07/05/2020, Collioure, France, Illustration déconfinement interdiction plages, bord de mer, terrasses des cafés et restaurants © Arnaud Le Vu / MiP / APM

Les premiers chiffres de l’impact de la crise sanitaire sur notre économie locale

LECTURE

La crise du coronavirus a été dévastatrice au niveau sanitaire mais également au niveau économique. Alors qu’elle présentait une économie dynamique en 2019, l’Occitanie a vu ce dynamisme s’interrompre en ce début d’année 2020.

♦ L’emploi premier symbole de la crise du Coronavirus

Tout semblait s’éclaircir pour la région Occitanie en 2019. L’emploi continuait de progresser de 1,8% en 2019 après une hausse de 0,9% en 2018. Ces résultats étaient même plus encourageants qu’au niveau national (1,1%). Le chômage a également connu un recul en Occitanie : -0,7 point (comme au niveau national), pour atteindre un taux de 9,6% ; le meilleur niveau régional depuis dix ans. Le nombre de demandeurs d’emploi, toutes catégories confondues, a diminué durant l’année 2019 ; alors qu’il ne cessait de progresser depuis 2008.

Mais l’arrivée de la Covid-19 a eu un fort impact économique. Comme partout en France, les mesures de confinement ont entraîné une baisse de la consommation, de la production et un arrêt des échanges internationaux. En Occitanie comme au niveau national, la baisse de l’activité économique est estimée à 33% par rapport à une situation “normale”. C’est pour cette raison que le gouvernement a décidé d’élargir le dispositif de chômage partiel destiné aux salariés du secteur privé. 

Selon la Dares, au 11 mai 2020, 115.000 demandes d’autorisation de mise en activité partielle ont été déposées par les entreprises d’Occitanie ; soit 927.900 salariés (6 sur 10). À elle seule, la région concentre 8% des salariés concernés par une demande de mise en activité partielle. Les salariés les plus précaires ont été plus durement touchés ; notamment ceux qui avaient un contrat court, puisque celui-ci n’a pas été reconduit à l’issue de cette période.

♦  Des recrutements retardés voire annulés à cause de la crise sanitaire Covid-19

C’est notamment le cas pour les emplois saisonniers ; dont le recrutement se fait généralement entre février et mai. Mais dès le mois de mars, les offres d’emploi ont chuté de 43% en Occitanie par rapport au mois de février. Cela ne s’arrête pas là, puisqu’en avril, les offres ont encore diminué de 55% sur un mois.

Par rapport à avril 2019, la baisse est de -75%, contre -73% en France métropolitaine. 

Ces bouleversements entraînent donc incontestablement une hausse du nombre de demandeurs d’emploi dès la fin avril. En Occitanie, la hausse atteint +21,7% pour le mois d’avril pour les demandeurs de catégorie A (sans activité), résultat d’une augmentation de 6,6% en mars. Au total, ce sont 444.800 personnes qui n’avaient aucune activité fin avril. En Occitanie, tout comme au niveau national, la hausse annuelle du nombre de demandeurs d’emploi (+23,9%) sans activité concerne davantage les hommes (+27,6%) que les femmes (+20,2%).

♦ Aéronautique et tourisme – Deux secteurs majeurs de l’Occitanie touchés

En 2019, le trafic aérien mondial enregistrait un nouveau record : 4,7 milliards de passagers. Airbus a su tirer profit de cette croissance du trafic aérien en devenant le leader mondial avec 863 livraisons ; tandis que Boeing a dû faire face aux difficultés liées aux accidents du 737 Max et n’a assuré que 380 livraisons. En 2020, la crise sanitaire a engendré un arrêt net de cette croissance continue de l’activité aéronautique.

Les livraisons d’Airbus s’élèvent à 136 appareils sur les quatre premiers mois de 2020 contre 232 sur la même période en 2019. Fin 2018, l’ensemble de la filière aéronautique et spatiale employait 110.300 personnes en Occitanie. Mais la région subira de plein fouet les conséquences du net recul de la production pour l’année 2020. D’autant plus qu’entre la durée de la pandémie et la reprise incertaine du trafic aérien, l’avenir de la filière est en suspens.

Le tourisme, autre secteur pourvoyeur d’emploi pour la région Occitanie.

En 2019 il représentait 54,9 millions de nuitées ; soit une augmentation de 1,2% par rapport à l’année précédente. La fréquentation touristique était favorable à tous les types d’hébergement. Mais dès le début du printemps, période qui annonce habituellement le démarrage de l’activité touristique, la crise sanitaire a impacté lourdement la région. D’après une enquête réalisée par les professionnels du tourisme menée par le Comité régional du tourisme d’Occitanie, plus de 80% des professionnels de ce secteur ont dû fermer leurs portes.

Cette situation a impacté 9 restaurants sur 10, plus de 7 hôtels sur 10 et 8 structures de sports et de loisirs sur 10. Souvent fermés en hiver, les campings et les chambres d’hôtes ont dû retarder leur ouverture. Toutefois, le recours à la prise de congés, obligatoire pour certains, ne concerne que 8% des salariés du secteur touristique, ce qui reste relativement faible.

♦ Le nombre de créations d’entreprises a diminué de façon considérable pendant la crise sanitaire.

Pourtant, l’Occitanie enregistrait une hausse importante (+20%) depuis 2 ans ; une hausse liée en grande partie aux immatriculations de micro-entrepreneurs. La Région enregistre seulement 3.700 créations d’entreprises en mars 2020 et 1.600 en avril ; soit une baisse de 28% et 63% par rapport à la même période en 2019. 

Tous les secteurs sont touchés mais celui qui enregistre la plus forte variation reste celui des arts, des spectacles et des activités récréatives (-80%) ; à égalité avec celui de l’hébergement et de la restauration. Dans les activités immobilières, les créations chutent de 71% ; quand le secteur des industries manufacturières accuse un recul de 68%. Dans le commerce de détail, la baisse est de 53% en avril ; soit un nombre de créations divisé par 2 par rapport à avril 2019.

♦ Agriculture et construction, d’autres secteurs au ralenti

Amorcé en 2019, le recul de la construction de logements s’est confirmé cette année. La pandémie de coronavirus a bouleversé l’activité du secteur de la construction. Au 7 mai, la perte est estimée à -75% en France ; après une première chute de -89% fin mars. Les délais de livraison vont être allongés et les mesures barrière engendrent des coûts supplémentaires.

Le confinement affecte certains débouchés de l’activité agricole. La commercialisation des vins avec indication géographique protégée (IGP) et sans indication géographique (SIG) a été perturbée par le confinement. Les volumes commercialisés en Occitanie ont diminué de moitié par rapport à la même période en 2019. Avec l’ouverture progressive des frontières et la venue des travailleurs espagnols, la récolte des fruits, notamment des abricots et des pêches, devrait pouvoir se dérouler comme tous les ans. 

L’activité reprend progressivement dans la région depuis le mois de mai ; mais cela ne pourra pas effacer toutes les pertes enregistrées durant les deux mois précédents.

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