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Louis Aliot élu à la tête de PMM : Perpignan Méditerranée Métropole devient la plus importante intercommunalité dirigée par le RN

Perpignan Méditerranée Métropole devient la plus grosse intercommunalité dirigée par le RN

Article mis à jour le 18 avril 2026 à 13:12

Il aura fallu six ans et un mandat à Louis Aliot, vice-président du Rassemblement national et maire réélu de Perpignan pour s’emparer de la communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole (PMM). Si en 2020, il s’était incliné face à Robert Vila, six ans plus tard, dans un rapport de force bien plus favorable et sans candidature concurrente à droite, Louis Aliot s’est imposé dès le premier tour. Il aura juste eu à tendre la main pour cueillir la présidence de PMM.

Louis Aliot devient le premier président d’extrême droite à diriger l’intercommunalité qui regroupe 37 communes et plus de 283 000 habitants des Pyrénées-Orientales. Au-delà de la présidence, le maire de Perpignan place dans l’exécutif communautaire trois de ses adjoints et trois maires proches de sa formation politique.

Depuis 2020, la petite musique consistant à justifier l’absence d’ambitions, notamment économiques, pour la ville était souvent la même : « Il s’agit d’une compétence de PMM« . Mais désormais, le maire de Perpignan est aussi président de la communauté urbaine. Reste désormais à savoir si cette double casquette municipale et intercommunale se traduira par des projets économiques concrets.

Louis Aliot remporte largement la présidence de la communauté urbaine avec 68,2% des voix

Après une élection dès le premier tour à Perpignan, Louis Aliot remporte une très large victoire lors du vote de la présidence de Perpignan Méditerranée Métropole. Les 88 élus ont voté à bulletin secret. Louis Aliot a recueilli 60 bulletins, soit 68,2% des voix. 18 élus ont voté pour Édith Pugnet, maire communiste de Cabestany. Il y a eu six bulletins blancs, trois nuls et un bulletin en faveur de Robert Vila, ancien président qui n’était pourtant pas candidat à sa réélection.

Avant le vote, les deux candidats avaient lu un discours aux conseillers communautaires. Louis Aliot a insisté sur les atouts du territoire pour « inscrire la communauté urbaine sur la voie du développement qui bénéficie aux 37 communes et à l’ensemble de sa population ». Pour parvenir à construire « une métropole qui compte dans le concert des cités méditerranéennes », Louis Aliot veut « fédérer autour d’un projet commun. »

S’il entend redonner à Perpignan sa place de ville locomotive, Louis Aliot tente de rassurer. « Je n’ai pas l’ambition de constituer un exécutif partisan, encore moins d’instaurer l’hégémonie de Perpignan ». Le maire de Perpignan entend, via un « pacte de gouvernance », « que la voix des communes soit préservée pour qu’elles soient toujours en mesure de défendre leurs intérêts ».

Édith Pugnet a quant à elle s’est déclarée « communaliste » plus favorable au mandat de maire qu’à la délégation des compétences à un échelon supérieur comme PMM. « La commune, c’est la base du bloc communal. C’est le creuset des politiques locales, là où se construisent des réponses de proximité, de services rendus aux habitants, là où l’action est immédiate, créatrice, inventive, renouvelée et en capacité d’intégrer rapidement les évolutions sociétales, comme celles du changement climatique ou d’une crise géopolitique internationale, impactant nos finances notamment. »

Durant son discours, Édith Pugnet a également a taclé les dangers de positions partisanes : « Un EPCI est un Établissement Public de Coopération Intercommunale, et non une collectivité où les couleurs politiques priment. Ou (…) un Établissement Public de Copinage Intercommunal, voire de Cachotterie ou de Combine Intercommunale. »

Le Rassemblement national 66 et la mairie de Perpignan se félicitent de l’élection de Louis Aliot

Dans les cinq minutes qui ont suivi le dépouillement, le bureau départemental du Rassemblement national envoyait un communiqué de presse indiquant : « Louis Aliot confirme que nos méthodes d’administration des territoires, tout comme nos solutions pour répondre aux problèmes des Français sont validées bien au-delà de notre famille de pensée. » Le service communication de la mairie de Perpignan se félicitait également de cette élection. « La Municipalité de Perpignan est donc particulièrement fière de voir Louis Aliot accéder à la présidence de Perpignan Méditerranée et positionner ainsi notre ville à la place de leader des politiques de développement économique, d’aménagement du territoire et de valorisation de notre destination. »

Les vice-présidences de PMM négociées en amont du vote 

Signe que des discussions en amont ont été menées, l’ensemble des candidats aux 15 vice-présidences n’ont reçu qu’une seule candidature. Sans être aux seules couleurs du Rassemblement national, l’exécutif issu du vote donne une place importante à l’entourage politique de Louis Aliot, avec trois adjoints de Perpignan et trois maires proches du RN66.

  • 1er vice-président, Stéphane Loda, maire de Canet-en-Roussillon est élu avec 62 voix, et 26 votes blancs.
  • 2e vice-président, Robert Vila, maire de Saint-Estève et ancien président de PMM, recueille 74 voix. À noter 12 bulletins blancs.
  • 3e vice-président, Gilles Foxonet, maire de Baixas est élu avec 59 voix, malgré 28 votes blancs.
  • 4e vice-président, Laurence De Besombes Singla, maire de Saint-Laurent de la Salanque est élue avec 55 voix. 30 conseillers communautaires ont voté blanc.
  • 5e vice-président, Alain Dario, maire de Peyrestortes est élu avec 76 voix, avec seulement 9 votes blancs.
  • 6e vice-président, François Dussaubat, adjoint aux finances de Perpignan est élu avec 55 voix. 30 élus ont glissé un bulletin blanc.
  • 7e vice-président, Alain Ferrand, maire du Barcarès, recueille 59 voix. 28 élus ont voté blanc.
  • 8e vice-président, Armelle Revel-Fourcade, maire du Soler est élue avec 59 voix, malgré 29 votes blancs.
  • 9e vice-président, Jean-Charles Moriconi, maire de Pollestres élu avec 70 voix. 13 blancs.
  • 10e vice-président, Nicolas Barthe, maire de Toulouges obtient 60 voix. 26 blancs.
  • 11e vice-présidente, Jacqueline Irlès, maire de Villeneuve de la Raho l’emporte avec 58 votes contre 28 votes blancs.
  • 12e vice-présidente, Carla Mutti, maire de Canohés est élue avec 55 voix, 27 votes blancs.
  • 13e vice-président, Julien Potel, maire de Rivesaltes recueille 59 voix. À défaut d’autre choix, 29 opposants choisissent un vote blanc.
  • 14e vice-président, Frédéric Guillaumont, adjoint à la mairie de Perpignan est élu avec 63 voix. 25 votes blancs.
  • 15e vice-président, Franck Rémi, adjoint à la mairie de Perpignan est élu avec 54 voix. 29 votes blancs.

Après les vice-présidences, le vote s’est poursuivi par l’élection des 28 membres d’un bureau de PMM élargi. L’occasion pour les maires oubliés des vice-présidences de pouvoir faire entendre leur voix durant la mandature qui s’ouvre.

Les compétences de Perpignan Méditerranée Métropole

Perpignan Méditerranée Métropole (PMM) est la communauté urbaine qui réunit 37 communes autour de Perpignan et gère, à cette échelle, des compétences majeures du quotidien et de l’aménagement du territoire. Elle intervient notamment en matière de développement économique, de transports et de mobilités, de collecte et de traitement des déchets, d’eau et d’assainissement, d’habitat, d’urbanisme, de voirie, de tourisme ou encore de transition écologique.

En clair, l’agglo sert à mutualiser les moyens des communes pour porter des services publics et financer des projets structurants que chacune ne pourrait pas assumer seule. Sa présidence pèse donc bien au-delà du symbole politique, puisqu’elle permet d’orienter les investissements et les priorités de l’ensemble du bassin de vie.

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