Plus ou moins nombreux voir âgés, mariés ou pacsés, avec ou sans enfants ? Qui sont nos voisins de palier en 2019 ?

LECTURE

Dans son “Portrait social de la France”, l’INSEE a publié de nombreux éléments sur l’évolution de la société française depuis 1975. Après le travail et le niveau de vie des Français hier, voici un second volet plus démographique. Et qui dit démographique, dit graphique… Mais rassurez-vous, nous n’allons pas vous noyer dans les chiffres. Population, immigration, natalité, vie conjugale, familles monoparentales, le visage de la France s’est indéniablement transformé en 40 ans.

♦ Démographie, espérance de vie – Les Français sont plus nombreux et plus vieux

En 2019, la France métropolitaine compte 65 millions d’habitants contre 53 millions en 1975, soit 12 millions de plus. Environ 80 % de cette hausse sont dus au solde naturel. Ce solde étant la différence entre le nombre de naissances et de décès.

En 1975, 13,4 % de la population avait 65 ans, contre  20,3 % en 2019. Un vieillissement de la population qui contraint les politiques publiques à s’adapter. Réforme des retraites, des hôpitaux, des maisons de retraite, prise en charge de la dépendance, autant de problématiques à étudier. Et un enjeu pour la région Occitanie dont nous vous parlerons demain.

Idem pour “le vivre ensemble”… Certains nostalgiques rêvent d’un retour à la France des clochers. Mais force est de constater que le climat n’est guère à l’apaisement entre ce que certains qualifient de “Français de souche” et les “Français issus de l’immigration”.

L’Insee rappelle qu’en 2018, les immigrés représentent 9,7 % de la population résidant en France métropolitaine. Quand ils représentaient 7,4 % de la population en 1975. Une tendance migratoire stable jusqu’aux années 2000, et qui s’est accrue depuis. De manière générale, la population immigrée est plus féminine, plus âgée et plus diplômée qu’il y a 40 ans. Le solde migratoire s’établit à + 61.000 personnes en moyenne par an entre 1975 et 2015.

♦ Des maternités de plus en plus tardives et un taux de fécondité en recul

Les femmes donnent naissance à leurs enfants de plus en plus tard. L’âge moyen à la maternité, tous rangs de naissance confondus, était de 26,7 ans en France en 1975. Depuis 1977, il n’a cessé de reculer : il a dépassé 28 ans en 1988, 29 ans en 1995, 30 ans en 2010 et atteint 30,7 ans en 2018. Ce constat est également valable pour l’âge au premier enfant, qui a reculé de 4,5 ans sur la même période.

“Ce recul est en partie lié à la généralisation des études supérieures pour les jeunes femmes au cours des quarante dernières années. En effet, les femmes diplômées de l’enseignement supérieur ont leur premier enfant plus tard que les moins diplômées. Par exemple, l’écart par rapport aux femmes sans diplôme atteint 4 ans en moyenne en 2015. En raison de la démocratisation de l’enseignement supérieur et de l’allongement de la durée des études, de plus en plus de femmes retardent l’arrivée de leur premier enfant. Ce recul peut s’expliquer aussi par le désir de plus en plus important de vivre un certain temps à deux et d’avoir une situation stable avant d’avoir un enfant.”

Conséquence de ce recul de l’âge à la maternité, les âges de plus forte fécondité des femmes ont également reculé. Les taux de fécondité ont baissé pour les femmes de moins de 25 ans, alors qu’ils ont augmenté pour les femmes de plus de 30 ans.

♦ Mariage, Pacs, Divorce, les formes conjugales des Français 

En France, vivre en couple marié reste la situation conjugale la plus répandue. Les familles constituées de deux parents mariés vivant avec leurs enfants représentent encore plus d’une famille avec enfants mineurs sur deux. Cependant, les formes de conjugalité ont profondément évolué au fil du temps et le mariage n’est plus la seule forme d’union cohabitante.

Jusqu’à la fin des années 1960, plus de huit couples sur dix s’étaient mariés avant le début de la cohabitation et les naissances hors mariage restaient rares. À partir des années 1970, le nombre de mariages chute, avant de se stabiliser dans les années 1990. Se marier avant de s’installer en couple est aujourd’hui rare. Les personnes qui se marient le font de plus en plus tardivement après leur emménagement en couple.

Le pacte civil de solidarité (Pacs), alternative depuis 1999 au mariage pour contractualiser une union, s’est répandu. Après l’engouement des premières années, le nombre de Pacs conclus avoisine aujourd’hui celui des mariages. Parallèlement, les unions sont devenues plus fragiles. Pour exemple, 13 % des mariages conclus en 1975 ont duré moins de 10 ans, contre 21 % de ceux conclus en 2005.

♦ 84% des familles monoparentales composées de femmes seules avec des enfants mineurs

Le nombre de ces familles composées d’un seul parent a presque doublé depuis 1990, passant de 12% dans les années 90 à 23% aujourd’hui. Qu’il s’agisse d’un divorce ou de la rupture d’une union libre, la France comptait en 2011, 210.000 familles monoparentales.

Alors que les pères perdent, au moment de leur séparation, en moyenne 10% de leur niveau de vie, les mères, elles voient leur niveau de vie baisser de 20%. L’INSEE explique cette disparité par un revenu souvent inférieur des femmes. Mais aussi par le fait que les femmes obtiennent plus souvent la garde exclusive des enfants.

Autre enseignement, la moitié des pères de famille retrouvent le niveau de vie d’avant séparation dans les 4 ans qui suivent. En revanche, dans le même laps de temps, les femmes conservent un niveau de vie inférieur de 7% à celui qu’elles avaient alors qu’elles étaient en couple.

♦ Les jeunes Français plus inquiets pour leur santé et face au risque d’agression dans la rue

L’étude montre que les jeunes Français âgés de 18 à 24 ans se démarquent de leurs aînés. Au même âge, leurs inquiétudes sont bien plus vives en matière de santé et de sécurité. 75 % seulement des 18-24 ans et 73 % des 25-39 ans jugent leur état de santé satisfaisant.

L’inquiétude à l’égard du risque de menace physique dans la rue progresse également depuis quarante ans. En 1982, 35 % des Français étaient inquiets à ce sujet ; ils sont 59 % à l’être en 2019. Les femmes sont d’ailleurs plus anxieuses sur ce point que les hommes.

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