y en a trop et 39% pas assez. La part de ceux qui considèrent que cette intervention est excessive n’a jamais été aussi faible. Elle diminue de 9% par rapport à l’année précédente. Dans le même temps, la part de ceux qui estiment que l’Etat intervient de façon juste augmente d’autant. Cette diminution touche toutes les classes d’âge et toutes les catégories socioprofessionnelles. Pour plus de 70% des personnes interrogées, il n’y a aucune raison de limiter les dépenses de santé car celle-ci n’a pas de prix. Ils n’étaient que 58% à penser cela en 2013.

Fin 2020, 64% des personnes sollicitées pour l’enquête jugent qu’il est plus important de maintenir le niveau actuel des prestations sociales et le remboursement d’assurance maladie que de prendre des mesures visant à réduire le déficit de la Sécurité sociale. Cette proportion n’a jamais été aussi élevée. Elle était de 61% en 2019 et de 53% en 2015.

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Priorité accordée au maintien du niveau actuel des prestations sociales et remboursement d’assurance maladie – Graphique © DREES

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♦ Un soutien plus important envers le personnel soignant

Depuis plusieurs années, la qualité des soins médicaux était de moins en moins satisfaisante pour l’ensemble des Français. Cette tendance s’est inversée fin 2020. La satisfaction a augmenté de façon considérable pour les services d’urgence, passant de 46% en 2019 à 54% en 2020. Les cliniques privées et les infirmiers (hors hôpital) enregistrent également une satisfaction plus importante de la part des personnes interrogées. Fin 2020, 9 personnes sur 10 se déclarent satisfaites par les soins procurés par les infirmiers.

Cependant, malgré ce soutien important envers le système de soins, 61% des personnes interrogées jugent que le système de Sécurité sociale coûte trop cher à la société. Par ailleurs, 79% pensent que les dépenses de santé sont trop élevées car le système est mal géré. Parmi les solutions proposées pour réduire celles-ci, 78% des Français sont favorables au renouvellement d’ordonnances pratiqué par les pharmaciens et les infirmiers. Ils n’étaient que 63% en 2015.

26/01/2021, Perpignan, France, quotidien des soignants hôpital St Jean secteur Covid-19 et réanimation © Arnaud Le Vu / MiP

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♦ Plus de protection, plus de libéralisme ? Deux visions qui s’affrontent

Une personne sur deux ayant subi une dégradation de sa situation financière estime que, en cette période de crise, l’Etat n’intervient pas assez dans le domaine économique et social. Cette proportion n’est que de une sur quatre pour les personnes dont la situation s’est améliorée. Dans la continuité, 28% des personnes ayant perçu des prestations de solidarité dans les douze mois précédant cette enquête déclarent que le financement de la protection sociale durant cette crise est insuffisant. Cette proportion chute à 16% pour les personnes qui n’ont reçu aucune allocation. Elle n’est que de 12% pour celles touchant des revenus du patrimoine.

Les personnes les plus modestes, les inactifs, les chômeurs, les jeunes et les familles monoparentales privilégient un maintien du niveau actuel des prestations et remboursement plutôt qu’une réduction du déficit de la Sécurité sociale. Ils militent pour un niveau de protection sociale plus important.

Les cadres, les indépendants, les professions libérables, les couples sans enfant, les plus de 65 ans, et les personnes aisées ou qui ont vu leur situation financière s’améliorer depuis la crise sanitaire estiment que la couverture des risques sociaux devrait être réservée aux cotisants. C’est une vision plus individualiste et libérale du système économique et social.

// Détail du baromètre :

*Fin 2020, 4.002 personnes ont été interrogées en face à face dans le cadre de cette édition du Baromètre, constituant un échantillon représentatif de la population résidant en France métropolitaine âgée de 18 ans ou plus. Cet échantillon est construit selon la méthode des quotas, par sexe, âge, profession de la personne de référence, après stratification par région et catégorie d’agglomération. Dans les vagues 2014 à 2019, un échantillon d’environ 3 000 personnes a été interrogé selon une méthodologie strictement identique.

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Pauline Garnier