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Chronique : Radio Blum, la radio qui (vous) décoiffe !

Près de Perpignan - Radio Blum, la radio qui vous décoiffe

Article mis à jour le 7 février 2024 à 10:55

L’association Mediaclic, dont Alice Fabre notre journaliste fait partie, repart sur les routes du département pour mener à bien des projets d’éducation aux médias et à l’information. Dans la chronique d’aujourd’hui : le début des ateliers radio au sein du lycée professionnel Léon Blum.

Et c’est reparti pour un tour !

Après plusieurs mois de diète d’éducation aux médias, les projets reprennent et tous en même temps bien sûr, sinon ça serait moins fun. Avec ma binôme Barbara nous avons commencé depuis quelques semaines à intervenir auprès des lycéens de Léon Blum à Perpignan. Ils et elles sont en CAP coiffure, et doivent mener à bien un projet chef-d’œuvre, un objet pédagogique mis en place par le ministère Blanquer, et qui consiste en une (je cite le site de l’Éducation nationale) : « réalisation, collective ou individuelle, qui vous permet d’exprimer des talents en lien avec votre futur métier, et aussi de montrer et de valoriser vos compétences. ».

Autant vous dire que l’enseignant de coiffure passionné de radio qu’est Christophe Lozano n’a pas hésité longtemps avant de décider ce qu’il allait faire de cette nouvelle réforme. Il a mis des micros et des enregistreurs dans les mains de ses élèves, et quelques mois plus tard, sa classe faisait partie des lauréats du prix Mediatiks 2023 (le même que celui remporté par le collège Jules Verne du Soler). Christophe, c’est un personnage. Il manie aussi bien les ciseaux que les fourneaux, concoctant douceurs sucrées pour les courageux étudiants (et intervenants) qui démarrent à 8h les ateliers radio. Toujours au petit soin, proposant un café entre deux exercices, et toujours plein d’idées. Son dynamisme contraste avec les têtes matinales embrumées du mercredi matin.

Une émission de radio sur le rôle social du coiffeur et de la coiffeuse

Ce qui est chouette avec ce projet, c’est qu’on le fait en petit nombre – douze élèves maximum – et pour nous, c’est un sacré changement. Exit le manque de temps pour réécouter collectivement les exercices d’interview menés par les apprenant(e)s, j’ai pu pour la première fois conduire une séance de bout en bout en ne me pressant pas. Assis en cercle, nous avons pris ces minutes qui nous manquent souvent pour entendre leurs essais radio (ils devaient se poser des questions entre eux), faire des retours, et tenter de mettre des mots sur ce qui fait qu’une question ou une réponse deviennent intéressantes en interview. Et puis c’est aussi une première étape dans l’écoute de sa propre voix. La première fois c’est toujours désagréable, et puis petit à petit on s’y fait…ou pas.

Avec cette classe, on prépare une émission sur le rôle social du coiffeur (et de la coiffeuse) : le bien qu’il ou elle nous apporte, la confiance qu’il ou elle nous transmet en nous offrant un moment de détente, en nous mettant tout en beauté. L’occasion de travailler l’angle journalistique aussi, en nous concentrant sur le thème de l’émission pour choisir les questions qu’il faudra poser lors de leurs stages de fin d’année. À leur retour en janvier, on écoutera les interviews qu’ils auront faites de leur tuteur, et on dessinera le plan de l’émission qu’ils enregistreront ensuite dans les studios de France Bleu Roussillon.

D’ailleurs je me questionne sur l’intérêt de marteler à tout va la notion « d’angle journalistique », un terme aussi flou pour ces élèves que l’est la technique du dégradé pour nous. Pourquoi cet attachement de la profession à ce terme que je trouve barbare et pas du tout clair. Les élèves eux-mêmes peinent à le maîtriser. Je préfère prendre des chemins détournés qui mèneront au même endroit : la prise du micro pour mettre en mots, et en voix, des récits autour du rôle que joue le coiffeur dans la société.

Rendez-vous en janvier pour la suite du projet…

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Alice Fabre