Phénomène inédit depuis 1979, l'Occitanie enregistre moins de naissances que de décès depuis 2 ans
Phénomène inédit depuis 1979, l'Occitanie enregistre moins de naissances que de décès depuis 2 ans

En Occitanie, le solde naturel se détériore depuis cinq ans ; et le nombre de décès dépasse même celui des naissances depuis 2017. La baisse de la fécondité s’ajoute à l’augmentation des décès. Cette situation s’était produite pour la dernière fois en 1979 ! Comment expliquer ce phénomène ?

♦ Au 1er janvier 2020, l’Occitanie comptait 5,9 million d’habitants

C’est 2 millions de plus en 45 ans ; soit une hausse de 0,8% par an en moyenne depuis 1975. Cette croissance régionale est plus importante qu’en France métropolitaine (+0,5%). Depuis 2015, le solde naturel se dégrade ; seulement +0,5% par an en moyenne depuis cinq ans.

Depuis 2017, le nombre de décès est supérieur au nombre de naissances ; ce qui accentue le déficit naturel. En 2014, le solde naturel apportait 8.600 habitants à la région ; cinq ans plus tard, il lui en fait perdre 2.000. Cette situation n’est pas spécifique à la région Occitanie puisque la Corse, la Nouvelle Aquitaine, la Bretagne et la Bourgogne-Franche-Comté suivent le même schéma. La Normandie est également dans ce cas de figure depuis 2018.

L’Occitanie avait connu un déficit naturel comparable à la fin des années 1970, et plus léger au milieu des années 1980. Le nombre de naissances avait ensuite dépassé celui des décès jusqu’aux années 2000 à 2014 ; années durant lesquelles l’accroissement naturel était à son plus haut niveau.

♦ En 2019, 57.700 bébés ont pointé le bout de leur nez en Occitanie

Soit 451 de moins que l’année précédente, une baisse de 0,8%. Ce déclin se poursuit pour la cinquième année consécutive. Pourtant, entre 2006 et 2015, la natalité était particulièrement élevée dans la région avec plus de 61.000 naissances par an. Cela s’explique par une stagnation du nombre de femmes en âge de procréer depuis le milieu des années 1990 ; mais aussi par un taux de fécondité en baisse : 1,72 enfant par femme dans la région contre 1,84 en France métropolitaine. 

En étant de plus en plus impliquées dans la société, les femmes ont tendance à privilégier leur carrière et à faire des enfants plus tardivement qu’avant. De ce fait, la fécondité des femmes de 15 à 24 ans est en nette baisse ; tandis que celle des femmes de 35 à 49 ans augmente. Cela s’explique aussi par la récession économique et l’avenir incertain dans une région durement frappée par le chômage et la précarité. Les couples reportent leur projet de grossesse à plus tard, dans l’espoir d’une conjoncture meilleure.

♦ En 2019, 59.700 personnes sont décédées dans la région

C’est le niveau le plus élevé au cours des 45 dernières années. Le nombre de décès croît chaque année depuis 2007 alors qu’il tournait autour de 50.000 depuis 1975. Cette augmentation est activement liée à l’arrivée à des âges avancés de la génération des baby-boomers. Au 1er janvier 2020, près d’un habitant sur quatre de la région a plus de 65 ans ; contre un sur six en 1975. Les personnes de plus de 85 ans représentent 4% de la population en 2020 ; contre 1,3% en 1975.

Le nombre de décès devrait continuer de progresser en Occitanie, tout comme dans les autres régions de France métropolitaine, jusqu’à la disparition des dernières générations des baby-boomers. D’autres raisons s’ajoutent à cela : le ralentissement des gains d’espérance de vie, la stabilisation des progrès de la médecine pour certaines pathologies, l’épisode de canicule de 2003, les épidémies de grippe chaque année, et bien sûr, la pandémie de Covid-19 en 2020.

♦ Tous les départements ne sont pas égaux face à ce phénomène

Si l’Occitanie est marquée par des mouvements de baisse de naissances et de hausse ds décès, tous les départements ne sont pas égaux. En 2019, le nombre de naissance dépasse encore celui des décès en Haute-Garonne, dans le Gard et l’Hérault. Cet excédent naturel s’explique par l’attractivité de ces départements qui permet de maintenir une population plus jeune. C’est surtout en Haute-Garonne que ce phénomène est le plus prononcé.   

Les départements ruraux, l’Aveyron, l’Ariège, le Gers, la Lozère, le Lot, ainsi que les Hautes-Pyrénées affichent un déficit naturel ininterrompu depuis 45 ans. Ils font partie des départements les plus âgés de province, et ont par conséquent, un faible taux de natalité. Les Pyrénées-Orientales et l’Aude se démarquent par une progression du nombre de naissances jusqu’au début des années 2010 ; mais elle ne compense pas celle des décès. Ces deux départements attirent à la fois des jeunes actifs en âge de fonder une famille ainsi que des retraités venant s’installer sur le littoral, et qui accentuent le vieillissement de la population. 

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