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Photoreportage – Du sable et des larmes ? Un été 2020 à Argelès-sur-Mer par Stéphane Ferrer Yulianti

LECTURE

De 10.000 à 100.000 habitants, Argelès-sur-Mer est une des plus importantes destinations balnéaires d’Europe. Entre les restaurateurs, l’hôtellerie, les loisirs, le secteur du tourisme implique beaucoup de professionnels. À l’aube d’un été sous crise sanitaire, comment ces acteurs s’organisent-ils pour accueillir les estivants ?

Un photoreportage signé Stéphane Ferrer Yulianti et marrainé par Jacqueline Nicolas.

♦ Chouchous ! Masques ! Boissons fraîches ! L’été 2020 à Argelès

Le doux bruit des vagues qui s’allongent sur la plage. Au fond, les Pyrénées finissent leur course dans la Méditerranée qui reflète le bleu d’un ciel d’été. Sur le sable, les tractopelles valsent, les postes de secours s’érigent un à un. Les clubs de plages sont sur les dernières finitions tandis quelques rares restaurants n’ont pas rouvert. Les promeneurs de l’Allée des Pins se font moins nombreux : difficiles d’imaginer que nous sommes à la mi-juin.

♦ À Argelès-sur-Mer, pas moins de 48 campings ont aménagé leur établissement

À la réception du Camping les Galets, les clés sont désinfectées avant la remise au client ; et un flacon de gel hydroalcoolique a été ajouté dans le kit de distribution.

« Aucune animation n’a été supprimée, il y a de l’espace entre les tables avec un sens de circulation et c’est la même chose pour les transats autour de la piscine » nous assure Manuel Bey, le propriétaire du camping. Avant de rajouter : « La capacité d’accueil de notre piscine est de 250 personnes en temps normal. Nous l’avons réduit à 100 personnes ».

Il poursuit : «Pour le nettoyage quotidien des espaces en commun, des plages horaires sont affichées à l’entrée de la piscine, des parcs pour enfants, terrains de sport… Cela nécessite un emploi à temps plein pour l’hygiène ».

Des changements d’habitudes qui ne semblent pas décourager Alexandra, habituée de la station. « Nous descendons en famille toujours à cette période ; cette année est forcément plus calme ».

♦ Calme aussi pour Magalie et Sabine, agents de nettoyage du camping

« Il n’y a que des petits changements à nos méthodes de travail depuis le Covid. Nous portons des masques, nos produits ménagers contiennent maintenant des virucides et nous insistons un peu plus sur le frottage des poignées de porte. Nous pouvons aller jusqu’à 80 Mobile-homes les jours de pic. Si le temps est court entre un départ de vacanciers et l’arrivée des nouveaux occupants, un opérateur vient appliquer un spray spécial qui agit 8 min dans la pièce ».

L’établissement a un taux d’occupation de seulement 50% depuis la reprise le 6 juin ; tendance qui se reflète également sur la station balnéaire qui perd environ 20% des réservations sur le cœur de la saison par rapport à l’année dernière.

♦ L’office de tourisme encaisse également une baisse de fréquentation

Jean Florent Boineau, le directeur explique « Sur les 15 premiers jours de juin on a accueilli moins de 100 visiteurs par jour alors qu’habituellement nous sommes entre 400 et 500 visiteurs par jours sur la même période ». Néanmoins, le hall d’entrée a complètement été réaménagé afin d’accueillir dans les meilleures conditions les visiteurs ; sens de circulation, distance de sécurité à la file d’attente, mise à disposition de gel hydroalcoolique, portes d’entrée et de sortie différentes, panneau plexiglas auprès des hôtesses d’accueil.

Danielle et Jacques viennent tout juste d’arriver à Argelès depuis la Drôme. « Nous venons régulièrement. Le hall de l’office a complètement changé. Nous sommes rassurés du dispositif car nous ne voulions pas annuler notre séjour ».

♦ À une centaine de mètres de là, les premières allées marchandes

Si quelques échoppes n’ont toujours pas levé les rideaux, la grande majorité des commerces a rouvert pour la saison ; et ils se sont également adaptés. Certains étals proposent déjà des masques tendances, aux couleurs estivales : des masques à la mode.

Sur les quais du port, l’activité est quasiment revenue à la normale. Richard y tient un restaurant et se veut confiant pour le reste de l’été. « Les Français vont voyager autour de chez eux ; ils vont jouer le jeu et dépenser. Après 2 mois de confinement, les gens veulent en profiter. Le jour de l’ouverture de mon restaurant, je n’ai constaté aucune baisse des nombres de couverts par rapport à la même période l’année d’avant. ».

♦ Et du côté des festivités de l’été ?

Victorien Pierrugues est responsable des animations sur Argelès. « Durant le confinement, nous avons dû annuler ou reporter certains événements. Et pour la saison à venir, certains n’auront pas lieu. Cependant, nous réfléchissons constamment pour nous adapter. Par exemple pour les feux de la Saint Jean, une importante célébration locale, nous allons distribuer des milliers de bougies aux habitants pour qu’elles soient allumées aux fenêtres et balcons ».

Les animations à Argelès représentent une part importante du budget pour stimuler le secteur touristique. « Les chars du carnaval devaient sortir deux fois cet été ; mais ils devront rester dans le hangar car les événements sont annulés pour des raisons sanitaires évidentes ». L’édition des Déferlantes 2020 a par ailleurs été reportée à l’année prochaine.

♦ Sur les plages, les sauveteurs en mer ont également modifié leurs techniques

Jean-Luc Bartoli, le chef de plage, a réfléchi durant la période confinement à une méthode simple mais inédite pour secourir une personne à l’eau en évitant toute interaction avec cette dernière. Alors qu’auparavant le sauvetage se faisait dos à la personne en difficulté, joue contre joue, la nouvelle technique elle, implique un coussin de voyage qui vient se caler sur la nuque de la victime gardant sa tête hors de l’eau et une bouée tube installée autour de la taille pour être tractée.

« C’est simple et rapide à mettre en place. Le sauveteur et la victime sont ainsi protégés. Une fois la personne remorquée sur le sable, nous mettons un masque sur nous et sur elle. La crise sanitaire a permis de réfléchir et d’appliquer de nouvelles règles barrières que nous allons maintenir pour protéger tout le monde. Mesures que nous maintiendrons également aux 6 principaux accès sur nos plages où un sens de circulation a été instauré » nous confie Jean-Luc Bartoli.

Par sa dimension internationale, l’actuelle crise sanitaire aura fortement impacté les acteurs du tourisme à Argelès. Une crise qui, malgré tout, a permis à chacun d’eux de se réinventer, d’innover et d’évoluer. Alors qu’une seconde vague est redoutée, la station, elle, s’est préparée pour voir le touriste profiter de la houle et des écumes.

♦ Remerciements aux mécènes du projet “4 Regards pour notre Territoire”

L’équipe de Made In Perpignan se joint aux photographes pour remercier celles et ceux qui ont rendu possible cette aventure photographique. Parmi eux, nos quatre marraines et parrains : Bénédicte Vincent, Jacqueline Nicolas, Lucien Assens et Jc Milhet. Et bien évidemment nos mécènes : Jonathan Hareau, la famille Morata/Herand, Patricia Morita, Mlle Mercier, Alain Mangeot, Pascale Marchesan, Agnès Langevine, Antoine et Raymond Torres, et Sébastien Ménard. Un grand merci à vous…

♦ Biographie de Stéphane Ferrer Yulianti

Stéphane est un photojournaliste et vidéaste franco-indonésien. À 22 ans, il décide de découvrir l’Asie et l’Océanie où il fait ses premiers pas dans le photoreportage.

Il obtient le DU de photojournalisme à l’université de Perpignan et remporte la même année le Prix Découverte au Off du festival Visa pour l’Image avec son reportage en Iran. Son documentaire sur la permaculture au Maroc est relayé par de nombreux médias et atteint les 50 000 vues. Fin 2017, il s’installe au Myanmar (Birmanie), il y enseigne la photographie et travaille à l’organisation du Yangon Photo Festival. 

En 2017, il remporte le Prix Découverte Festival OFF/ Visa pour l’Image pour son reportage « Iran : de sable et d’azur». 2018, ce sera le Prix Nature et Environnement au Grand Prix du Photoreportage Etudiant Paris Match pour son reportage « Brick’s Generation ».

En 2019, Stéphane a rejoint le collectif Hans Lucas qui regroupe plus de 500 photographes répartis partout dans le monde.

Découvrir un autre reportage de Stéphane sur Made In Perpignan -> De la Birmanie à Perpignan – Rapatrié à travers une planète confinée

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