Article mis à jour le 6 juillet 2026 à 07:24
Michel Hugé, maire de Castelnou, n’a pas quitté le navire. Alors que sa commune et des dizaines d’autres dans les Aspres sont évacuées face à la menace de l’incendie de Trévillach, il continue de surveiller la progression des flammes. La situation a un sinistre air de déjà-vu.
La préfecture a activé une cellule d’information du public (y compris pour proposer votre aide), joignable au 09 70 80 90 40. Retrouver notre direct ici.
Il est 22h30. Avec deux élus, Michel Hugé examine une carte topographique au milieu d’une commune fantôme, évacuée quelques heures plus tôt. Son téléphone sonne toutes les minutes. Le plus souvent, il s’agit de bonnes âmes offrant leur aide aux quelque 300 villageois. « J’ai même eu des gens de Saleilles qui proposaient des chambres ! Ces initiatives à la fois entre les habitants du village et à l’extérieur, c’est fabuleux. On se plaint toujours de l’individualisme des gens, mais dans ce cas les initiatives font plaisir. »
La solidarité est en marche. La décision préfectorale est tombée en fin d’après-midi. « Il fallait vider les Aspres de leurs habitants. Nous, nous avons l’habitude, mais pour Sainte-Colombe ou Camélas c’est un peu plus compliqué. Sur Castelnou, on est menacé tous les ans, alors ça devient facile. » Le haut du village est d’abord vidé, puis c’est au tour des hameaux en contrebas. « En une heure c’était plié. »
Quelques personnes âgées laissées sur place, leur adresse sous surveillance
D’ordinaire, seule la partie fortifiée de Castelnou, avec seulement une cinquantaine d’habitants, est évacuée. Cette fois, même le lieu-dit l’Auxinell, sur la plaine, a reçu l’ordre. « L’Auxinell, c’est les deux tiers de la population de Castelnou. Heureusement je n’ai pas eu de réaction épidermique des habitants. Chacun est autonome. » Amis et covoiturage ont été mobilisés, et pour une partie les lieux d’accueils communaux, à Thuir notamment.

Seules deux ou trois personnes âgées, qui ont du mal à se déplacer et logent dans les secteurs les moins menacés ont été autorisées à rester à domicile. « J’ai convenu avec la gendarmerie de laisser ces personnes, en donnant leur adresse. Si les flammes devaient s’approcher de ces maisons, ils seront évacués. »
Plus serein qu’en 2024
Michel Hugé se dit moins inquiet que lors du feu de 2024 sur le massif. « On était en plein dans la ligne de mire. Il y avait eu des coupures d’électricité. Là, ça progresse, mais le vent est tombé et on a le temps de mesurer les choses. » Les premières flammes seraient à environ 15 km à vol d’oiseau. Le domaine de Querubi, une exploitation d’huile d’olive, a ouvert ses portes à des habitants isolés et leurs animaux, en espérant qu’il ne soit pas lui-même évacué.
On sent chez le maire une certaine usure de cette épée de Damoclès qui revient régulièrement. Le village est encaissé au milieu de collines très sèches, avec des dizaines de versants comme autant de facettes représentant un risque. « Ça devient récurrent. » Il espère un retour à la normale au plus tôt, et un maintien de l’électricité, pour limiter les pertes des commerces et restaurants du village.
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