fbpx
Aller au contenu
Ecole 42 Perpignan piscine 2023

Ils ont plongé pour 26 jours dans la piscine de l’École 42 de Perpignan

Article mis à jour le 16 novembre 2023 à 12:53

L’École 42 lancée installée à Perpignan depuis l’automne 2022, organisait ce lundi 9 juillet sa seconde «piscine». Parmi les 300 candidats, la moitié participe à la sélection du mois de juillet. Au bout de presque un mois, ils espèrent tous intégrer cette école gratuite où le codage informatique s’apprend sans cours et sans enseignants. Plongeons au cœur de la deuxième piscine de l’École 42 Perpignan.

Ce lundi de juillet, il fait déjà plus de 29 degrés à 9 heures du matin. Plusieurs personnes se dirigent vers la ruelle à l’arrière du bâtiment des Dames de France. Point commun, ils semblent tous prêts à plonger dans le grand bain, serviette de plage, bouée ou bonnet de bain sont de rigueur. Le bord de mer serait-il arrivé sur les rives de la Place Catalogne ? Que nenni, Omar, Romain, Stéphanie ou Anthony sont fin prêts à plonger dans la piscine de l’École 42 et rafraîchir leur parcours professionnel devant l’océan d’iMac alignés de l’autre côté d’une passerelle encombrée de bouées licorne et autres canards de sauvetage.

Qui sont les aspirants au codage de l’École 42 Perpignan ?

Devant les portes grises de l’École 42 ce lundi matin, les aspirants à l’intégration ont entre 17 et 48 ans. Et ils viennent en majorité de la région Occitanie. Seulement 20% de femmes, mais Stéphanie qui patiente équipée de sa bouée lama prénommée Palgata se dit confiante. «Le secteur se féminise de plus en plus, et personnellement cela ne me fait pas peur».

À côté de Stéphanie, Anthony a également enfourché sa bouée lama. Anthony n’était pas destiné à passer des heures durant à aligner les lignes de code sur un ordinateur. Avant de postuler à l’École 42, il a déjà eu plusieurs carrières professionnelles. À seulement 33 ans, Anthony a déjà été boulanger-pâtissier avant d’installer des climatiseurs. Loin d’appréhender les 26 jours de piscine, Anthony se dit impatient de découvrir le codage. Quant à Stéphanie, elle est actuellement en vacances de son emploi. Durant l’année, la jeune femme de 38 ans accompagne des enfants en situation de handicap à l’école.

Rencontrés sur la file d’attente, Omar et Xavier ont tous les deux 26 ans. Le premier a travaillé dans le bâtiment, le second dans la vente. Aucun des deux ne se sent inquiet. Au contraire, ils voient la bonne ambiance et surtout l’entraide prônée par l’école. Omar a bien potassé le champ lexical marin et déclare : «Ici, tout le monde s’aide, ce n’est pas l’un contre l’autre. On avance ensemble, parce qu’on est tous dans le même bateau pour arriver à bon port.» Mais Omar a également participé à la piscine discovery. En effet, quelques semaines plus tôt l’École 42 avait déjà ouvert ses portes pour une semaine de découverte du métier. Cinq jours pour découvrir le codage et les méandres de l’informatique.

À 9h30, une énorme enceinte aux bras d’un des responsables de 42 crache en boucle le solo «Gandalf Sax Guy 10 Hours». Géro, directeur de l’école, tel un Gentil Organisateur du club Med, plante le décor du jeu qui va permettre aux candidats d’accéder à la salle du 2e étage des dames de France.

L’algorithme aux formules secrètes qui sélectionne les futurs développeurs

Ils sont plusieurs à accompagner les aspirants étudiants. Parmi eux, des étudiants de la première promotion de l’École 42 Perpignan. Lou porte un t-shirt au titre ronflant de «tuteur». Il y a quelques mois, il était pourtant à la place de Stéphanie, Omar ou Romain. Aujourd’hui, Lou a presque fini le tronc commun, et va bientôt débuter un stage de six mois avant d’envisager la spécialisation. Selon Lou, le niveau technique des stagiaires est important, mais pas primordial. Il y a bien plus d’éléments à prendre en compte pour la note finale, l’assiduité et surtout la capacité à jouer collectif. En effet, ici pas de professeur, c’est donc l’intelligence collective qui fait avancer les compétences.

«Tout le monde a autant de chances de s’en sortir, c’est ça la force de l’école», confie Antoine responsable pédagogique et technique de l’École 42 de Perpignan. «Il y a un partage d’intelligence collective et des expériences passées qui permet à tous d’avancer.» Les profils sont très variés, et le brassage énorme selon Antoine. «Ils vont tous travailler ensemble, partager leurs expériences. Au final, ils vont acquérir une nouvelle manière de réfléchir.»

Mais alors quel est le secret de la réussite de l’École 42 ? Selon Antoine c’est la motivation qui fait la différence. «Ils ont envie de venir, de travailler pour eux-mêmes sur des projets qu’ils ont choisi et qui les intéressent. Ils sont ici parce qu’ils l’ont décidé.» 

Une pédagogie innovante pour les recalés du système scolaire français 

Car oui, les candidats rencontrés partagent le constat d’échec du système scolaire classique. Même si certains ont un parcours brillant, ils disent avoir eu du mal avec les cours, les enseignants. Bien éloigné des cadres rigides, à l’École 42, le meilleur conseil d’Antoine aux étudiants est de profiter. «Avant tout, ils doivent s’amuser, c’est ça qui va faire la différence. C’est une question de motivation et d’aimer ce qu’ils sont en train de faire. Pour au final donner le meilleur de soi-même.»

Mais parfois, les candidats jettent l’éponge avant la fin de la piscine. Géro Vigney, directeur de 42 Perpignan et lui-même ancien de 42, nous confiait que dès le premier soir, plusieurs candidats allaient décider de ne pas poursuivre l’aventure. À la fin de la première semaine, une dizaine aura certainement quitté le navire prévoit Géro. «Certains se rendent compte que le codage ce n’est pas pour eux. Les autres seront freinés par l’ambiance trop collective de la formation.» 

Si certain se rendent compte rapidement que le codage n’est pas fait pour eux, le campus de l’École 42 de Perpignan attire. Marie, responsable communication, nous confiait que Perpignan était particulièrement plébiscité par des étudiants d’autres campus (Lausanne, Abou-dabi). 42 compte près d’une cinquantaine d’établissements en France, mais aussi à travers le monde. Et les étudiants peuvent demander à switcher (échanger) entre les campus.

Participez au choix des thèmes sur Made In Perpignan

Envie de lire d'autres articles de ce genre ?

Comme vous avez apprécié cet article ...

Partagez le avec vos connaissances

Maïté Torres