fbpx
Aller au contenu
Accueil » Photographie » Photojournalisme » Visa 2022, vital tant que des photojournalistes mourront pour des images

Visa 2022, vital tant que des photojournalistes mourront pour des images

France, Perpignan, 2021-08-19. Illustration, installation of banners, posters and signs for the 33rd Visa pour l Image festival in Perpignan. With one week to go before the 2021 edition, the municipal and festival teams are busy setting up the communication for the famous photojournalism festival. Photograph by Arnaud Le Vu / Hans Lucas.

Article mis à jour le 23 mai 2022 à 18:43

Après deux années de Covid où le festival Visa pour l’Image s’est tenu malgré tout, cette 34e édition marque le retour à la normale du festival international de photojournalisme. Jean-François Leroy, fondateur et directeur du Festival déclarait en conférence de presse : « Il y aura bien sur une grosse place pour l’Ukraine cette année, mais entre nos expositions et nos soirées, Visa va s’attacher à montrer le monde tel qu’il est ». Visa 2022 se tiendra du 27 août au 11 septembre.

♦ Les deux derniers photographes de Marioupol en conférence à Visa pour l’Image

Parmi les temps forts de cette 34e édition de Visa pour l’Image la conférence des deux derniers journalistes de Marioupol en Ukraine. Mstyslav Chernov et Evgeniy Maloletka, journalistes et photographes pour l’agence Associated Press sont restés jusqu’au dernier moment dans cette ville ukrainienne symbole de l’acharnement Russe. Arrivés sur les lieux le 23 février, ils ont été exfiltrés le 15 mars par des équipes sanitaires. Ils étaient les deux derniers journalistes travaillant pour un média étranger sur cette zone dévastée. Dans un article en anglais sur APnews, ils font le récit glaçant de ces 20 jours en zone de guerre.

KYIV, UKRAINE - Feb. 25, 2022: War of Russia against Ukraine. A residential building damaged by an enemy aircraft in the Ukrainian capital Kyiv
KYIV, UKRAINE – Feb. 25, 2022 – Credit Mikhail Palinchak

« Une bombe après l’autre, les Russes ont coupé l’électricité, l’eau, les vivres et, finalement, les tours de téléphonie mobile, de radio et de télévision. Les quelques autres journalistes présents dans la ville ont pu s’échapper avant que les dernières connexions ne disparaissent et qu’un blocus complet ne s’installe. L’absence d’information dans un blocus permet d’atteindre deux objectifs. Le chaos est le premier. Les gens ne savent pas ce qui se passe, et ils paniquent.

Au début, je ne pouvais pas comprendre pourquoi Marioupol s’est effondrée si rapidement. Maintenant je sais que c’était à cause du manque de communication. L’impunité est le deuxième objectif. Sans informations en provenance d’une ville, sans images de bâtiments démolis et d’enfants mourants, les forces russes pouvaient faire ce qu’elles voulaient. Si nous n’étions pas là, il n’y aurait rien ».

♦ Parmi les expositions de Visa pour l’Image 2022, l’Afghanistan, le Liban, la Birmanie, la Syrie, la 6ème extinction, le handicap…

Parmi les 25 expositions, celle d’Andrew Quilty, photographe australien qui vit à Kaboul depuis 2013. Son exposition s’attachera à montrer la vie des Afghans avant et après le retour des Talibans à Kaboul. Plus local, et dans cette année d’élections, le festival a souhaité mettre en lumière de travail de Jean-Claude Coutausse. Ce journaliste indépendant qui couvre la politique française s’est exprimé dans Polka, journal de référence.

“La politique ne peut se suivre que dans la longueur et qu’avec le soutien d’un journal. Mon but est d’essayer d’aller au plus près de ces personnages pour les comprendre. Sans tomber dans la haine ni dans l’amour.”

Brent Stirton habitué du festival présentera une exposition sur la viande de brousse ; un travail débuté bien avant le début de la pandémie de Covid. Le journaliste sud-africain a photographié tous ces animaux « étranges » que l’Homme mange ; du pangolin en passant par la chauve-souris et le singe. Le festival met aussi à l’affiche le travail de Paolo Woods « Happy pills ». Ces pilules du bonheur qui permettent tour à tour de dormir, de se réveiller, de cesser d’avoir mal ou d’avoir une érection. Aux côtés du journaliste Arnaud Robert, le photographe Paolo Woods a parcouru le monde à la recherche de ces Happy Pills. Un travail photographique à découvrir à Visa pour l’Image 2022.

France, Perpignan, 2021-09-03. Illustration, visitors and festival-goers browse the exhibits at the Dominican Church, one of the nine venues of the Visa Pour L Image photojournalism festival, which takes place every year during the first three weeks of September. Photograph by Arnaud Le Vu / Hans Lucas. France, Perpignan, 2021-09-03. Illustration, des visiteurs et festivaliers parcourent les expositions de l eglise dominicaine, un des 9 lieux du festival de photojournalisme Visa Pour L Image qui se deroule chaque annee les 3 premieres semaines de septembre. Photographie de Arnaud Le Vu / Hans Lucas.

> Lire aussi notre article l Jeunesse & Visa l « Il n’y pas d’image violente, c’est la situation qui est violente »

♦ Visa pour l’image c’est aussi le moment de rappeler haut et fort l’importance de la liberté de la presse et les risques encourus par les ceux qui font l’information

Chaque année, les éditos de Jean-François Leroy sont comme une piqûre de rappel pour dire l’état de la profession. Cette année, l’édito du directeur du festival débute par une longue liste ; celle des 20 journalistes, photographes, reporters ou vidéastes morts en Ukraine depuis 2014, date de l’annexion de la Crimée et la sécession de Donets et Lougansk. « Huit ans déjà que cette guerre gronde aux portes de l’Europe ». Quant au Président de l’association Visa pour l’Image, Renaud Donnedieu de Vabres, il rend, via son édito, hommage à ces « soldats de paix ». 

Jean-François Leroy - Perpignan 2019
Jean-François Leroy – Perpignan 2019

♦ Les projections au Campo Santo et au Théâtre de l’Archipel

Du lundi 29 août au samedi 3 septembre, Visa pour l’Image organise 6 soirées de projections. Des soirées qui débutent par la rétrospective des événements de l’année écoulée et se poursuivent par la diffusion de reportages, tantôt poignants, tantôt révoltants mais toujours éclairants. Ces soirées sont aussi l’occasion de remettre des prix, celui de la Croix Rouge, le prix Rémi Ochlik ou celui de Camille Lepage, deux photojournalistes décédés en exerçant leur métier. Jean-François Leroy de rappeler que ces prix redistribuent chaque année 150.000€ aux photojournalistes lauréats.

Participez au choix des thèmes sur Made In Perpignan

Envie de lire d'autres articles de ce genre ?

Comme vous avez apprécié cet article ...

Partagez le avec vos connaissances