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Qui aura le niveau pour intégrer la fameuse École 42 à Perpignan ? Témoignage

Dans quelques mois, l’École 42 devrait prendre place dans les locaux des Dames de France. Relire notre article sur le sujet. La journaliste Priscilla Beauclair a interviewé Aaron, un ancien de l’École 42 Paris.

Les pratiques de l’École 42 interrogent autant ceux qui y voient un intérêt, que ceux qui se positionnent contre des formations ou enseignements dont la finalité ne fournit pas un diplôme reconnu par l’État. Alors qu’est ce qui attire les étudiants qui optent pour l’École 42 ? Aaron apporte un témoignage de ses deux années au sein de l’École 42 au Campus de Paris.

♦ Pourquoi choisir l’École 42 et quelle vision en avais-tu avant de l’intégrer ?

Après mes études en électronique, je n’ai pas réussi à trouver de formation en programmation qui me convienne. Je n’avais, soit, pas le bon diplôme, n’ayant pas le Bac, pour rejoindre une école d’ingénieur ; soit je n’avais pas les moyens financiers pour m’inscrire dans une école privée du style Epitech. Et 42 étant gratuite, sans condition de diplôme. J’ai choisi de tenter ma chance lors du concours de sélection appelé piscine.

Au tout début, je ne savais pas grand-chose sur 42, mis à part ses conditions d’admission ; gratuit, pas de diplôme, mais un concours très sélectif. Ainsi que sa philosophie ; pas de professeur, ouvert 24h/24 et 7j/7. Heureusement, lors du parcours d’inscription et d’intégration, plusieurs réunions d’informations sont organisées pour, d’une part, préparer les futures élèves à la structure particulière de 42, et d’autre part, rassurer les parents face à cette structure hors du commun.

Man in red long sleeve shirt using computer

♦ Comment l’as-tu intégrée ? Quelles en sont les conditions ?

Après s’être inscrit sur le site de 42, j’ai eu plusieurs tests à réaliser en ligne, sur leur site web. Un premier test d’une trentaine de minutes, puis un second de 2 heures. Ce sont principalement des tests de logique. Ensuite, si vous êtes sélectionné, vous êtes invité à choisir sur un calendrier la session de « piscine » à laquelle participer. La piscine est le concours d’admission de 42 ; c’est l’étape la plus dure et sélective du processus d’intégration.

Il s’agit d’une épreuve qui s’é​tale sur pas moins de quatre semaines, week-end compris, durant lesquelles le futur élève doit démontrer son affinité et de sa capacité à assimiler les rudiments de la programmation, et prouver sa motivation et détermination. La charge de travail sur ces quatre semaines est lourde et intense. Il faut une grande implication pour suivre le rythme sans « couler ».

Une fois la « piscine » terminée, l’école fait alors le tri entre les élèves pour choisir les meilleurs potentiels. L’exactitude des critères de sélection n’est évidemment pas connue pour éviter toute manipulation des résultats. Mais, meilleurs, n’implique pas nécessairement, les plus doués. L’assiduité et la sociabilité sont des qualités extrêmement importantes pour rejoindre 42.

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♦ Que recherchais-tu dans ce type de structure ? Quelles étaient tes attentes ?

Je recherchais premièrement, une formation en programmation de qualité ; mais surtout un cadre qui me correspondrait mieux. J’ai toujours eu du mal avec le cursus scolaire classique, ayant un trouble déficitaire de l’attention dit, TDAH. Il m’a toujours été difficile, voire impossible, de rester assis à écouter quelqu’un parler pendant des heures, mon cerveau décroche au bout de quelques dizaines de minutes. 42 n’a pas de professeur et encore moins de cours à suivre assidûment.

Ce sont uniquement des projets à thèmes à réaliser avant de pouvoir passer au suivant. Chaque projet aborde un aspect de la programmation, une fois validé vous passez au suivant. La plupart du temps, chaque notion acquise sur un projet sert de base aux suivants, ce qui permet de consolider les connaissances. Mes attentes étaient donc de trouver un cursus où ma concentration limitée n’était plus gênante. Défi réussit !

♦ Comment tes compétences ont-elles évolué dans ta formation, à quel rythme et avec quels moyens ?

Vite, très vite. Sincèrement juste durant les 4 semaines de piscine, j’ai appris énormément ; bien plus que je ne pensais qu’il était possible d’apprendre en si peu de temps ! Pour ce qui est du rythme, ça dépendra du projet à réaliser, certaines connaissances demandent beaucoup plus d’investissements et de recherches pour être assimilées, ou a minima comprises, que d’autres. Mais de manière générale, les compétences évoluent vite.

L’un des points fort de 42 est que, contrairement à des écoles d’ingénieur classiques, on ne fait que coder. Pas de théorie ou de cours sur des matières générales. Du coup, nos compétences en programmation pratique évoluent rapidement. Mais paradoxalement, c’est aussi un point faible, si vous avez des lacunes dans des matières générales ; anglais, math, etc. 42 ne propose rien là-dessus. Malgré tout, beaucoup d’élèves se portent volontaires pour faire des petits cours à ceux qui en ont besoin.

Perpignan Game Jam 2018
Exemple de coopération entre étudiants sur un projet informatique lors de la Perpignan Game Jam en 2018.

♦ En revenant sur ton expérience, quels sont les points positifs et négatifs de ce mode de formation ?

En points positifs ? Je dirais que le modèle de formation est très efficace, les horaires d’ouverture de l’école (24h/24, 7j/7), la communauté d’élèves à 42, la pluralité des projets et des domaines de la programmation ; web, applicatif, IA, réseau, Système, etc. Le campus n’est pas grand, mais très convivial. Les ordinateurs IMac sont régulièrement changés pour rester à jour, beaucoup d’événements avec des intervenants en rapport avec la programmation.

En points négatifs ? L’absence de contrainte peut s’avérer fatale pour les élèves qui ne savent pas correctement gérer leur temps. De par l’absence de cours, certaines connaissances sont dures à acquérir seul. On s’en rend compte en général lors de la première expérience professionnelle, mais rien d’insurmontable.

♦ Peux-tu en dire davantage sur les intervenants et les événements évoqués ?

Il y a des événements et des interventions sur différents domaines, quasiment toutes les semaines. Cela peut être des démonstrations sur l’usage de nouveautés informatiques. Des événements avec des entreprises qui ne sont pas du monde la technologie, comme des boîtes de mode, qui viennent pour présenter des projets qui intégreraient des univers différents.

Nous avons des interventions de spécialistes, tel que le directeur France d’IBM qui nous a présenté leur ordinateur quantique avec des ateliers de prise en main. Tous les ans, il y a aussi un concours sur des problématiques militaires… Il y en a pour tous les goûts ! 42 a également un partenariat avec HEC ; il y a un événement chaque année entre les deux écoles.

♦ On évoque la notoriété de l’École 42 au niveau professionnel. Est-ce dû à une bonne communication, ou bien as-tu perçu de l’intérêt de la part des recruteurs à la sortie de celle-ci ?

Pour le coup, 42 communique peu, surtout auprès des professionnels. Personnellement, j’ai eu de la chance, je suis sorti de 42 presque deux ans après les premières promotions. Les différents recruteurs avec qui j’ai échangé, et qui avaient déjà travaillé avec des étudiants de 42, étaient tous très satisfaits de leurs premières impressions.

Il est encore difficile de se positionner dans des entreprises plus anciennes qui n’ont toujours juré que par des parcours académiques très classique. Mais la tendance change doucement et l’engouement est à la hausse.

Espace des Dames de France à Perpignan - Images d'archives

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